Bruno Doucey

  • " La valise serrée contre ses jambes, il avait laissé ses pensées prendre le large pour apaiser l'angoisse que faisait monter en lui la présence des militaires. Pas un carnet dans la valise, pas un crayon qu'on lui aurait immédiatement confisqué. Non, mais des poèmes par centaines, dans la tête et dans le coeur, que rien ni personne ne parviendrait à lui enlever. Quelle chance, après tout, d'avoir choisi la poésie, et non la peinture ou le piano ! Dans les camps, dans les prisons où on les jette, le peintre privé de toiles et de pigments vit un enfer, le musicien sans piano se voit amputé de la meilleure part de lui-même, mais moi, poète sans stylo, ni papier, de quoi me prive-t-on que je ne puisse trouver en moi ? Les doigts coupés, la langue arrachée, je continuerais à sentir la vibration du poème.
    Elle est la corde tendue de mes nerfs. Ma résistance".

  • Toute sa vie, Lounès Matoub a, à travers ses chansons, combattu l'intégrisme. Poète de la langue des Kabyles, le tamazight, il a refusé très jeune l'arabisation de sa région. Enlevé par des islamistes, puis relâché, il devient célèbre au début des années 1990, avant de se faire assassiner en 1998 par ceux qui ne supportaient pas sa liberté de penser.

  • À Grenade, en 1936, le poète républicain Federico García Lorca est arrêté par les phalangistes de la garde nationale, puis fusillé. Poursuivi, sujet aux pires provocations, le poète reste terré chez des amis dans une puissante famille de Grenade jusqu'à son arrestation. Le récit de ses derniers jours dans l'Espagne déchirée est entrecoupé par celui d'un jeune phalangiste du camp nationaliste.

  • Le 11 septembre 1973, à Santiago du Chili, Augusto Pinochet prend le pouvoir et installe une dictature à la place du gouvernement démocratique du président Allende. Ce jour-là, Victor Jara, un jeune auteur-compositeur proche des socialistes, est arrêté et emprisonné avec des centaines d'autres personnes dans le stade de Santiago. Il y sera exécuté, non sans avoir eu les mains écrasées par un militaire. Mais son chant de protestation continuera à résonner longtemps dans le stade... La dictature a plusieurs visages : celui de Pinochet, qui finit par mourir à un âge avancé sans avoir répondu de ses crimes. Ou bien celui de la junte militaire birmane, qui séquestre le prix Nobel de la Paix Aung San Suu Kyi et élimine tous ses opposants. Ou tant d'autres encore à travers le monde.

  • Saint-Benoît-sur-Loire. Dans une chambre, un vieux poète juif attend qu'on vienne le chercher. Anticipant son arrestation, Max Jacob noircit les pages d'un petit carnet, racontant avec un humour féroce la folie qui s'est emparée du monde, son inquiétude pour sa soeur déjà déportée, ses angoisses, ses rêves et ses colères. Ce carnet ne le quitte pas en prison et l'accompagne jusqu'à ses dernières heures à Drancy. Il y consigne l'horreur mais aussi l'humanité des rencontres au camp. C'est en poète qu'il vit chaque instant et nous donne à voir un univers où la folie s'est emparée des hommes. Un univers où la poésie se transmet comme seule étincelle de vie contre la barbarie. Ce faux journal résonne avec une justesse bouleversante et nous tient en haleine de bout en bout.

  • Quels points communs entre les habitants d'un village de Grèce, un lit d'hôpital où se meurt un ami et la femme d'une cité dont le fils a choisi le Coran ? On ne les entend pas, on ne les voit pas. De la Crète à Créteil, de elle à il, le talent de Bruno Doucey est de savoir donner vie à ceux qui sont privés de parole. Sous sa plume, « les mots remontent du silence comme l'odeur de la terre sous une pluie d'été ». Avec une phrase épurée, à la pointe du vers le plus acéré, ses poèmes sont autant de chroniques d'une crise violente d'où émergent des noms et des visages : ceux d'un peuple qui ne veut pas vivre à genoux, d'un homme qui combat le crabe entouré des siens, d'une mère alliée à d'autres mères, dont l'archipel se nomme solidarité.
    Ceux qui se taisent est le livre-témoin d'une époque.

  • Poète, éditeur de poètes, Bruno Doucey se consacre pleinement à faire éclore les oeuvres des auteurs qu'il publie dans sa maison. Pour autant, il n'a jamais cessé de laisser sourdre en lui les poèmes.Mais il les a négligés, jetés au fond d'un tiroir, se refusant à en être l'éditeur. Parce que ces textes surgis au fil de ses voyages, de ses rencontres et de son engagement sont l'essence même de ce que sa maison d'édition incarne, il s'est enfin laissé convaincre de les offrir aux lecteurs. Ici le voyageur soulève à chaque pas le souffle poétique d'un ailleurs qui est le nôtre. Bruno Doucey porte en lui cette qualité rare : il est un sourcier des images. Leur jaillissement résonne en nous, pour rejoindre notre part la plus intime. L'essence même de l'émotion poétique.

  • Prélude à l'année internationale des déserts en 2006 proposée par l'Unesco, Le Livre des déserts est le premier ouvrage à étudier les espaces les plus arides de notre planète d'une manière pluridisciplinaire. Conçue sous la
    direction de Bruno Doucey, écrivain et directeur éditorial des Éditions Seghers, cette somme à caractère encyclopédique comblera l'attente de tous ceux qui se tournent vers les déserts, chauds ou froids, pour satisfaire leurs besoins d'évasion et découvrir la biodiversité d'un milieu fascinant. Près de mille
    deux cents pages permettront aux lecteurs d'approcher la question du désert dans toutes ses dimensions : géologique, botanique, géographique, animalière, humaine, historique, politique, épique, aventureuse, religieuse, artistique... De Hérodote à Théodore Monod, Le Livre des déserts, véritable anthologie pour une lecture nomade, comporte aussi deux cent cinquante pages empruntées à toutes les littératures.

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  • Cette anthologie comporte un texte inédit de tous les poètes invités au festival de Sète fin juillet. Les quatre Méditerranée qui nous sont familières y sont présentes - celles des pays latins, d'Afrique du Nord, des Balkans, d'Orient - ainsi qu'une cinquième, celle dont l'Histoire a "exporté" la culture dans le monde, en Océanie, outre-Atlantique ou en Afrique. Plus de cent poètes venus de tous les horizons constituent la mosaïque de ce livre voué à la polyphonie des voix et des cultures. Chacun d'eux est édité dans sa langue, à laquelle nous réservons la "belle page", et traduit en français. De quoi faire entendre la musique des mots, sans perdre de vue cet incessant tissage du dialogue entre les êtres, les cultures et les langues. Un livre qui ne connaît pas de frontières.

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  • La cité de sable

    Bruno Doucey

    • Rhubarbe
    • 25 Octobre 2007
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  • Je est un autre

    Bruno Doucey

    • Seghers
    • 21 Février 2008

    Composée de poèmes rédigés à la première personne, cette anthologie s'attache à montrer de quelle manière Je peut être un autre. Emprunté à Arthur Rimbaud, ce titre évoque la part d'inconnu, de mystère, d'altérité qui habite en chacun de nous.
    Cette thématique est déclinée tout au long des douze sections du livre. Celui-ci s'ouvre avec Andrée Chedid et Robert Sabatier sur l'interrogation « Qui suis-je ? », avant d'évoquer d'autres rapports à l'altérité : retrouver l'enfant qui sommeille en soi, changer au point de ne plus se reconnaître, se dédoubler dans la folie, désirer l'autre et l'aimer comme un alter ego, perdre ses racines... L'ouvrage se clôt sur deux chapitres porteurs d'espoir : tous les êtres humains sont égaux, ainsi que le suggèrent Aimé Césaire ou Robert Desnos ; l'enfant qu'une femme porte en elle est le visage de l'avenir.
    Glissé dans l'anthologie, un CD offert par les Éditions Seghers et les Éditions Sous la lime, vous fera découvrir parmi d'autres des textes d'Aragon, Eluard, Guillevic, Pierre et Colette Seghers...

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  • Si tu parles, Marianne

    Bruno Doucey

    • Elytis
    • 21 Août 2014

    Comme une longue lettre d'amour pour que la mémoire de Marianne Cohn ne s'éteigne jamais, Bruno Doucey s'adresse à elle et revient sur son histoire trop brève.

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  • Oratorio pour Federico Garcia Lorca... Ce long poème, initialement publié dans le recueil S'il existe un pays (Éditions Bruno Doucey, 2013), est dédié au poète espagnol mort en août 1936 sous la mitraille franquiste. Comme il le ferait dans un opéra en trois actes, le poète évoque successivement l'arrestation de Lorca, son exécution dans le barranco de Viznar, et la recherche des preuves qui paraissent aujourd'hui encore se dérober. Dans un entrelacs de mots et de notes, avec un sens inné du dialogue entre les arts, la poésie de Bruno Doucey se mêle à la musique du guitariste de flamenco Pedro Soler, pour ressusciter la figure inoubliable de Federico Garcia Lorca. Parce que le chant des hommes l'emporte sur la barbarie.

    Depuis qu'il a écrit ses premiers poèmes, Bruno Doucey est épris d'une ville espagnole, Grenade, et du chant de son poète assassiné par les nationalistes. Comme si le sang de Lorca coulait dans ses veines, le poète éditeur de poètes nous transmet sa passion brûlante d'émotion. Il l'a fait une première fois dans un roman, Federico Garcia Lorca, non au franquisme (Actes Sud Junior, 2010). Le voici aujourd'hui qui fait revivre le poète andalou avec le guitariste de flamenco Pedro Soler.

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  • Embrasures

    Bruno Doucey

    28 poèmes du fragile et puissant souffle de la vie, extraits du recueil Poèmes au secret Editions Le nouvel Athanor.
    Durant 40 minutes, en compagnie de Claude Aufaure, Céline Liger et du guitariste Jean-Marie Frédéric, Bruno Doucey vous entraîne dans son univers à la rencontre de l'aurore, des "sapins persistants qui jamais ne se signent", et des senteurs du mimosa.
    Tantôt au coeur des "vallées insoumises", "le long des chemins creux noyés sous la verdure", tantôt au fil "des petites et grandes rivières de la vie", c'est sans hésitation aucune que vous partagerez avec l'auteur les bonnes fortunes trop brèves, mais toujours renouvelées et la douce amertume des désirs assouvis. Vous ne serez donc pas surpris si le poète, lui-même porté par une irréfragable attirance, vous invite également à le suivre "au pays de Senghor", une main posée sur "l'épaule du temps".

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  • Agadez

    Bruno Doucey

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