Honore Champion

  • L'histoire sans les femmes n'est plus possible, l'affaire est entendue. Mais les religieuses ont longtemps disparu dans les silences de l'histoire. Cet ouvrage collectif entend poursuivre l'effort historiographique qui tend au croisement de l'histoire des femmes et de l'histoire religieuse. Il s'inscrit dans le renouveau des recherches, en particulier dans l'espace anglo-saxon, dont bénéficient aujourd'hui les congrégations.

    Vingt-cinq textes abordent ici l'histoire des Filles de la Charité, les fameuses soeurs à « cornettes » qui appartiennent encore à l'imaginaire occidental. Après quatre siècles, les Soeurs de Saint- Vincent-de-Paul demeurent à l'échelle du monde la plus importante des congrégations catholiques (20000 soeurs). Leur histoire n'avait pourtant jamais été écrite. Elle est désormais possible grâce à l'ouverture des archives de la maison mère à Paris, croisées avec des fonds publics et privés tant en France qu'à l'étranger. L'ouvrage aborde le temps long et les ruptures d'une congrégation, déploie les échelles du local à l'international comme il s'interroge sur les conditions politiques et culturelles du « service des pauvres ».

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  • Louis Tronson (1622-1700), élu en 1676 troisième supérieur de la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice, est connu principalement, dans l'histoire de la spiritualité, comme éditeur du Traité des saints ordres attribué à Jean-Jacques Olier (1676), auteur des Examens particuliers (1690), et hôte des entretiens d'Issy sur le quiétisme (1694-1695).

    L'objet de ce travail est de mieux mettre en perspective la place de cet homme dans l'histoire de la théologie catholique. Tronson joue en effet un rôle déterminant dans l'explicitation théologique de la vocation sacerdotale. Réfléchissant, à la lumière de son expérience de formateur de futurs prêtres, sur les « marques de vocation », il élabore de véritables grilles de discernement, au demeurant assez souples. Parmi ces critères, une place particulière revient à l'« inclination » ou « attrait ». Résonance subjective et intime de l'appel divin, l'attrait n'est cependant pas subjectiviste : il suppose au contraire un objet qui attire, c'est-à-dire le sacerdoce, envisagé comme « état » et « fonctions », deux mots très utilisés par Tronson qui, bien loin de s'opposer, se complètent. Ainsi cet auteur peut-il proposer une vision du sacerdoce qui soit à la fois sacramentelle et sociale, spécifiquement christologique et enracinée dans la société de son temps.

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  • De novembre 1804 à mai 1805, Pie VII effectue le plus long voyage d'un pape en France. Venu pour sacrer Napoléon, il rencontre des foules immenses et donne d'innombrables audiences. Sa présence, qui contribue à la « romanisation » de la piété, est utilisée par l'Empire qui célèbre le « rétablissement » du catholicisme. Le pape tente d'obtenir une amélioration de la situation de l'É glise de France et de recouvrer les légations, administrant à distance les États pontificaux. Ce séjour dont le souvenir est conservé par des écrits, tableaux, gravures et médaille, occasionne une transformation de l'image du pontife romain dans l'opinionpublique où Pie VII laisse l'image d'un bon père, d'un prêtre pieux.

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  • La figure de la Sagesse divine apparaît dans le livre biblique des Proverbes avec une consistance, voire une personnalité très affirmée. Elle ne cessera de dérouter les commentateurs, qui la tireront du côté du Christ dans la tradition chrétienne et de la Tôrah dans la tradition juive - c'est-à-dire vers des entités bien identifiées. Mais cela n'empêchera pas la Sophie de resurgir dans des courants dissidents ou marginaux, de la gnose à la kabbale, de la sophiologie à la théosophie. En outre, cette figure décidément inclassable connaît des équivalents dans d'autres traditions religieuses. N'aurait-elle pas son mot à dire dans les débats théologiques d'aujourd'hui : sur la question du féminin divin, dans la théologie de la création ou dans le dialogue interreligieux ?

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  • Au sortir du Grand Schisme, le diocèse de Clermont s'engouffre pour deux siècles et demi dans une puissante spirale réformatrice. À rebours du cliché d'une Église tirant d'elle seule la capacité de se régénérer, ce livre offre une histoire externaliste des forces à l'oeuvre dans les processus réformateurs des ordres religieux, interrogeant la marge de manoeuvre dont disposent les réguliers dans ces affaires qui mobilisent très largement hors de leurs rangs. Les réformes de la Renaissance sont l'oeuvre des puissants, dont le désengagement graduel au premier XVIe siècle laisse le champ libre aux projets pastoraux de l'évêque pré-tridentin Guillaume Duprat. Les guerres de Religion brisent cette dynamique, mais impulsent en retour l'intense renouveau régulier du « siècle des saints ». Si la monarchie se veut plus dévote que jamais, la primauté croissante des missions pastorales de l'épiscopat sonne le glas de l'action concertée d'autrefois. L'initiative revient désormais tout autant aux élites laïques et aux municipalités, avant que le triomphe des théories mercantilistes et de nouvelles conceptions de l'utilité ne détourne le Monde de la reformatio régulière, à l'automne du XVIIe siècle.

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  • Comment définir la politique du Saint-Siège face à la «Question de Palestine », durant la période qui va de la Déclaration Balfour (1917) à la création de l'État d'Israël (1948) ? Au moment précis où les Britanniques s'apprêtent à recevoir de la Société des Nations un mandat plaçant la Palestine sous leur tutelle, la « renaissance » d'Israël pose à l'Église catholique un double problème. Au plan politique, les pressions des diplomaties arabes et de la Congrégation pour l'Église orientale empêchent toute ouverture vers la création d'un État hébreu, le Vatican redoutant que les chrétiens arabes n'en paient le prix. Au plan théologique, le retour du peuple juif sur la Terre de la Promesse pose à l'Église une question inédite. Cette restauration temporelle ne démontre-t-elle pas en effet que l'Alliance entre Dieu et le peuple d'Israël reste valide? Et si Israël demeure le peuple élu, quelle est la raison d'être de l'Église ? Si le christianisme est par essence universel, il n'est pas pour autant dissocié de l'Histoire, et notamment de celle du peuple d'Israël « dont le Christ est issu selon la chair » (Rm 9, 3-5). Il s'agit donc de comprendre le particulier enchevêtrement du temporel et du spirituel dans cette région tourmentée du monde qu'est le Proche-Orient.

    Agathe Mayeres-Rebernik est docteur en Histoire de l'Université de Paris IV-Sorbonne et chargée de cours au Centre Martin Buber de l'Université Libre de Bruxelles.

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  • Sous la Monarchie de Juillet, une partie de l'élite catholique se mobilise pour obtenir la liberté d'enseignement secondaire. Cette campagne, sous la direction du comte de Montalembert, aboutit à la loi Falloux en 1850, sous la Seconde République. Le présent ouvrage retrace les étapes de ce combat et se situe au croisement de plusieurs domaines, inextricablement liés. Le domaine de l'histoire scolaire d'abord, puisque les polémiques permettent de revisiter les conceptions à l'oeuvre en matière d'enseignement, tout spécialement, et bien avant l'invention de la laïcité, dans leurs tensions avec les traditions religieuses. Le domaine politique ensuite, puisque cette première « question scolaire » met en jeu le « gouvernement des esprits » en recherche d'un nouveau magistère à même de consolider l'édifice social. Le domaine religieux enfin, car cette lutte a mobilisé clergé et laïcs au nom de l'existence d'une opinion catholique : trop communément attachée à l'histoire du catholicisme libéral, cette lutte révèle surtout les ambiguïtés et les divergences, la pluralité des catholiques face à la société post-révolutionnaire. En ces différents champs, la campagne pour la liberté d'enseignement a été un laboratoire où se firent jour les grandes fractures qui devaient ensuite caractériser la société française contemporaine dans ses liens avec le catholicisme : là, se dressèrent l'une contre l'autre des chaires ennemies.

    Sylvain Milbach est maître de conférences habilité à diriger des recherches à l'Université de Savoie.

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  • Entre 1860 et 1870, plus de 10 000 volontaires catholiques ont défendu par les armes le pouvoir temporel du Pape Pie IX. Venus d'une trentaine de pays, tous ont répondu à l'appel du Souverain Pontife, menacé dans son intégrité par les troupes du roi de Sardaigne Victor-Emmanuel II de Savoie, désireux de réaliser l'unité italienne. Parmi eux, 3 000 Français se sont engagés pour six mois ou pour dix ans. Près de 150 sont officiers, aumôniers ou médecins.

    Ce sont eux, ces cadres du régiment, que cet ouvrage se propose d'étudier. Qui sont-ils ? D'où viennent-ils ? Qu'ont-ils fait pendant leurs années au service du Pape et quelles ont pu être leurs motivations ?

    Organisé en trois parties distinctes, l'ouvrage présente une étude richement documentée et novatrice sur les Zouaves pontificaux. L'auteur a reconstitué le parcours de ces derniers défenseurs des États Pontificaux, non seulement en amont, depuis leur enfance et à travers leurs origines familiales, sociales et géographiques, mais aussi en abordant ce qu'ils sont devenus après la fin de l'existence officielle du régiment. Leur histoire, leurs engagements, ainsi que ceux de leurs descendants, ne s'arrêtent en effet pas ainsi mais courent sur toute une vie, s'écrivant entre le XIXe et le XXe siècle : ce qu'ils ont été, ce qu'ils ont fait, ce qu'ils sont devenus et le souvenir qu'ils ont laissé s'inscrit dans un itinéraire personnel beaucoup plus large sur lequel ce livre apporte un éclairage inédit, permettant de dégager le sens qu'ils ont voulu donner à leur vie.

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  • Fondée en 1912 par Marc Sangnier, la Ligue de la Jeune République se propose de concilier adhésion à la République et attachement aux principes chrétiens. Après la Grande Guerre, elle soutient le combat pour la paix menée par Sangnier. Sur le plan électoral en revanche ses résultats sont modestes ce qui conduit Marc Sangnier à s'en détacher en 1932. La Jeune République continue néanmoins son activité et se transforme en parti en 1936. Elle adhère alors au Front populaire et obtient cinq députés en 1936, se situant donc délibérément à gauche de la démocratie chrétienne. Ses quatre députés présents à Vichy le 10 juillet 1940 refusent de voter les pleins pouvoirs à Pétain, tandis qu'un grand nombre de jeunes républicains entrent ensuite dans la résistance. À la Libération, la JR conserve son autonomie, malgré les appels du MRP à le rejoindre. Ce petit parti suit une ligne originale, défendant un programme social avancé et attire alors de nombreux déçus du MRP, dont l'abbé Pierre. Si la majorité de la JR rejoint finalement le PSU, une petite minorité maintient le parti qui développe un « socialisme personnaliste » avant de se mettre en sommeil en 1985. Vingt documents et 205 notices biographiques complètent l'histoire de la JR.

    Sous la direction de Jacques-Olivier Boudon.

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  • Issu d'une journée d'études organisée par l'Institut de recherche pour l'étude des religions à la Maison de la recherche de l'université Paris-Sorbonne en avril 2011, ce volume regroupe dix interventions, étudiant, sur une période de cinq siècles, les rapports entre musique et religion, touchant plus spécifiquement les confessions chrétiennes.

    La musique religieuse a pour but premier la louange divine, mais elle prend des formes variées, présente dans la liturgie catholique ou protestante - plain-chant, essor du chant des psaumes en langue vernaculaire après la Réforme (Goudimel, Janequin...) - mais également dans les concerts spirituels aux XVIIe et XVIIIe siècles, destinés à assurer par là une forme de prédication à destination des fidèles.

    Si la religion tient une très large part dans l'oeuvre des compositeurs du XIXe siècle, ce siècle est également celui d'un foisonnement d'initiatives, en France mais aussi en Belgique, destinées à retrouver la pureté originelle du chant liturgique et séparer l'Église de l'Opéra, en particulier sous l'impulsion du bénédictin Prosper Guéranger, ainsi que, notamment, Joseph d'Ortigue, Charles Bordes ou Déodat de Séverac. Ce mouvement mène à un renouveau de la musique liturgique au XXe siècle, du motu proprio du pape Pie X, Tra le sollicitudine (1903) à la constitution conciliaire Sacrosanctum concilium (1963), conduisant dans le même temps à la redécouverte d'un vaste patrimoine musical religieux populaire.

    Ont participé à ce volume : Yves Bruley, Céline Drèze, Martin Dumont, Marie Goupil-Lucas-Fontaine, Pierre Guillot, Sophie-Honorine Hanc, Enrique Pilco Paz, Michel Steinmetz, Jean-Jacques Velly, Edith Weber.

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  • Études réunies par Martin Dumont.

    Issu d'un séminaire annuel organisé par l'Institut de recherche pour l'étude des religions (Université Paris-Sorbonne), ce volume réunit onze interventions autour de la question du millénarisme dans les religions à travers les siècles.

    Une des formes les plus importantes des mouvements eschatologiques, le millénarisme (ou chiliasme) est un thème récurrent dans un grand nombre de traditions religieuses ainsi que dans des cultures inspirées par des utopies socio-économiques (saint-simonisme de Pierre Leroux, communisme russe...). En fait, il y a une étroite relation entre millénarisme et eschatologie, le temps des hommes étant appelé à prendre fin un jour, suscitant au fil des siècles la naissance de différents millénarismes. Un lien peut également être établi entre la prise de conscience eschatologique de la fin des temps, et la croyance millénariste dans le retour d'un royaume de paix et de prospérité à l'intérieur même du cours de l'histoire, tout millénarisme concrétisant une attente eschatologique et se trouvant ainsi porteur d'espérances profanes ou religieuses.

    Ont participé à ce volume : Monique Alexandre, Philippe Bobichon, Dominique Bourel, Pascal Bouvier, Dominique Briquel, Denis Crouzet, Pierre Lory, Pierre Maraval, †Michel Meslin, Hilaire Multon, Cyril Pasquier.

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  • Figure dissimulant le secret du vivant, le corps suscite à la Renaissance, où l'anatomie est en plein renouveau, un intérêt sans égal. Tommaso Campanella (1568-1639) partage ce regard anatomique et l'applique au corps du Christ. En quoi la connaissance du fonctionnement du corps de l'Homme-Dieu peut-elle faire progresser l'expertise médicale et philosophique sur l'homme en général ?

    Le Christ se présente pour le philosophe calabrais comme l'exemple du perfectionnement de toute corporéité humaine. Ainsi, sa nouvelle Christologie est-elle inséparable d'une remise en cause de sa physiologie et de sa gnoséologie, s'insérant dans son projet de restauration du savoir, à la lumière de sa métaphysique des primalités.

    Médecin et théologien, Campanella marche dans les pas de Ficin et de Telesio, naturalisant la plupart des dogmes qu'il entreprend de traiter. Il puise aux sources les plus variées, des Évangiles apocryphes aux Pères de l'Église, jusqu'aux illustrations les plus récentes des anatomistes. Les enjeux de ce syncrétisme audacieux se multiplient, car il n'y a pas de division dans le savoir : la science et la foi sont pour lui les deux volets d'un unique hymne à Dieu.

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