Remue Menage

  • Libérer la culotte Nouv.

    Depuis la libération sexuelle des années 1970, notre sexualité est-elle vraiment « libérée » ? Est-ce que se forcer n´appartient qu´à la génération de nos grands-mères ? Nos rapports sexuels sont-ils devenus égalitaires ? Comment se fait-il que le fossé orgasmique soit encore si profond ? Y a-t-il d´autres modèles que l´hégémonie du couple hétérosexuel ?
    De l´asexualité au BDSM en passant par le polyamour et le consentement enthousiaste, cette courtepointe de textes d´autrices culottées réclame haut et fort une nouvelle révolution sexuelle, une réinvention de nos rapports intimes. Si le privé est politique, la sexualité est la clé de voûte de véritables rapports égalitaires. Nous réclamons le droit à la jouissance complète de notre vie, à notre façon. Si dans Libérer la colère nous déclarions être des féministes frustrées, nous constatons dans Libérer la culotte que nous sommes aussi bien mal baisées.

  • Luxure, nom féminin : comportement de quelqu'un qui se livre sans retenue aux plaisirs sexuels.

    Les codirectrices de Libérer la colère poursuivent leur relecture libre et féministe des péchés capitaux en s'attaquant cette fois à une bête redoutable : le sexe. Qui a dit que la libération sexuelle des années 1970 avait vraiment «libéré» notre sexualité? Est-ce que le devoir conjugal n'appartient qu'à la génération de nos grands-mères? Comment se fait-il que le fossé orgasmique soit encore si profond? Peut-on repenser le sexe en dehors du modèle standard de couple? De l'asexualité au BDSM, du polyamour au consentement enthousiaste, ces textes culottés réclament haut et fort une nouvelle révolution sexuelle, une réinvention de nos rapports intimes. Si le privé est politique, la sexualité est la clé de voûte de véritables rapports égalitaires. Nous réclamons le droit à la jouissance complète de nos vies. Si dans Libérer la colère nous disions être des féministes frustré·e·s, nous constatons dans Libérer la culotte que nous sommes aussi mal baisé·e·s.

    Avec des textes de Stella Adjokê, Caroline Allard, Julie Artacho, Rose-Aimée Automne T. Morin, Sarah Beaudoin, Rachel Bergeron, Pascale Bérubé, Isabelle Bouchard-Veillette, Fanny Britt, Emilie Sarah Caravecchia, Zed Cézard, Maya Cousineau-Mollen, Caroline Dawson, Fannie Dionne, Catherine Darion, Laïma A. Gérald, Amélie Gillenn, Marie-Laure Landais, Leyla Lardja, Maude Ménard-Chicoine, Geneviève Morand, Mélodie Nelson, Maude Painchaud-Major, Léonie Pelletier, Véronique Pion, Shirley Rivet, Natalie-Ann Roy, Hélène Saint-Jacques et Catherine Voyer-Léger, et des entretiens avec Melissa Mollen Dupuis et France Castel.

  • Quand ont commencé ces Correspondances libres, furieuses et joyeuses entre jeunes féministes, en 2008, le web avait encore l'air d'un vaste boy's club. Il était habituel de considérer le féminisme comme dépassé, de prétendre que les jeunes femmes ne s'y intéressaient guère. Or, depuis qu'elles ont pris la toile d'assaut, nous avons découvert une génération de jeunes féministes courageuses, créatives et bavardes, aussi solides dans l'analyse de la culture pop et des mouvements sociaux de partout dans le monde que dans la gestion des trolls et la solidarité. Le blogue Je suis féministe a servi de porte d'entrée pour des dizaines de jeunes femmes francophones en manque de tribunes. C'est dans cet espace privilégié qu'elles se sont affirmées, qu'elles ont démarré de nombreux débats et donné vie à une culture féministe propre au web, qu'il est devenu impossible d'ignorer aujourd'hui.

    Les filles de Je suis féministe passent au papier, pour garder une trace de cette aventure collective marquante, et réfléchir au chemin parcouru. Cette anthologie comprend des textes de 30 auteures, écrits entre 2008 et aujourd'hui, et portant sur des sujets aussi variés que le viol, la maternité ou le coming out féministe, en passant par la publicité, le féministe pop et la violence policière.

  • Dans cet essai mordant qui se donne de faux airs de flânerie, Valérie Lefebvre-Faucher procède à une minutieuse enquête. Son sujet est sérieux, immense, spirituel même : l'héritage littéraire du marxisme. C'est qu'à force de côtoyer des militants, ses antennes féministes commencent à envoyer des signaux d'alarme.

    Quelque chose ne tourne pas rond au royaume marxien : « Vous qui possédez le petit Karl comme un catalogue d'outils fiables, à dégainer dans toutes les situations. Que savez-vous de l'oeuvre d'Eleanor Marx ? De l'influence de Jenny ou de Laura Marx ? Camarades, quelqu'un vous a-t-il parlé d'elles pendant ces nombreuses années d'université ? ».

    Une simple promenade qui chamboule tout.

  • À l'aube d'une décennie marquée par un virus ayant partout exacerbé la violence et les inégalités, l'intersectionnalité s'avère plus que jamais nécessaire pour comprendre le monde. Qu'arrive-t-il lorsque l'on porte ce regard attentif sur les médias ?

    Ce livre explore avec aplomb les questions de l'inclusion et de l'exclusion médiatiques. Comment analyser le traitement médiatique réservé au port du hijab dans le sport, aux agressions sexuelles à l'endroit des femmes noires et autochtones, ou encore, de la place des transidentités dans l'espace public ?

    Un livre collectif qui amène son lot de réponses éclairantes et douloureuses, une rareté dans le paysage des études culturelles francophones.

  • Nées en Italie dans les années 1940, Silvia Federici et Mariarosa Dalla Costa sont des militantes pionnières et des intellectuelles féministes de premier plan. Dans ces entretiens inédits menés par l'historienne Louise Toupin, elles reviennent sur le mouvement qu'elles ont cofondé en 1972, le Collectif féministe international, qui fut à l'origine d'une revendication radicale et controversée au sein du féminisme, celle de la rémunération du travail domestique invisible.

    À partir de cette riche expérience, elles racontent comment s'est complexifiée leur pensée au fil du temps, et formulent une critique intersectionnelle du capitalisme néolibéral, à partir de la notion de crise de la reproduction.

  • L'intersectionnalité, telle qu'élaborée par les féministes noires dans les années 1980, permet de réfléchir aux rapports de pouvoir dans leur complexe enchevêtrement. Au-delà d'un certain effet de mode, cette éthique est plus que jamais nécessaire pour comprendre le monde, à l'aube d'une décennie marquée par un virus ayant partout exacerbé la violence et les inégalités, et mis en évidence les systèmes de privilèges.

    Et qu'arrive-t-il lorsque l'on porte ce regard attentif sur les médias? Les textes rassemblés dans cet ouvrage explorent avec aplomb les questions de l'inclusion et de l'exclusion médiatiques. Que décoder du traitement média réservé au port du hijab dans le sport, aux agressions sexuelles à l'endroit des femmes noires et autochtones, ou encore, de la place de la sourditude et des transidentités dans l'espace public? Un recueil qui amène son lot de réponses éclairantes et douloureuses, une rareté dans le paysage des études culturelles et médiatiques francophones.

    Avec des textes de Alexandra Barbeau et Stéphanie Defoy-Robitaille, Kenza Bennis, Célia Bensiali et Emory Shaw, Karine Bertrand, Nathalie Bissonnette, Gabrielle Caron, Adèle Clapperton-Richard et Catherine Laplante, Geneviève Gagné, Véronique Walsh et Josette Brun, Charles Ouellet et Anne-Sophie Gobeil, Laurence Parent et Véro Leduc, Kharoll-Ann Souffrant et Ingrid Guesdon, Marilou St-Pierre, Bochra Manaï et Christopher Lavie Mienandy, ainsi que Valérie Yanick.

  • Une crise de la masculinité, dit-on, sévit dans nos sociétés trop féminisées. Les hommes souffriraient parce que les femmes et les féministes prennent trop de place. Parmi les symptômes de cette crise, on évoque les difficultés scolaires des garçons, l'incapacité des hommes à draguer, le refus des tribunaux d'accorder la garde des enfants au père en cas de séparation, sans oublier les suicides. Pourtant, l'histoire révèle que la crise de la masculinité aurait commencé dès l'antiquité romaine et qu'elle toucherait aujourd'hui des pays aussi différents que le Canada, les États-Unis et la France, mais aussi l'Inde, Israël, le Japon et la Russie. L'homme serait-il toujours et partout en crise?

    Dans ce livre, Francis Dupuis-Déri propose une étonnante enquête sur ce discours de la «crise de la masculinité», dont il retrace l'histoire longue et ses expressions particulières selon le contexte et les catégories d'hommes en cause, notamment les «hommes blancs en colère» ainsi que les Africains-Américains et les «jeunes Arabes». Il analyse l'émergence du «Mouvement des hommes» dans les années 1970 et du «Mouvement des droits des pères» dans les années 1990 et leurs échos dans les réseaux chrétiens et néonazis. Il se demande finalement quelle est la signification politique de cette rhétorique, qui a pour effet de susciter la pitié envers les hommes, de justifier les violences masculines contre les femmes et de discréditer le projet de l'égalité entre les sexes.

  • Celles qui s'affirment comme féministes, ou qui réclament simplement plus de justice sociale, deviennent vite la cible de critiques et d'attaques. Le féminisme crée la polémique et on demande sans cesse aux femmes de le justifier. L'égalité serait déjà atteinte. Les luttes des femmes seraient dépassées, il faudrait maintenant s'inquiéter des hommes... Et quoi encore ? Tous ces blocages prennent forme dans un imaginaire collectif patriarcal, ignorant de l'histoire des femmes et contaminé par de tenaces préjugés. Or, les inégalités persistent et, pendant que nous nous expliquons, nous ne nous y attaquons pas.
    Ce manuel de survie en milieu hostile arrive à la rescousse de celles qui veulent des arguments pour ne plus trahir leurs idées et des stratégies pour riposter à leurs adversaires.
    Vulgarisant les principales notions théoriques, historiques et politiques du féminisme tout en démystifiant la diatribe masculiniste, ce petit traité militant peut se glisser aussi bien dans la poche d'une consoeur aguerrie que dans celle d'une néophyte. Gageons que, bien outillées, les féministes consacreront moins d'énergie à se défendre, et passeront à l'action.

  • J'ai peur des hommes

    Vivek Shraya

    Vivek Shraya a des raisons d'avoir peur des hommes. Tout cela a commencé lorsque, enfant, on la maltraitait parce qu'elle n'était pas assez garçon; cela s'est poursuivi lorsque, adulte, on l'a punie parce qu'elle n'était pas assez femme, ou parce qu'elle en était une tout simplement. Pour Shraya, il n'y a pas d'échappatoire, que des stratégies de survie, de la performance forcée de la virilité de sa vie d'avant aux contraintes quotidiennes que lui imposent aujourd'hui sa vie de femme trans, cible de toutes les cruautés, les humiliations, les déconsidérations. Dans une écriture franche et bouleversante, elle livre un témoignage lucide sur le fil qui relie la masculinité toxique, la misogynie, l'homophobie et la transphobie.

    J'ai peur des hommes, paru chez Penguin Random House en 2018, a été nommé Meilleur livre par The Globe and Mail, Bitch Magazine, Indigo, Audible, CBC, Apple, le Writers' Trust of Canada et la Brooklyn Public Library.

  • En matière de sexualité, rares sont les références présentant des informations justes, critiques et inclusives. C'est l'exploit que réalise Our Bodies, Ourselves, véritable classique de santé des femmes. Dans cette première adaptation francophone, Corps accord propose un guide accessible sur l'intimité et la sexualité. Comment la culture influence-t-elle l'expérience de la sexualité?? Comment conjuguer désir et handicaps ou maladies chroniques ? De quelles façons se vit le plaisir sexuel ? Que recouvre la notion de consentement ? On y trouve des connaissances issues de la recherche, des points de vue féministes ainsi que des témoignages de personnes aux expériences variées.

  • Dans ce récit graphique surnaturel, Christine Redfern et Caro Caron ne racontent pas seulement la vie et la mort - tragique, après une chute de 34 étages - d'Ana Mendieta. Elles ramènent à l'avant-scène une artiste méconnue et rappellent du même souffle plusieurs autres femmes exclues de l'histoire de l'art.

    Exilée de Cuba aux États-Unis, Ana Mendieta mènera dans les années 1970 sa propre révolution aux côtés de femmes artistes qui bouleverseront le milieu des arts. Son oeuvre multiforme explore les limites de l'identité culturelle et de genre, abordant la violence faite aux femmes, mettant son corps en scène et empruntant aux croyances anciennes.

  • Salué par la critique lors de sa parution au Québec, ce recueil de récit déjanté nous immerge dans un monde peuplé de personnages sombres et grotesques. Nouvelle voix indisciplinée et métissée de la littérature québécoise, rappelant par moment Marie Vieux-Chauvet ou Hilda Hilst, Pascale Bernardin explore tour à tour la folie et la violence, l'enfance et les classes sociales, la mémoire et les racines haïtiennes.

    " Nous ne l'avons pas écoutée et nous sommes retournés dans la rue. C'était comme aller au cinéma. Il y avait plein d'altercations, des bombes, des couples cocus se pourchassaient à bout portant, des soeurs se déchiraient la peau et se disaient je t'aime. Un jour, nous avons aperçu le directeur d'école. Il nous a couru après. Nous avons eu peur. Il a reçu une balle perdue dans la tête. L'école est restée fermée pendant une semaine. "

  • Valparaíso, décembre 1986, un homme et une femme annoncent à leurs enfants qu'il faut tout laisser derrière et fuir le Chili de Pinochet. Caroline a sept ans et elle aura la nausée durant tout le voyage jusqu'à Montréal. En plus de la neige dehors, il y a le tapis rouge vin de l'hôtel Ramada qui accueille les personnes en attente de papiers. Après la classe d'accueil de madame Thérèse qui lui apprend le français, les enfants qui se moquent de ses cheveux et de sa boîte à lunch, la misère des rues d'Hochelaga, il y aura tout ce temps passé dans les banques où ses parents font des ménages.
    Entre l'exil, les fantômes du passé et le jeu des différences, la petite réfugiée camouflera sa furieuse envie de vivre pour devenir une immigrante modèle. Mais comment apprend-on à ne plus s'effacer ? Peut-on embrasser une nouvelle culture sans renier ses origines ? Là où je me terre sonde la possibilité d'aimer et de lutter sans ne plus avoir à fuir.

  • Malgré le double fardeau de la discrimination raciale et sexuelle, les Africaines-américaines ont développé au fil du temps une riche tradition intellectuelle qui reste aujourd'hui très mal connue. Dans La pensée féministe noire, Patricia Hill Collins offre une interprétation rigoureuse de l'oeuvre des penseures féministes noires de premier plan comme Angela Davis, bell hooks, Alice Walker et Audre Lorde. S'inspirant de la fiction, de la poésie, de la musique et de l'histoire orale, ce livre fournit la première synthèse des incontournables de la pensée féministe noire, en plus d'offrir un solide socle à partir duquel penser l'enchevêtrement des oppressions.
    « Cependant, tant que la pensée féministe noire, ou peu importe le terme choisi pour décrire ce travail intellectuel, demeure vouée à promouvoir tant l'empowerment des femmes noires que la justice sociale, je compte utiliser ma voix pour la soutenir. La lutte pour la justice n'est pas l'affaire d'un seul groupe, d'un seul individu ni d'un seul mouvement social. Cela ne saurait être accompli par un seul livre, y compris le mien. À mon avis, l'injustice sociale est un problème collectif qui nécessite une solution collective. Quant à mon travail, tout ce qui compte c'est qu'il participe de ce mouvement. »

  • En octobre 2017, devant le déferlement monstre suscité par le mouvement #MeToo, il y avait urgence: une fois sortis du silence, ces récits ne devaient pas tomber dans l´oubli. C´est la raison pour laquelle Martine Delvaux, écrivaine, militante et professeure de littérature à Montréal, a lancé un appel. En quelques jours, près de cent témoignages de violence lui ont été confiés. Ce livre a été pensé comme un collage vivant, une chambre d´échos, un choeur, afin de faire résonner toutes ces voix dans leur unicité, dans leur multiplicité : « Voici ce que nous portons, tous les jours de notre vie. Sans déesses ni héroïnes en tête de file, des voix avancent. Nous faisons front commun.»

  • À chaque mouvement de libération, sa réplique contre-révolutionnaire: c'est ce que nous enseigne l'histoire. Les luttes féministes n'y font pas exception. Décrié à droite comme un réel péril pour la stabilité sociale et l'avenir de la nation, à gauche comme une lutte secondaire à inscrire dans un bien plus vaste programme, le féminisme a toujours dérangé ceux qui trouvent intérêt à préserver le régime patriarcal. Tant sur le plan des idées que de l'action, l'antiféminisme se déploie suivant une logique réactionnaire, dont la visée, consciente ou pas, serait de revaloriser une condition masculine mise à mal. Pour arriver à leurs fins, les antiféministes usent de stratégies discursives comme la désinformation ou le recours à la nostalgie du «bon vieux temps» et à l'ordre naturel. Ce sont précisément ces discours revanchards, présents sur toutes les scènes, de celle de l'humour à celle du militantisme, que cet ouvrage entend décortiquer. «L'antiféminisme a accompagné toute l'histoire du féminisme, en dénonçant ses excès ou en s'empressant d'en dresser le constat de décès. Il couvre un spectre très large, mais il comprend toujours une dénonciation de la liberté et de l'égalité que revendiquent les féministes pour toutes les femmes.» [extrait de l'introduction] Des textes de Julie Abbou, Jérôme Cotte, Francine Descarries , Francis Dupuis-Déri, Sara Garbagnoli, Diane Lamoureux, France Théoret et Sidonie Verhaeghe.

  • Des clubs privés londoniens à la Ligue du LOL, de la Sillicon Valley à Wall Street, Martine Delvaux s'intéresse aux regroupements d'hommes qui ensemble se relaient le pouvoir et font en sorte de le conserver. C'est dans les récits et les représentations qui défilent sur nos écrans qu'elle cherche à mieux les voir, à analyser leur mécanique. L'armée, les fraternités, les cabinets d'avocats, les firmes d'architectes, le Bureau ovale, tout y passe.
    Je veux faire surgir le boys club pour ce qu'il est : une organisation des corps, une chorégraphie qui est un rouage du patriarcat, la mécanique qui permet à la domination masculine de s'actualiser chaque minute de chaque jour de notre vie.

  • Les crises environnementales sont aussi des crises humanitaires. Les changements climatiques, la pollution, les catastrophes ont des effets directs sur les populations et quand un drame survient, il ne suffit pas d'arrêter les déversements et d'éteindre les feux. Il faut aussi réparer, nourrir, prendre soin, des gestes de l'ombre qui incombent traditionnellement aux femmes. Aussi, les périodes de crises politiques, de famines, de pauvreté, les grandes transformations sociales peuvent être des périodes de grande violence et d'augmentation des injustices. Il y a une urgence écoféministe. Les auteures de ce livre pensent que l'écoféminisme est une clé importante pour comprendre le monde actuel et espérer le préserver. Si on connaît peu les écoféministes, elles sont pourtant partout dans les mouvements pour la démocratie directe, pour la convergence des luttes, altermondialistes, anticapitalistes, militantes de la transition et féministes de la troisième vague, partout dans les quartiers, les maisons, les organismes où l'on cherche à prendre soin du monde localement.

    Ce livre veut faire apparaître l'écoféminisme d'aujourd'hui. Pour ce faire, il donne la parole à des auteures aux engagements très différents les uns des autres. Elles s'intéressent, en effet, à des sujets variés comme l'organisation locale démocratique, la décolonisation, la résistance aux grands projets d'exploitation des ressources, les droits des animaux, la crise de la reproduction, la place des femmes dans le retour à la terre, la financiarisation du vivant, etc. Toutes sont mues par l'urgence de préserver les conditions de vie sur Terre. Et pensent que nous n'y arriverons pas sans rompre radicalement avec l'idéologie de domination, l'attitude de maîtres et de propriétaires qui caractérise le rapport des humains avec la nature.

  • La mine, c'est à la fois le crayon, l'expression et le potentiel explosif. Nous disons mines de rien, parce qu'il s'agit de petites choses, ces petits riens souvent passés sous silence, et qui, pourtant, nous minent. Trois professeures de lettres délaissent les formes académiques pour se donner le plaisir des billets d'humeur, de l'archéologie du quotidien, en solidarité avec toutes celles qui subissent les humiliations invisibles. Têtues, critiques, moqueuses ou graves, elles s'entendent sur un point: si le monde a beaucoup changé, si l'égalité semble à portée de main, le sexisme demeure bien vivace partout. Mines de rien, ce sont trois féministes qui mettent en commun leurs plumes grinçantes pour dépeindre nos travers avec des lunettes pas vraiment roses. Du marketing aux toilettes publiques, en passant par les médias sociaux, la culture du viol, l'instinct maternel ou la masturbation, leurs chroniques s'indignent de l'ordinaire sexiste, et prouvent qu'il est aussi arbitraire qu'anachronique. Ici la conscience aiguë du phallocentrisme n'est pas un poids, mais un moteur. Mieux vaut, paraît-il, en rire. Mieux vaut surtout s'en indigner.

  • La question de la reconnaissance du travail invisible des femmes dans les familles et dans la société fait du surplace depuis au moins 40 ans. Où en sommes-nous aujourd'hui face à ces enjeux soulevés par les féministes durant la décennie 1970, et comment s'expriment-ils dans différentes communautés ou milieux, des travailleuses du sexe aux proches aidant·e·s ? Quels sont les nouveaux aspects de l'invisibilité de ce travail "considéré féminin", et, plus généralement, où en sont les revendications en matière de reproduction sociale ?

    Ce recueil entend dresser un état des lieux de la question et des mobilisations à mener, avec des actrices directement au coeur de ces enjeux.

  • L'école enseigne-t-elle l'hétérosexualité ? Dans la cour de récréation comme en classe, les jeunes ont tôt fait de comprendre quels corps et quels comportements sont admissibles. Ce livre passe au crible une culture scolaire qui contribue à reconduire des normes de genre et de sexualité, souvent à son insu. Il montre comment les programmes, les manuels et les pratiques enseignantes peuvent maintenir les élèves dans l'ignorance quant à leur identité et leurs désirs, voire alimenter la violence.

    Dressant un portrait actuel de l'éducation à la sexualité en France et au Québec, il propose des pistes d'intervention afin de rendre les contenus scolaires véritablement inclusifs et anti-oppressifs.

  • Les femmes de droite

    Andréa Dworkin

    Peu d'ouvrages d'Andrea Dworkin ont été traduits en français. Rigth Wing Women, d'abord paru aux Etats-Unis en 1983, est ici traduit pour la première fois. Pour Christine Delphy, qui signe la préface de cette édition, « La première raison du silence fait sur elle est sans doute que Dworkin est radicale. Elle écrit sur un sujet qui, alors qu'on prétend en parler, est en réalité toujours aussi tabou : la sexualité, et plus précisément l'hétérosexualité, et plus précisément encore, sa pratique et sa signification dans un contexte précis : la société patriarcale. Elle parle de sexualité dans un régime de domination, et de sexualité entre dominants et dominées. » Dworkin cible en particulier les « femmes de droite », celles qui choisissent de ne pas lutter contre le patriarcat et les rôles traditionnels. Celles qui, au contraire, s'en revendiquent.
    Aujourd'hui, ce sont les Sarah Palin, Michele Bachmann et autres « grizzli moms » qui continuent d'affirmer que le rôle le plus important des femmes est celui de mère et d'épouse, qui en appellent à la religion pour soutenir cette idée et qui multiplient les attaques contre l'avortement ou l'homosexualité.
    Presque 30 ans plus tard, les mots d'Andrea Dworkin n'ont rien perdu de leur urgence. Andrea Dworkin est radicale, son propos souvent choquant, sa plume brutale mais nécessaire et, malheureusement peut-être, toujours pertinente.

  • Françoise Collin a fait entrer le féminisme dans la philosophie, et la philosophie dans le féminisme. Figure marquante des lettres francophones, originale, radicalement plurielle, sa pensée nous rappelle que le féminisme n'est pas qu'une théorie ou une action politique. Il est une façon d'être au monde. Dans ce texte, elle explore les notions d'héritage, de filiation et de transmission entre les générations de féministes. Un puissant antidote à la division et à la démission.

    "Ce tri de l'histoire, que la génération montante est déjà en train d'effectuer, est inévitable. À vouloir que, de ce que nous avons conquis, tout passe sans changement, nous risquons de voir tout rejeter en bloc."

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