Voyages, voyages ...

Crise du Covid oblige, impossible de bouger à plus de 20 kilomètres de chez nous, ça n'empéche pas les balades, ça n'empêche pas d'admirer les arbres et la nature mais un peu d'exotisme vous attend à travers la sélection VOYAGES des libraires de l'ALIP

 

  • Contempler, errer, tracer, apparaître, hanter... En cinq chapitres et plus de 180 images, ce livre dessine une géographie sensible du Japon : on y parle de l'impermanence des choses (wabi sabi), de la beauté cachée du monde (yûgen), de la pénombre qui dissimule tout autant qu'elle dévoile ou encore du souvenir de contes anciens. Autant de thèmes chers à l'esthétique japonaise, ici révélés par les oeuvres des maîtres (Kitagawa Utamaro, Suzuki Harunobu...), ou encore celles d'artistes contemporains comme Takesada Matsutani ou Toko Shinoda.

    Dessins à l'encre de Chine, peintures sur rouleaux, estampes, lithographies, photographies se succèdent en une promenade visuelle propice à la rêverie. De courts textes explicatifs, des haïku, des extraits littéraires soigneusement choisis les accompagnent et éclairent les notions esthétiques, concepts philosophiques et oeuvres emblématiques. Un livre pensé comme un dictionnaire amoureux où chaque image, chaque texte est une rencontre au coeur de l'âme japonaise.

  • Pour les parfumeurs, les odeurs ont mille tendresses devant lesquelles ils sont à l'écoute. Autant de notes subtiles qu'ils prennent soin d'arranger, d'associer pour composer des récits olfactifs appelés parfums.
    Lavande, vétiver, jasmin, cannelle... Plongé dans ces odeurs familières comme dans un souvenir ou un paysage, Jean-Claude Ellena étudie la diversité et la composition des odeurs grâce à un voyage poétique, géographique et botanique. Liée à l'histoire de l'exploration du monde, des terres nouvelles et de leur population, cette cartographie des senteurs variée et étonnante est magnifiquement illustrée par Karin Doering-Froger.

  • Situé à trois quart d'heure de marche du village d'Akunnaaq, au Groenland, le Manguier, ancien remorqueur transformé en navire d'expéditions, se laisse prendre volontairement par la banquise. Dans la baie, une trentaine de maisons colorent le village parmi cette vaste étendue blanche où plusieurs hameaux ne sont plus que des lieux fantômes. Appareil photo visé au poignet, la photographe Férial a vécu un temps sur le navire, aimantée par la beauté polaire et la culture inuite.
    Elle y a découvert ce monde gelé, faussement inhabité par une faune discrète. Au-delà de l'esthétique de ses clichés, des réflexions poétiques et engagées sur ce territoire, elle en a ramené un véritable cri du coeur face au dérèglement climatique. "Nuna" , la terre des hommes, n'appartient pas aux hommes ? ; elle leur est seulement prêtée. Face à l'urgence de conserver toute cette beauté, le moment est donc venu de mettre en oeuvre notre propre passage à l'âge adulte et se souvenir que l'avenir se contruit aujourd'hui.

  • émerveillement

    Matthieu Ricard

    Un hommage, en texte et en images, à la beauté de la nature et de la vie sous toutes ses formes : ÉMERVEILLEZ-VOUS !

    « Se fondre dans l'immensité du ciel, se perdre dans le dédale d'une écorce, disparaître dans l'intimité d'une fleur comme Alice qui passe de l'autre côté du miroir et se retrouve au pays des merveilles. Savourer la fraîcheur de l'instant sans s'égarer dans les mille et un ailleurs de la distraction... » En somme s'émerveiller de tout, du rien, du simple, de la feuille, de la brindille, du rocher, de l'eau. Retrouver un regard d'enfant sur la nature, son infiniment grand et son infiniment petit. C'est vers cet émerveillement simple et instinctif, trop souvent enfoui sous les pavés de nos villes et de nos vies, que le moine bouddhiste et photographe Matthieu Ricard nous convie, en paroles et en images.

    « L'émerveillement nous élève en invitant dans notre paysage intérieur des états mentaux sereins, vastes et ouverts qui engendrent un sentiment d'adéquation avec le monde... » Il est une incitation au lâcher prise, à la pleine conscience, à savoir apprécier l'instant présent. Il nous emplit de la vaste et émouvante interdépendance des êtres et de la nature. Il nous encourage ainsi à nous transformer et à nous reconnecter, avec respect et bienveillance, à tout ce qui nous entoure.

    De l'Argentine au Canada, de l'Islande au Népal, le texte de Matthieu Ricard et ses 150 images en couleurs nous font redécouvrir les vertus de cet enthousiasme primitif et de « notre affinité innée à la Nature ».

  • L'édition anniversaire d'un best-seller plusieurs fois primé.

    Avec une boîte d'aquarelle, un vieil appareil photo et un carnet de notes, Claire et Reno Marca sont partis en avril 2000 pour un long et beau périple qui les conduit, pendant trois ans, sur quatre continents à travers 25 pays. Jour après jour, de l'Afrique au Pacifique, ils ont tout consigné - par la couleur et les mots - pour ne rien oublier. Ils restituent ici, avec précision et sincérité, les aléas de leur quotidien de nomades, leurs rencontres, leurs joies et leurs déceptions, et offrent un éclairage documenté sur les singularités culturelles de la situation politique des contrées traversées.

    Vingt ans après, leur périple reste actuel et intemporel. Vingt ans après, Claire et Reno Marca livrent dans cette édition actualisée leur regard sur les transformations qu'a connu depuis lors le monde du voyage, avec l'essor d'Internet et des communications. Ils partagent avec un enthousiasme intact de nouveaux dessins et contenus inédits de cette expérience hors norme.

    Riche de plus de 700 illustrations et de nombreuses cartes géographiques, avec un hors-texte totalement inédit, ce récit de voyage plusieurs fois récompensé se veut un passionnant atlas vécu, empreint de poésie et d'une profonde humanité.

  • Depuis le grenier où il collectionne livres et revues d'exploration et d'ethnologie, le jeune Paul-Émile Victor, membre des Éclaireurs de France, cultive deux rêves ambitieux et d'apparence antagonistes : se rendre un jour aux pôles et en Polynésie.
    Après avoir été élève officier sur un cuirassé, aspirant sur un porte-avion puis pilote d'avion, il met de côté les promesses d'aventure en reprenant les affaires familiales de fabrication de pipes de bruyère. Cet écart ne dure pas. Bientôt, il fait la connaissance de l'explorateur Jean-Baptiste Charcot et embarque avec lui sur le Pourquoi-pas ? en 1934. Sa découverte du Groenland le marque à jamais. Fasciné, il n'aura de cesse d'y retourner, traversant l'île en traîneaux à chiens, vivant parmi les Inuits en ami et en ethnologue, apprenant leur langue, esquissant ses premiers dessins de masques. À son retour, il se fait connaître en multipliant les conférences et les publications, notamment pour le musée de l'Homme.
    En 1947, juste après la guerre et en grande partie à l'aide d'anciens résistants, il fonde les Expéditions Polaires Françaises (EPF), qui inaugurent des missions scientifiques de grande envergure tant en Arctique qu'en Antarctique, où il installe les bases Dumont d'Urville et Charcot.
    Grand défenseur de l'environnement à la fin de sa vie, il termine ses jours, selon son rêve, en Polynésie.

  • Marcher à Kerguelen

    François Garde

    Pendant vingt-cinq jours, dans la pluie, le vent et le froid, en l'absence de tout sentier, François Garde et ses trois compagnons, dont les photographes Bertrand Lesort et Michaël Charavin, ont réalisé la traversée intégrale de Kerguelen à pied en autonomie totale. Une aventure unique, tant sont rares les expéditions menées sur cette île déserte du sud de l'océan Indien aux confins des quarantièmes rugissants, une des plus inaccessibles du globe. Cette marche au milieu de paysages sublimes et inviolés, à laquelle l'auteur avait longtemps rêvé, l'a confronté quotidiennement à ses propres limites. Mais le poids du sac, les difficultés du terrain et du climat, les contraintes de l'itinérance, l'impossibilité de faire demi-tour n'empêchent pas l'esprit de vagabonder. Au fil des étapes, dans les traversées de rivières, au long des plages de sable noir, lors des bivouacs ou au passage des cols, le pas du marcheur entre en résonance avec le silence et le mystère de cette île et interroge le sens même de cette aventure.

  • Le personnage qui habite le "monde simple et tranquille" de Laoshu flâne le long des chemins de campagne, s'endort sous un arbre, pêche à la ligne, rêve dans sa chambre et se livre à des activités banales d'un oeil subtilement railleur. Un "double littéraire" de l'auteur qui, s'il s'émerveille en promeneur solitaire devant la beauté de la nature, n'en est pas moins fin observateur de la société chinoise dont il ne se prive pas de moquer les excès.
    Il est ce flâneur désinvolte, ce rêveur malicieux qui prétend avec impertinence : " en cette vie, je n'obérai qu'aux fleurs". Il est aussi ce poète excentrique et nonchalant qui aime paresser longuement en caressant son chat et qui nous réconcilie avec nous-mêmes des quelques avanies et chagrins de l'existence".

  • En 1965, après un magistral exploit au Cervin, le plus grand alpiniste de son époque met fin à une carrière inouïe. À 35 ans, Walter Bonatti abandonne la verticalité extrême pour se « jeter dans le monde à 360 degrés ». Il devient alors photo-reporter pour l'hebdomadaire Epoca et sillonne la planète.
    De l'Alaska au cap Horn, de la Sibérie à l'Afrique méridionale, du Sud-Est asiatique à la Nouvelle-Zélande, et jusqu'à l'Antarctique, il explore les contrées alors les plus reculées et les plus sauvages et en rapporte des récits palpitants, des images rares.
    Pour ce premier grand reportage, paru en 1966, Bonatti s'engage sur les traces de son auteur favori, Jack London, dans le Grand Nord américain : il emprunte la route des chercheurs d'or dans le Klondike puis pagaye pendant près de 2 500 kilomètres sur le fleuve Yukon.
    « L'aventure est un engagement de l'être tout entier et sait aller chercher dans les profondeurs ce qui est resté de meilleur et d'humain en nous. » Ses articles parus dans Epoca sont traduits ici pour la première fois en français.

  • Les plus beaux treks de La Balaguère pour découvrir les Pyrénées franco-espagnoles.
    Après le succès rencontré par Les plus beaux treks des Alpes, nous avions à coeur de consacrer un beau livre aux plus beaux treks des Pyrénées. Et c'est avec La Balaguère que nous avons concocté cet ouvrage. Il ne pouvait en être autrement tant La Balaguère est l'agence de voyages d'aventure spécialiste des Pyrénées. De toutes les Pyrénées, du Pays basque à la Catalogne, et de Toulouse à Zaragoza ou Barcelone. En 23 itinéraires, de tous niveaux en circuits ou traversées, de quelques jours à une semaine (rarement plus), David Sérano-Grocq nous fait découvrir l'ensemble de la cordillère franco-espagnole. Le tout superbement illustré par les photographes et accompagnateurs en montagne de La Balaguère.

  • En 2008, la NASA lâche 90 canards en plastique dans un glacier au Groenland, pour étudier sa vitesse d'écoulement. Depuis, aucune nouvelle. Les coincoins ont disparu.
    Sébastien Laurier, auteur et comédien, a décidé de partir à leur recherche et d'enquêter sur place, une première fois en 2011, puis en 2018.
    Alors même que ses recherches le conduisent en des lieux improbables, son journal de bord révèle toutes les fractures de la société groenlandaise qui trouve difficilement sa place dans la colonisation économique s'immisçant toujours plus dans le pays.
    Entre les moments de doutes sur cette expédition utopique et le rêve de voir s'animer la vie en harmonie avec cet environnement hostile, ce récit d'un chemin sans fin nous fait découvrir la face immergée de ce territoire glacé.

  • Invités par le Centre franco-omanais, la dessinatrice Géraldine Garçon, le photographe Daniel Mielniczek et leurs deux enfants ont débarqué en famille à Oman pour cinq semaines d'une résidence artistique. Elle allait se révéler intense, fructueuse et stimulante. Principalement à Mascate, capitale du sultanat, mais aussi à Sur ou à Nizwa, ils ont saisi, chacun dans son domaine, des scènes du quotidien omanais : les petites mains du centre-ville, l'animation du souk, le lien privilégié avec la mer et l'identité bédouine bien vivace malgré une aspiration à la modernité que rien ne semble pouvoir arrêter. Par sa diverstié et son authenticité, ce pays de presque cinq millions d'habitants, situé sur les bords du golfe d'Oman et de la mer d'Arabie, a beaucoup d'atouts pour séduire.

  • Du massif de Paimpont au Menez Hom, du Mont-Dol aux Monts d'Arrée, Nicolas Legendre est parti à l'assaut des vieux sommets que les millénaires ont tassés. Road-trip bouillonnant et poétique, L'Himalaya breton est une plongée dans l'histoire et une immersion dans la Bretagne intérieure. Depuis ces montagnes qu'il gravit et sur lesquelles il bivouaque parfois, l'auteur dépeint un territoire façonné par l'être humain, transfiguré par la civilisation industrielle, mais où demeurent, çà et là, des trésors de nature "sauvage".
    Les aquarelles de Joëlle Bocel immortalisent la rudesse et la beauté de ces reliefs. La collection : Consacrée au Nouveau journalisme et à la littérature du réel, la collection "Les explorations bretonnes" rassemble des récits inédits d'auteurs partis à l'aventure dans la péninsule. Ces textes sensibles racontent la Bretagne, ses paysages et ses habitants, loin des images de carte postale.

  • Cinq dans tes yeux

    Hadrien Bels

    Marseille, ses vieux quartiers, ses nouveaux bobos. Un premier roman drôle et acide à la langue ultra-contemporaine.
    Son surnom, Stress, c'est Nordine qui le lui a donné. C'était les années 90, dans le quartier du Panier, à Marseille, au-dessus du Vieux-Port. Il y avait aussi Ichem, Kassim, Djamel et Ange. Tous venus d'ailleurs, d'Algérie, des Comores ou du Toulon des voyous.
    Sur la photo de classe, à l'époque, Stress était facilement repérable, avec sa peau rose. Et sa mère, Fred, issue d'une vieille famille aristocratique, était une figure du quartier. La caution culturelle.
    Mais aujourd'hui, les pauvres ont été expulsés du Panier, les bobos rénovent les taudis et les touristes adorent arpenter ses rues tortueuses. Ses anciens potes sont devenus chauffeur de bus, agent de sécurité, dealer ou pire. Un peu artiste, un peu loser, Stress rêve, lui, de tourner un film sur son quartier d'enfance, et de leur faire rejouer leurs propres rôles de jeunes paumés, à coups de scènes colorées et d'arrêts sur image. Les descentes à la plage ou dans les boîtes de nuit, les bagarres et les parties de foot. On retrouve dans cette fresque drôle et acide le Marseille d'hier et d'aujourd'hui, ses quartiers, ses communautés. Tout est roman et tout sonne vrai, dans ce livre à l'écriture ultra-contemporaine, mixée d'arabe.

  • Les ratés de l'aventure

    Titayna

    Titaÿna a 23 ans lorsqu'elle part seule, dans les années 1920, tenter l'aventure en Océanie. Elle y passe de longs mois et, engagée comme mousse sur une goélette, voyage d'île en île. La jeune journaliste part alors à la rencontre des populations locales, rapporte leurs histoires et leurs coutumes. Elle se baigne le soir dans la rivière avec les Tahitiennes qui lui parlent des tupapau (les revenants), échange avec une femme maorie, assiste aux danses couchées sur les plages de diamants noirs.
    Elle croise sur sa route de nombreux Européens qui, comme elle, ont voulu vivre l'aventure et ont échoué sur ces îles en apparence paradisiaques sans connaître la fortune espérée. Après l'aventure, c'est le temps de la désillusion. A rebours du récit de voyage, dans une langue acérée et poétique, Titaÿna décrit dix années plus tard l'envers de sa vie d'aventurière et livre un témoignage moderne et brut sur les colons partis dans les années 1920 dans des contrées fantasmées.

  • Adélie, terre et mer

    Laurent Ballesta

    • Kobalann
    • 10 Novembre 2020

    Vincent Munier a exploré la banquise et les colonies d'oiseaux, tandis que Laurent Ballesta s'est immergé sous la glace ; l'un a observé les manchots empereurs et les pétrels des neiges à l'air libre, tandis que l'autre a plongé avec les phoques de Weddell et découvert l'étonnante et méconnue biodiversité des profondeurs antarctiques...
    Tous deux ont rapporté de ce voyage des images uniques, où la blancheur éclatante de la banquise contraste avec le bleu profond des fonds marins.
    Résultat d'un exploit technique aussi bien qu'artistique, ce livre est également un très bel objet, réunissant deux recueils photographiques de grand format dans un nouvelle édition coffret.

  • On aime beaucoup, aujourd'hui, les prévisions et bien peu le hasard, on vit, voyage, part même à l'aventure avec des certitudes, alors la chance ne sait où se mettre, elle reste abandonnée là, sur le bas-côté.
    Pourtant, j'ai trouvé en elle une charmante compagne de route - elle, la chance, qui entraîne dans son sillage d'innombrables rencontres et questionnements en tous genres.
    Quant au « où » et au « comment », sachez que tout se déroule dans des camions et voitures, aux côtés de conducteurs qui m'ont prise en auto-stop au fil de leurs contrées sud-américaines, sur un itinéraire de précisément 9356 kilomètres.

  • Joseph Kabris est tatoué de la tête aux pieds. C'est ainsi qu'il gagne sa vie dans les lieux de spectacle et d'exhibition de la Restauration, montrant son corps et mettant en mots l'« étrange destinée » qu'il a eue. Né à Bordeaux vers 1780, embarqué sur un baleinier anglais, il a vécu sept ans sur une des îles Marquises, Nuku Hiva. Parmi les « sauvages », il est devenu l'un d'eux. Il a appris leur monde, leurs gestes, leur langue et oublié la sienne. C'est là qu'il a été tatoué. En 1804, une expédition russe est venue et l'a arraché à son île, à sa femme et à ses enfants. Sans cesser tout à fait d'être un « sauvage », il est devenu russe, a rencontré le Tsar, avant de regagner la France. Il a repris sa langue, il a appris à dire sa vie, à lui donner les traits d'une épopée. Il a fasciné les foules. Il est devenu le monde en personne. Il est mort à 42 ans, sans jamais revoir son île.

    Kabris a ainsi multiplié les recommencements, ne cessant de voir ses habitudes s'abolir et d'en reprendre d'autres. Il devient marin, chef de guerre, professeur de natation, homme de foire, recyclant les passés qu'il a incorporés, prenant appui sur les systèmes sociaux où il se trouve. Et, chaque fois, il tire parti de ce qu'il a déjà vécu pour négocier au mieux ce qu'on attend de lui.Dans cette enquête fascinante et troublante, il ne s'agit pas seulement de découvrir à hauteur d'homme une histoire de la mondialisation dont émergent nos sociétés contemporaines. Cheminer dans cette existence se faisant, l'explorer à la manière d'une « carrière » dans laquelle Kabris s'engage, bifurque, insiste, abandonne ou se convertit, comprendre en somme comment on devient Joseph Kabris, c'est aussi saisir la manière dont le monde historique traverse une vie et la rend possible.

  • On part en montagne pour éprouver la solitude, pour se sentir minuscule face à l'immensité de la nature. Nombreux sont les imprévus qui peuvent se présenter, d'une rencontre avec un cerf au franchissement d'une forêt déracinée par le vent. Sur un sentier escarpé des Dolomites, un homme chute dans le vide. Derrière lui, un autre homme donne l'alerte. Or, ce ne sont pas des inconnus. Compagnons du même groupe révolutionnaire quarante ans plus tôt, le premier avait livré le second et tous ses anciens camarades à la police. Rencontre improbable, impossible coïncidence surtout, pour le magistrat chargé de l'affaire, qui tente de faire avouer au suspect un meurtre prémédité. Dans un roman d'une grande tension, Erri De Luca reconstitue l'échange entre un jeune juge et un accusé, vieil homme « de la génération la plus poursuivie en justice de l'histoire d'Italie ». Mais l'interrogatoire se mue lentement en un dialogue et se dessine alors une riche réflexion sur l'engagement, la justice, l'amitié et la trahison.

  • Domiciliée à Berlin depuis vingt ans, Dominique de Rivaz est attirée par un lieu proche et lointain à la fois : la région de Kaliningrad, qui se trouve à 600 kilomètres de la capitale allemande. La photographe s'y rend à plusieurs reprises, apprivoisant le passé hanté par Königsberg, la capitale disparue de la Prusse-Orientale, et par la Deuxième Guerre mondiale. Elle découvre avec émerveillement une « petite Russie d'Europe » et en ramène des photographies inédites qui témoignent, à travers les saisons, des traces du passé allemand et de la vie d'aujourd'hui.
    Le regard du photographe biélorusse Dmitri Leltschuk est lui aussi curieux, vivant et bienveillant. Avec le journaliste Maik Brandenburg, il réalise un photoreportage qui fait la part belle aux habitants. Tous deux révèlent des facettes peu connues de Kaliningrad, tiraillée entre le passé et le présent, marquée par l'architecture gothique et la démesure soviétique.
    Un texte passionnant de Cédric Gras éclaire l'histoire et la géographie de cet « Extrême-Ouest », ce lieu pareil à nul autre qui constitue le point le plus occidental de l'empire russe.

  • « Qu'allais-tu faire là-bas ? Tes amis te le demandaient souvent : pourquoi encore cette ville ? Pourquoi tout ce temps ? Qu'y a-t-il à New York que tu ne connais pas déjà ? Parfois tu te le demandais aussi. Tu l'avais arpentée en long, en large et en travers, si bien que tu la connaissais mieux que ta ville natale. «Pour écrire» était la réponse qui coupait court à toute question. Mais il y avait quelque chose d'autre de trop difficile à expliquer. ».

    En 2003, Paolo Cognetti, âgé de 25 ans, se rend à New York pour réaliser une série de films documentaires sur la littérature américaine. Le jeune écrivain tombe sous le charme de la ville qui ne dort jamais et, pendant dix ans, il n'aura de cesse d'y retourner. Ces Carnets de New York sont le récit de ses multiples allers-retours dans la ville « des chasseurs de fortune, des souffleurs de bulles de savon et des rêves brisés ».

    Dans cette langue qui n'appartient qu'à lui - divin mélange de simplicité et de poésie -, il nous entraîne sur les pas de ses héros littéraires, Melville, Whitman, Ginsberg, Capote ou encore Paley, Salinger et Kerouac. Il déambule dans Brooklyn, « la ville des écrivains », erre entre les gratte-ciel de Manhattan, traîne sa solitude le long de l'Hudson ou de l'East River, fait une pause chez Ozzie's pour noircir les pages de son carnet. Comme toujours avec Paolo Cognetti, il n'est de voyage sans rencontres et nouvelles amitiés : à chaque retour à New York, le voilà qui retrouve ses amis italo-américains, Bob, son « oncle de Brooklyn » qui doit ses rudiments d'italien à lecture de Moravia et Jimmy, qui nourrit une passion pour Mussolini et n'a jamais mis les pieds en Italie.

    Illustré de neuf cartes dessinées par l'auteur, ces carnets sont une ode à New York, « ses ponts, ses îles, ses automnes, ses habitants mi-réels, mi-fantastiques ».

  • En 2011, Laetitia Kloz s'installe avec son mari et leurs deux enfants, pour trois ans, en Arabie Saoudite. La famille réside dans un camp d'expatriés situé dans la province Est. Commence alors pour la jeune femme une vie nouvelle, d'abord marquée par l'expérience du camp, sorte de cité hors-sol coupée de la société saoudienne. La découverte d'un lieu si étrange, et de la petite communauté qui s'y trouve rassemblée, pousse Laetitia à partir à la rencontre des Saoudiennes.
    Récit sensible qui révèle de l'intérieur la vie des femmes, Intime Arabie montre l'étonnante diversité des situations, des vies et des rêves de chacune, mais aussi les blocages engendrés par une société inégalitaire, qui s'est construite en empêchant hommes et femmes d'exister autrement que comme deux communautés séparées.

  • Un récit autobiographique et initiatique par l'auteur du Transperceneige !
    De Grenoble à la Bérarde en mobylette.
    Des rappels tirés sur la façade du Lycée Champollion.
    Avec l'exaltation pure qui tape aux tempes, quand on bivouaque suspendu sous le ciel criblé d'étoiles, où qu'à seize ans à peine on se lance dans des grandes voies. La Dibona, le pilier Frendo, le Coup de Sabre, la Pierre Alain à la Meije, la Rébuffat au Pavé : le Massif des Écrins tout entier offert comme une terre d'aventure, un royaume, un champ de bataille parfois.
    Car la montagne réclame aussi son dû et la mort rôde dans les couloirs glacés.

    Récit initiatique d'un gamin qui se rêvait guide et qui devient dessinateur, Ailefroide est tout à la fois une célébration de l'alpinisme, une déclaration d'amour à la haute montagne et une leçon de vie.

  • L'usage du monde

    ,

    • Zoe
    • 4 Novembre 1999

    L'usage du monde est le récit d'un voyage qui dura dix-sept mois, au début des années 1950 de yougoslavie à l'afghanistan.
    Depuis trente-cinq ans il ne cesse d'inspirer d'innombrables écrivains-voyageurs. la délicate préface d'alain dufour, l'ami éditeur, nous fait assister à la genèse et à la composition du chef-d'oeuvre de nicolas bouvier, alors qu'un choix de lettres et de reproductions illustre l'amitié de l'écrivain et du peintre vagabonds de par le monde. en l'honneur du 75e anniversaire de sa création, la librairie droz réédite à l'identique l'édition originale qu'elle a publiée en 1963, avec tous les dessins de thierry vernet.

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