Robert Desnos

  • Fortunes

    Robert Desnos

    Postface "Fortunes, qui rassemble les poèmes d'une période de dix ans (les plus récents sont vieux de cinq), me donne l'impression d'enterrer ma vie de poète. Mais, en revanche, à la faveur de l'éloignement, je puis porter sur ces vers un libre jugement. Je ne méconnais point ce qui a vieilli dans les deux premiers poèmes. J'y délimite les déserts qui séparent des passages d'une inspiration plus ardente. Mais, si une image a jamais excusé un défaut, je les comparerai à ces espaces vides où le vent se repose, où les oiseaux grands voiliers suspendent leur course. Une certaine impudeur me gêne encore dans ces textes dont l'architecture tend au grandiose mais se dégage mal d'un brouillard verbal. Une de mes ambitions, en effet, est moins de faire maintenant de la poésie, rien n'est moins rare, que des poèmes dont mes camarades et moi, vers 1920, nous niions la réalité, admettant alors que, de la naissance à la mort, un grand poème s'élaborait dans le subconscient du poète qui ne pouvait en révéler que des fragments arbitraires. Je pense aujourd'hui que l'art (ou si l'on veut la magie), qui permet de coordonner l'inspiration, le langage et l'imagination, offre à l'écrivain un plan supérieur d'activité. Ai-je réussi ? [...] Que ferai-je à l'avenir ? Si tous les projets ne se mesuraient à la longueur de la vie, je voudrais reprendre des études mathématiques et physiques délaissées depuis un quart de siècle, rapprendre cette belle langue. J'aurais alors l'ambition de faire de la "Poétique" un chapitre des mathématiques. Projet démesuré certes, mais dont la réussite ne porterait préjudice ni à l'inspiration, ni à l'intuition, ni à la sensualité. La Poésie n'est-elle pas aussi science des nombres ?" Robert Desnos.

  • Quand il écrit les poèmes de Contrée, en 1942-1943, Robert Desnos tente 'd'arriver à une "poétique fine" comme les mathématiciens sont arrivés à des "calculs fins" indispensables en relativité ou en mécanique ondulatoire'. Le modèle mathématique le retient d'ailleurs par son exigence du détail exact. En somme, le poème dans sa clôture peut devenir une mécanique de précision dont les pièces sont ajustées minutieusement pour assurer le fonctionnement de l'ensemble. Le flux verbal que tentait de saisir dans sa continuité l'écriture automatique a fait place à l'assemblage de groupes de vers en attente de trouver leur juste contexte. La forme poétique - sonnet, ballade, ode - est l'horizon d'attente où des fragments surgis indépendamment viennent s'assembler - et révéler leur intime proximité.
    Quant à Calixto, achevé en septembre 1943, il partage avec Contrée le recours aux formes closes du sonnet et, avec Le Bain avec Andromède, la volonté de donner au recueil une structure d'ensemble qui fasse sens. Toutefois la mise en oeuvre d'une architecture allégorique est appuyée dans Le Bain avec Andromède : Calixto procède de façon plus nuancée, renonçant à toute coupure entre ses différents moments pour privilégier le flux général sur l'autonomie des parties qui ne sont annoncées par aucun titre. D'où, à la lecture du recueil, le sentiment d'un tressage des textes plus que d'une succession nettement ponctuée.
    Mais qu'évoque en fait ce titre de Calixto? Vocable reflet, né du baiser de multiples sources, synonyme de liberté, d'amour et de poésie, image de tout lecteur qui vient s'y mirer, image de Desnos lui-même. 'Nymphe prétexte', elle rassemble en son cri la clameur de tous : 'Tu, vous, les autres, nous, clames, clamez, clamons...' ; elle est 'l'étoile de la terre', accordée au 'couple parfait' des 'enfants de la terre'. 'Passante' en perpétuelle métamorphose, elle traverse le poème sans jamais s'y fixer, car, comme le dit très exactement Desnos : 'Ton être se dissout dans sa propre légende'.

  • On ne saurait imaginer de meilleurs exemples pour illustrer l'esthétique surréaliste que les deux textes ici réunis. Deux récits au fil sans cesse interrompu, accordant une large part à l'écriture automatique.

  • Nouvelles Hébrides, texte qualifié de "roman" par son auteur, fut rédigé en quelques séances d'"écriture automatique" en avril-mai 1922. Texte explosif marquant l'entrée en force de Robert Desnos dans le groupe de Littérature, déjà "surréaliste" sans encore avoir l'estampille officielle du Manifeste de 1924. Se réclamant de l'exemple des Champs magnétiques de Breton et Soupault, Nouvelles Hébrides s'en démarque fortement par l'inspiration et le ton. Le "roman" accumule sans la moindre retenue des scènes érotiques et des aventures scabreuses, un rythme haletant, une libre allégresse emportent ces pages. Dada-Surréalisme 1927 relève d'une toute autre écriture. Ce dossier, élaboré au fil de l'année 1927, répond à une commande de Jacques Doucet, qui cherchait à rester informé de l'histoire du mouvement surréaliste, au moment où Breton et Aragon lui signifiaient abruptement leur rupture à son égard. Publiés pour la première fois en 1978, ces textes sont dans le présent volume précédés d'une préface inédite et suivis de notices augmentées.

  • "Le présent livre essaie, sans que l'auteur croie y être clairement parvenu, de prouver que la question sociale est responsable de la diffusion chaque jour plus grande des drogues, que les intoxiqués méritent d'être rendus à la vie réelle, que les lois de répression actuelles sont absurdes, injustes, néfastes et qu'il importe, avec la collaboration du corps médical, de réformer un code barbare. [...] Dans vingt ans la drogue se sera répandue dans tous les milieux, peut-être même dans les campagnes, et il sera trop tard pour remporter la victoire sur elle."
    Robert Desnos.

  • Jack l'éventreur

    Robert Desnos

    À l'origine de ce texte, un fait divers qui a eu lieu à Saint-Denis en 1928 : Une femme est retrouvée coupée en morceaux au bois de Marly. Robert Desnos s'inspire donc de cette macabre découverte et publie en 1928 une série d'articles dans Paris Matinal autour du célèbre Jack l'éventreur.
    Dans ce texte, on retrouve la capacité de Desnos à flairer les effluves les plus subtiles de l'air du temps et à les rendre sensibles, sans code préétabli, à tout un chacun.


  • Les célèbres Chantefables de Robert Desnos dans leur version originale.

    Les célèbres Chantefables de Robert Desnos dans leur version originale.

    Soixante-dix ans après la mort de Robert Desnos le 8 juin 1945, au camp de Terezin pour faits de Résistance, ce fac-similé de l'édition originale des Chantefables propose une redécouverte de ces trente petits trésors de fantaisie que les enfants continuent à dire et à chanter " sur n'importe quel air ". On y retrouve bien sûr, la célèbre Fourmi de dix-huit mètres mais aussi Le Pélican ou Le Papillon.

  • Domaine public

    Robert Desnos

    "Ce recueil comprend intégralement Corps et Biens et Fortunes, les deux plus importants volumes de poésie que Desnos ait publiés lui-même de son vivant. Nous y avons ajouté un choix fait dans ses autres livres, afin que le lecteur puisse connaître les divers aspects de son oeuvre et en suivre le cheminement. On lira aussi quelques textes inédits, retrouvés grâce à Youki Desnos dans les manuscrits du poète. Des inédits, il en existe encore beaucoup. Le présent recueil, s'il contient l'essentiel de l'oeuvre poétique de Robert Desnos, ne prétend donc pas réunir ses oeuvres complètes." René Bertelé.

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