Martine Storti

  • Alors que le féminisme est plus que jamais nécessaire, il est malmené de toutes parts. D'un côté, des pseudo-radicalités instruisent le procès d'un « féminisme blanc » qui irait d'Olympe de Gouges à aujourd'hui. De l'autre, une mouvance de droite et d'extrême droite instrumentalise le féminisme dans une perspective identitaire, nationaliste et raciste. Face à ces entreprises de brouillage et de régression, il est urgent de réaffirmer la valeur de l'émancipation et de plaider pour un féminisme universel, concret et pluriel. Ni décolonial ni occidental, le féminisme se construit sans cesse, dans les luttes et la solidarité des combats quotidiens.

  • 32 jours de mai

    Martine Storti

    Ce roman entrelace trois récits : celui, au jour le jour, des journées devenues historiques, de mai à juin 68, à travers le coup de foudre de Jeanne et de Louise ; celui de la rencontre entre Nietzsche et Lou Salomé, en Italie, un autre mois de mai dans un autre siècle ; celui des années ultérieures de Jeanne, à la fois années de déniaisement et du refus de l'acquiescement.
    L'éblouissement amoureux comme métaphore de l'éblouissement de Mai 68, l'enchantement d'une nouvelle naissance, d'un monde nouveau, la fête de Mai, non dans " l'interdit d'interdire " mais comme grève générale, désir et attente de la révolution, comme mise en oeuvre d'une autre manière de vivre.

  • Vient le moment où il faut dire assez. Assez des intimidations, des oppositions binaires, des affrontements dogmatiques. Autant d'impasses qui empêchent de penser le présent. Autant d'affaiblissements face aux assassins.
    Assez de juger islamophobe toute critique de l'islam ou de rendre complice du terrorisme quiconque ne met pas les musulmans dans le sac du fanatisme islamiste. Assez de voir dans les « issus de l'immigration » des menaces contre l'identité française ou de ne les regarder que comme des dominés et des victimes.
    Assez des concurrences identitaires, tandis que la peur de la différence (de religion, de culture) se conjugue avec la peur de l'indifférenciation (de sexe, de genre).
    Assez des confusions délibérément entretenues, qui transforment tout défenseur du libéralisme culturel en acteur de la financiarisation du monde. Ou qui font du féminisme tantôt l'autre nom du néocolonialisme, tantôt l'une des composantes de l'horreur sociétale, responsable de l'abandon du peuple et de la montée du Front national.
    Du pain et des roses, voilà ce que réclamaient des ouvrières de l'industrie textile au début du xxe siècle. Comparant le féminisme à du chocolat, voilà ce que certains, en ce début du xxie siècle, veulent interdire au nom d'une prétendue loyauté religieuse ou communautaire.
    L'auteure nous propose un autre programme : respirer le parfum des roses et goûter la saveur du chocolat, c'est-à-dire réhabiliter l'émancipation, restaurer le collectif, retrouver l'universel.

  • Parce qu'elle ne sait presque rien de son père, Matteo, un immigré italien arrivé en France dans les années 1930, la narratrice tente de réinventer son parcours, de son départ d'Italie, dont elle ignore les causes, à son arrivée en France, dont elle ignore les modalités exactes. Ce qu'elle sait en revanche, c'est que son père est mort dans les années 1970 et qu'il est demeuré toute sa vie ouvrier en banlieue parisienne, dans l'usine de sa soeur et de son beau frère. Pour s'aider dans cette investigation imaginaire, elle s'imprègne du destin des immigrés qu'elle rencontre de nos jours en Europe, à Calais, à Lampedusa ou aux îles Canaries. Ce texte chemine ainsi dans des temporalités différentes, entre passé (avant guerre, Seconde Guerre mondiale, années 1950) et présent, entre destins pluriels et destin singulier. Il dit l'exploitation, l'ingratitude et l'humiliation, mais aussi les trouées de soleil et de bonheur, le plaisir de la danse, les vacances en Bretagne... Ce faisant, l'auteur nous offre une belle méditation sur l'exil, l'identité, la mémoire et la transmission, sur le jeu social, le courage et la lâcheté, sur la conjugaison, enfin, de l'Histoire collective et de l'histoire singulière.

  • " Quelque chose s'est produit qui a fait que le Kosovo est entré dans ma vie dans le courant du mois d'avril 1999, quelque chose d'assez fort qui me fasse sortir de mon trou, qui rende impossible que je continue, jour après jour, à regarder les images à la télévision sans rien faire ". Martine Storti décide alors de partir au Kosovo afin d'organiser la scolarisation des enfants. Elle est persuadée que pour les enfants et les adolescents, retourner le plus vite possible à l'école ou au lycée, c'est retrouver, au sortir de la guerre, de l'exil, de la souffrance et de la violence, quelque qui ressemble à la paix. C'est le journal de bord qu'elle a tenu pendant deux ans qu'elle livre ici. Il raconte un Kosovo quotidien. Un témoignage passionnant quand l'école devient urgence humanitaire.

  • Ce recueil d'articles publiés dans «Libération» et organisé thématiquement permet de suivre l'évolution des idées, des revendications féministes, ainsi que leur diffusion progressive dans la société française. Il évoque les luttes et grèves, les combats pour la liberté de l'avortement mais aussi contre le viol et les violences faites aux femmes ou encore les actions du MLF.

  • Quels sont les effets, pour les femmes et le féminisme, des changements du monde, 40 ans après l'explosion des mouvements de libération des années 1970 ? Que veulent dire à l'heure de la mondialisation, "égalité des sexes" et "liberté des femmes" ? Tandis que se dessine une nouvelle visibilité des féminismes, cet ouvrage répond à la nécessité des temps présents : considérer l'émancipation des femmes comme un enjeu principal, un enjeu de civilisation, bref la placer au rang du politique.

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