Littérature générale

  • Y aurait-il deux Roland Barthes, comme nombre de travaux semblent le donner à penser ?
    Le Roland Barthes des années « théories », sémioticien et critique des idéologies, et le Roland Barthes « hédoniste », écrivain du Plaisir du texte et de La Vita Nova ? À l'encontre de cette tendance, le propos du colloque de Cerisy et des articles réunis ici a été de considérer l'oeuvre comme un ensemble cohérent, parcouru, certes, par des inflexions et des revirements, mais remarquable surtout par sa continuité et ses fidélités. Influences, appariements, appropriations, détournements mais aussi mises à distance, voire reniements seront ainsi interrogés en sorte de faire apparaître la singularité et la fécondité d'une pensée sans cesse en porte-à-faux, faisant de la contradiction ou du paradoxe le moteur même de son avancée.
    Au-delà du clivage entre un « premier et un « dernier » Barthes, sont également convoqués les textes critiques de la première heure et les oeuvres en procès, publiées ou non de son vivant.
    À travers quelques-uns des nombreux objets traités par « l'écrivain-écrivant » (dont la littérature, le théâtre, la mode, le discours de presse, la musique, la photographie), le présent ouvrage retrace, texte à l'appui, la genèse intellectuelle d'un certain nombre de concepts (dont l'idéologie, la doxa, le langage, l'écriture, l'engagement, le style, le désir, le plaisir, le neutre). Il questionne également les relations de Barthes aux principaux penseurs et écrivains passés ou contemporains et interroge ses rapports à quelques disciplines phares telles que la critique, l'histoire, la linguistique, la sémiologie, la philosophie, l'anthropologie, la sociologie.

    Le propos de chaque chercheur est scindé, clair et identifié. Ces actes du colloque de Cerisy présentent une mosaïque complète et pertinente de Barthes, sa forme d'écriture, son positionnement à l'intérieur des disciplines de recherches dans lesquelles il se plaçait, sa pratique littéraire, sa tentation de l'écriture de soi, sinon romanesque.

    Le présent volume se distingue des actes du colloque de Cerisy publiés en 10/18 en 1978 (réédités chez Christian Bourgois éditeur en 2003) par Antoine Compagnon en ceci que, trente-sept ans après la mort de Roland Barthes, nous disposons désormais de l'ensemble de son oeuvre et d'une série impressionnante d'inédits, dont La Préparation du Roman.

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  • De tous les mouvements artistiques qui ont marqué l'histoire du XXe siècle, le surréalisme est très certainement celui qui s'est imposé le plus durablement dans l'imaginaire collectif. La qualifi cation de « surréaliste » est ainsi passée dans le langage courant pour désigner une situation surprenante ou établir un rapport inattendu entre deux choses. Au plan culturel, les artistes surréalistes fi gurent dans les principaux musées du monde entier, et les écrivains du groupe sont cités dans toutes les histoires de la littérature. Cette anthologie suit un ordre relativement chronologique, des années 1920 à la fi n des années 1960, laissant aux textes et à leurs commentaires le soin de proposer un trajet de lecture.

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  • Émile Verhaeren est mort accidentellement sur le quai de la gare de Rouen, le 27 novembre 1916. Il effectuait à ce moment des tournées de conférences en faveur du pays occupé. Autant que sa proximité avec la famille royale, cette circonstance a contribué à lui donner la stature d'un poète national, désormais enseigné à l'école et consacré par de nombreuses études. Ce sont quelques autres visages du poète que le présent numéro voudrait présenter, dans ce qu'ils peuvent, en apparence, avoir de mineur, de secondaire ou de marginal, mais qui ont, à leur manière, contribué à façonner l'image que nous en avons. On évoquera ainsi successivement la figure d'un Verhaeren journaliste, chroniqueur mondain ou collaborateur d'un journal politique, le Verhaeren intime et quelques aspects de son audience internationale. Pour enrichir le dossier de cette livraison double, plusieurs articles évoquent aussi ses contemporains et ses proches, de Félicien Rops à Victor Reding, le directeur du théâtre du Parc, de l'éditeur Octave Uzanne aux poètes Albert Mockel et André Fontainas, parmi d'autres. Les différentes approches réunies dans ce dossier complémentaire - études des échanges épistolaires, des rapports entre les arts, des transferts culturels - apportent des éclairages précieux sur l'époque de Verhaeren, cette période de l'histoire des lettres belges qui, pour être désormais bien connue, constitue toujours un terrain d'investigation fertile.

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  • Présenter le symbolisme comme un mouvement littéraire, principalement poétique de la fin du XIXe siècle n'est pas faux mais terriblement réducteur. En matière d'analyse des mouvements culturels, on distingue les appellations littéraires intrinsèques, celles revendiquées par les acteurs eux-mêmes (comme le Parnasse ou le surréalisme), des appellations extrinsèques, construites après-coup par la critique (comme le classicisme ou le préromantisme). De ce point de vue, seul le symbolisme littéraire a effectivement adopté ce nom - mais de manière peu structurée et avec beaucoup de scepticisme. Pour autant, nous ne pouvons ignorer les autres arts dont les oeuvres ont été consacrées comme symbolistes par l'usage contemporain, ni faire l'impasse sur les effets de modes autour de certains thèmes et manières qui relèvent du symbolisme.
    Au travers de 100 notions clés, cet ouvrage permet de mettre en perspective ce qui, de Mallarmé à Claudel, de Verlaine à Maeterlinck, de Wagner aux Préraphaélites, structure le mouvement symboliste, en marque les choix esthétiques et techniques, les obsessions, les territoires, les thématiques.
    Paul Aron, professeur à l'Université libre de Bruxelles, est notamment l'auteur dans la collection " Que sais-je ? ", avec Alain Viala, des 100 mots du littéraire et de la Sociologie de la littérature. Il a également signé une Histoire du pastiche (" Les Littéraires ", PUF, 2008).
    Jean-Pierre Bertrand est professeur à l'Université de Liège. Il a édité plusieurs volumes de la collection " GF ", dont Vies imaginaires de Marcel Schwob. Il est aussi l'auteur des Poètes de la modernité. De Baudelaire à Apollinaire (avec P. Durand, Points, 2006).
    Ils sont notamment les auteurs du " Que sais-je ? " sur Les 100 mots du surréalisme (2010).

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  • Lit-on encore les poètes romantiques ? Naufragés de la modernité commençante, ils ont tenté de reprendre souffle dans un monde désenchanté et les voilà engloutis dans les anthologies et les explications de texte convenues.
    Lamartine ? On ne se souvient guère que du " Lac ". Sainte-Beuve ? Le critique dont Proust a basculé la redondante statue a tué le poète. Vigny ? Trop sévère et trop sensuel à la fois pour nos hédonismes obligatoires. Hugo ? II n'est plus question que du romancier. Musset ? On le joue encore au théâtre, sa poésie est dévaluée. Nerval ? Trop grandi, il est la victime de l'hermétisme qu'on lui suppose. Les " petits romantiques " ? Nous ne les connaissons plus guère que par Baudelaire interposé.
    La poésie moderne est incompréhensible coupée du moment romantique qui la propulse en premier et avec lequel elle rompra les amarres. Baudelaire, Lautréamont, Rimbaud, Mallarmé, Apollinaire même seront tous comptables de l'effraction que le romantisme a produite au sein du champ littéraire de la première moitié du siècle. Un sujet, un monde, un langage. Et entre ces instances, une circulation, des médiations, mais aussi des tensions et des blocages.
    C'est de ce romantisme-là, loin des mythes et des routines, qu'il s'agit ici de retrouver l'énergie et la force d'invention. Au plus près des textes et de leur mise en dialogue, et dans le rapport si complexe qu'ils entretiennent avec l'histoire. Histoire d'un sujet lyrique, qui se dit et qui se pense. Histoire d'un monde qui se transforme et que la poésie tente de sonder. II faut prendre la poésie au sérieux : voilà ce que les romantiques, les premiers à l'âge moderne, ont fait savoir.
    Voilà pourquoi il faut aussi les prendre au mot.

  • Glossaire de la Champagne Berrichonne Pierre-Valentin Berthier n'a jamais oublié Issoudun et son attachement au Berry. Devenu « usager professionnel » de la langue française, il s'est souvenu des singularités spécifiques au parler de la Champagne Berrichonne. L'originalité de sa démarche, en dehors de la collecte du patois local, sera ses recherches sur l'étymologie de chaque terme relevé, une première en lexicographie berrichonne. Au-delà de l'étude de l'origine du vocabulaire de son terroir natal, l'auteur contribue à rétablir l'organigramme des langues romanes. Le langage Berrichon n'est pas une déformation du français, mais l'idiome d'une province, comme le français (ou francien), à l'origine était celui de l'Ile-de-France, avant de devenir la langue officielle imposée par l'annexion progressive des provinces de l'ancienne Gaule, au fur et à mesure des conquêtes, héritages ou rachats des rois de France. Les mots du patois de la Champagne Berrichonne se comparent avec l'Ancien Français, en raison de leurs origines communes, avec la langue gauloise, et le bas latin introduit par la conquête romaine.

  • L'universel miron

    Bertrand Jean Pierre

    L'universel Miron trouve son lieu dans l'évocation et l'invocation de l'amour, le plus ouvert qui soit, mais en même temps unique, presque mystique à l'occasion. Il assume les devoirs de la responsabilité poétique et les questionnements sur les pouvoirs du langage. Il appelle à réaliser la conjonction de l'éternité et de l'histoire par le travail de la mémoire ou dans les soubresauts de l'espoir. Jamais il ne fait l'économie du prochain, de l'immédiat, du régional, du corps, de la matière, de la ville et de la nature, du singulier ni du pluriel d'ailleurs, du réel entier en un mot, fût-il aliénant. « Je suis un grand livre délirant, un grand fourre-tout lyrique », écrivait Miron. C'est ce livre-là que les auteurs de ce recueil collectif ont tenu à ouvrir. Avec des textes de : Jean-Pierre Bertrand, Jean-François Bourgeault, François Hébert, Jean-Pierre Issenhuth, Martin Jalbert, Karim Larose, Catherine Morency, Pierre Nepveu, Pierre Popovic, Yannick Resch, Yvon Rivard, Mariloue Sainte-Marie et Nathalie Watteyne.

    Indisponible
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