Philippe De Vita

  • Jean Renoir (1894-1979) reste l'un des cinéastes les plus admirés dans le monde pour des films comme La Grande Illusion et La Règle du jeu. On oublie que sa carrière ne s'est pas limitée au cinéma et qu'elle a toujours été imprégnée par l'écriture, d'abord celle de scénarios méticuleusement façonnés. Il a aussi nourri une abondante correspondance, archivée à partir des années quarante lorsqu'elle acquiert une importance existentielle lors de l'exil aux États-Unis. Elle nous donne à lire la chronique de la création de certains films, et forme aussi une interface de divers discours. À partir des années cinquante, Renoir devient dramaturge, puis biographe de son père et enfin romancier.

  • L'entretien est un rituel et un dispositif médiatique. En donnant la parole à l'artiste, le critique de cinéma perpétue le romantisme de la "politique des auteurs" : le cinéaste est volontiers présenté comme pleinement conscient de ses intentions artistiques et comme maîtrisant son oeuvre. Godard a participé à ce jeu de légitimation, à la fois comme interviewer et interviewé. S'appropriant le genre de l'entretien en prenant comme modèle le dialogue antique, il évince le journaliste pour dialoguer à égalité avec d'autres artistes, cinéastes (Lang, Allen, Oliveira, Chahine, Pelechian), écrivains (Le Clézio, Sollers, Duras...) critiques et essayistes (Daney, Douchet, Narboni, Debray...)

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  • En plus d'être un cinéaste, Jean Renoir fut un authentique polygraphe, ayant écrit plusieurs romans et pièces de théâtre, de nombreux articles et des textes autobiographiques. À cet ensemble vient s'ajouter sa correspondance, qui se développe lors de son exil aux Etats-Unis. Si la lettre de Renoir délivre des informations qui renseignent la création de certains films, la rhétorique qui est à l'oeuvre peut nuancer l'histoire de la genèse cinématographique. Il utilise également la lettre pour rendre compte des bouleversements liés à l'exil et manifester son identité artistique.

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