L'idee Bleue

  • Je t'attends je veux dire/j'attends ta naissance/j'attends que cette venue règle/mes comptes avec l'attente/je fourbis des objets qui seront tiens/je taille dans la lumière/je plis les galets d'une rivière détournée/à ton intention.


  • pour lecteurs à partir de 5 ans et jusqu'à plus que centenaires.


  • Voici un essai, un essai de voix.
    Surgies avec effort de mémoire par l'entreprise de les hausser, de leur faire quitter le temps ipso facto, et de les retenir dans la syntaxe, où ça se rencontre, ça se frotte, ça se percute, ça se bouscule, ça se raconte, amicales, littéraires ou familiales et sciemment rien d'autre, ces voix souvent se confondent. l's du pluriel s'efface ou se dissimule-t-il dans l'x ? et le grand nombre (s), dans l'anonymat (x) ? le mot " voix " fut en langue latine : au pluriel, " propos ", et en poésie, " langue ".
    Les yeux seront-ils rectifiés par les oreilles, si la syntaxe a de la voix dans le vers. je suis nombreux ; elles sont anonymes ; et infiniment qui. j. -p. d.

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  • Pas revoir

    Valérie Rouzeau

    Ne plus tenir debout quelquefois tu disais.

    Depuis quoi j'ai rêvé que je te relevais que je te relevais et que tu retombais.
    Dans la pièce la plus froide tu te serais cassé.
    Quand bien même je t'aurais mis debout et tenu aux épaules et parlé à l'oreille apporté des lilas ça n'aurait pas marché.
    D'ailleurs je t'ai pleuré dessus ça ne t'a pas remué ni quand j'ai pris ta main dans mes mains bonnes à rien ni rien.
    Tu te serais cassé.
    Trêve d'éternité.

  • Parfois

    Jean-Claude Touzeil


    parfois / les poètes n'ont même pas, / le monopole de la poésie / parfois / on se décide à publier / les inédits de zidane.
    / parfois / le poète pète les plombs.

  • Tu t'en vas

    Magali Thuillier

    Une étrangère s'est glissée dans ton corps.
    Elle prend ta voix. Elle vit chez toi. Elle me vouvoie. Je ne lui réponds pas. J'attends que tu reviennes. Reviens.

  • De toutes les manifestations du folklore enfantin, je tiens la devinette pour le genre le plus essentiel.
    D'abord parce qu'il trahit dans l'enfant l'adulte qu'il sera. ensuite pour la raison qu'après tout, ces "enfantillages" restent pour une bonne part une production des grands à destination des petits à qui, quelque soit la culture, ils cherchent malignement à transmettre les valeurs qu'ils ont les plus chères au coeur.
    Rythmique, poétique, ludique et même polémique comme le sont les chansonnettes, les formulettes, les comptines ou autres virelangues, la devinette contient aussi en germe les genres narratifs.
    Elle ne déploie pas des segments complexes comme dans le conte, le roman, la légende ou le mythe. mais elle est l'événement même, l'événement pur. c'est ce que les textes de fampou nous mettent en relief avec bonheur. charles bado.


  • planer dans les couleurs/remuer comme les branches/habiter le vent/vivre dans l'air du temps/avoir des ailes sous les paupières/et dans la mémoire.



  • hou ! hou !/la hulotte/n'a pas de culotte !/pas
    étonnant/surtout la nuit/les oiseaux sont/à poil !.


  • La poésie d'aline karnauch est d'un alliage subtil, intime et vaste à la fois, tout en raffinement et précision de la touche.
    Dans côté mat une femme quitte un monde pour entrer dans un autre, attentive aux moindres événements de ce désir naissant. chaque poème progresse en un mouvement intérieur où l'audace des images semble ouvrir pli à pli les ressources de la langue, entremêlant l'intelligence du moment et la délicatesse des sensations qui trouvent leur répondant dans l'espace des paysages. via l'horizon accélère le mouvement et se met à l'écoute des bruits du monde.
    Les inventions de la langue font bouger les frontières entre les corps, les choses et les lieux, produisant une résonance spécifique à chaque scène-poème. on y apprend que l'émotion est faite de tout ce qui l'entoure, pourvu qu'un art poétique nous ouvre grand les veux.

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  • Dans sa première publication en 1993, Albane Gellé écrivait qu'un homme lui avait " arraché la langue ".
    Depuis, elle cherche, poète, à se donner une langue neuve, sa langue. " Je me tais ", répète-t-elle (dix fois dans L'Air libre), en précisant, à chaque fois, pourquoi : parce que quand j'étais petite un homme à côté de moi parlait parlait il me donnait envie de vomir ; parce que tout près ça parle bien je ne vois pas ce que je pourrais ajouter ; parce que quelqu'un parle fort il n'y a plus de place ; par hasard ; par habitude ; et croyez-moi c'est mieux comme ça ; parce que je suis fatiguée ; par provocation (pas souvent) ; comme ça pour rien ; et alors.
    Jusqu'à la dernière page, porte qui claque sur un " Je ne me tais pas ". Prise de parole (poème) intransitive. On quitte ce livre un peu comme on sort de Parle avec elle, le dernier film d'Almodovar : avec une sorte d'anxiété éblouie, de contrariété désirante qui ramène à la surface. Mène à l'air libre, quasi malgré soi.

  • Au plus près installait une écriture : poèmes brefs arrimés au quotidien, très reconnaissables dans leur alliage d'observation et de pensée, d'humour et d'expérience. À six ans de distance, ce deuxième livre au dé bleu se présente comme une suite de suites pour poète seul, réglant les comptes avec l'enfance, la perte, la difficulté d'être, le peu de poids de la poésie tout autant que sa persistante nécessité. Les pages de ce livre sont tendues au-dessus du vide, et on entend parfois grincer le rire du funambule. La poésie est un risque, et non un jeu. Si, dans la vie, Roger Lahu a la politesse des clowns, il partage leur tristesse quand, le rideau tiré, reste la vie passée passante, et pas de quoi rire fou tout seul. Antoine Emaz

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  • "L'objet précis de la rêverie, la "ferme modèle", évidemment désigne par synecdoque l'agriculture (en voie de disparition à partir du moment où elle eut recours à la modernité industrielle pour se développer intensivement), mais également une conception architecturale et organisationnelle du bâtiment agricole qui elle-même découle d'une philosophie d'économie politique, la physiocratie, remontant au XVIIIe siècle et développée principalement par François Quesnay (1694-1774).", (Extrait de l' " Avant-Propos " ).

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  • La vie est passée réunit les poèmes inédits de G.
    L. Godeau, dispersés dans de nombreuses publications diverses et variées. On retrouve comme le souligne Georges Cathalo dans sa préface, ce " ton inimitable de quelqu'un qui ne triche pas, qui ne s'écoute pas parler. Son réalisme surprend, son lyrisme déconcerte : le lecteur n'est pas habitué à cette écriture cinématographique, par flashs successifs, par plans éloignés ou rapprochés, travellings, plongées et contre-plongées.
    Son oeil exceptionnel, sa sensibilité sans cesse en éveil lui ont permis de voir ce que le commun des mortels a du mal à dénicher ou alors, après maints efforts. Ce qui fit sa force fut ce pouvoir de transmuer toutes ces images volées au quotidien en mots chargés d'émotion ". Ce qui fait aussi la modernité d'un des poètes majeurs de la seconde partie du XXe siècle.

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  • Carabines

    Sofia Queiros

    Chaque poète et chaque lecteur de poésie est un aventurier qui prend le risque de se perdre au-delà de la cohérence nécessaire à l'usage ordinaire du réel. Et dans l'immensité des territoires inexplorés de la pensée, Sofia Queiros pose de nouveaux jalons, trace d'autres pistes, élargit nos possibilités d'exprimer ce que nous ne ressentions jusqu'alors que confusément de notre propre aventure et de son quotidien.
    Bernard Ruhaud

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