Sciences humaines & sociales

  • Pour demeurer bien vivants Nouv.

    Demeurer bien vivants n'implique aucun état d'agitation, d'excès ou d'extase. Cela s'éprouve au contraire dans une atmosphère de paix intérieure, qui est sans doute ce que nous pouvons connaitre de plus précieux. Cette paix ne nous est pas donnée par les conditions extérieures, changeantes et souvent provocantes, mais par notre attitude à leur endroit. Elle doit être éprouvée même dans des conditions défavorables. C'est au milieu de nos obligations que nous devons éprouver un certain détachement, au coeur des sollicitations et des provocations que nous pouvons goûter une qualité de calme. Les difficultés que nous rencontrons et les épreuves que nous subissons peuvent contribuer à nous libérer. Seul le noyau le plus intime se sent bien vivant. En cinquante-cinq courts textes et autant de thèmes, le philosophe Pierre Bertrand poursuit sa réflexion minutieuse et patiente où il approfondit les questions de l'existence.

  • Cette vie en nous

    Pierre Bertrand

    • Liber
    • 21 Janvier 2013

    "Nous sommes des êtres fragiles et la réalité sociale dans laquelle nous nous trouvons en tient fort peu compte, nous proposant au contraire un idéal de performance ou d'excellence. Une part de ce qu'il y a en nous d'humain est oubliée, comme si nous avions honte de notre humanité et des imperfections qui lui sont inhérentes, et que nous nous rêvions surhumains, dieu ou machine. Il en a d'ailleurs toujours été ainsi sur le plan collectif.
    L'idéal de sainteté puis celui de sagesse ont précédé l'idéal d'excellence, l'idéal d'aujourd'hui. Toujours l'humanité de l'humain est déniée, telle une tare. Ces idéaux détruisent l'être humain, loin de l'aider à se développer et à réaliser la puissance de son être vivant. En fait, il s'agit d'abord et avant tout de voir la réalité telle qu'elle est. C'est grâce à la vision qu'une solution allant dans le sens de la puissance de vivre peut concrètement se trouver ou s'inventer au sein de la réalité telle qu'elle est.
    L'important est que la vision, même au sein de la répression, que celle-ci soit brutale ou douce, absurde ou argumentée, demeure intacte, que, mieux encore, elle soit rendue plus vive, plus aiguisée par le défi ou l'épreuve. La vision de la réalité est plus puissante que toute injonction émanant de l'idéal." Pierre Bertrand.

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  • La philosophie, la littérature, les arts et les sciences augmentent notre puissance de vivre. Ils élargissent nos horizons, nous dévoilent une partie, une partie seulement, de la grandeur et de la complexité de la réalité, des autres et de nous-mêmes. Plus nous sommes ouverts à la réalité, plus nous sommes vivants - traversés et propulsés par sa puissance ou son énergie. Plus nous sommes ouverts, plus nous éprouvons l'affect d'étonnement, d'admiration et d'émerveillement. Notre défi à l'heure actuelle n'est pas tant d'augmenter notre puissance d'intervention, d'exploitation, de production et de destruction que d'accepter notre finitude. Notre capacité d'accepter de ne pas avoir de réponses à nos grandes questions constitue sans doute la part la plus noble de notre humanité. Cela n'est pas résignation, mais manière d'entrer autrement en relation avec le monde, avec les autres et avec nous-mêmes. La connaissance, telle que nous l'exerçons traditionnellement, est en grande partie liée à une volonté de maîtriser, de posséder, de dominer et d'exploiter. Nous pouvons être dans une autre relation, comme nous le sommes avec des êtres chers. Une part d'eux nous demeure obscure, mystérieuse, comme elle l'est pour eux-mêmes. Nous ne cherchons pas à les connaître ou à les expliquer de manière à pouvoir les utiliser, les manipuler et les exploiter. Nous apprenons plutôt à vivre avec eux dans le respect et l'affection mutuelle.

  • « Contrairement à ce que laissait entendre Aristote, il s'agit de connaître pour être, non pas de connaître pour connaître. En effet, connaître pour connaître nous a conduits là où nous sommes, à vouloir devenir maîtres et possesseurs de la nature, comme le souhaitait Descartes, c'est-à-dire, nous le constatons aujourd'hui, des destructeurs de la nature et par là de nous-mêmes. Connaître pour connaître nous conduit au non-être en nous faisant oublier que nous sommes d'abord vivants. Connaître pour connaître ne se donne aucune limite. Tout devient possible, et la vie est forcée de s'adapter, y compris à des conditions qui la malmènent, la menacent et la détruisent. » Ainsi commence la réflexion de Pierre Bertrand sur la volonté de l'être humain de s'extraire du chaos par la création artistique, de même par la science et la religion. C'est à partir du malaise ou du mal-être, de tout ce qui se bouscule en lui, de ce qui se télescope et va dans toutes les directions, à partir de ses questions, de ses crises, de ses lacunes, de sa souffrance, de ce qu'il a pour lui de plus terrible qu'il créera. Le mouvement de création s'amorce à partir de l'informe, de l'indéterminé, du non-sens et l'épouse afin qu'il se transforme de lui-même en une forme et un sens qui permettent à la vie d'avancer. Le chaos n'est jamais dépassé une fois pour toutes, ce pourquoi l'être humain ne cesse jamais de créer.

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  • La liberte du regard

    Pierre Bertrand

    • Liber
    • 24 Mars 2014
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  • Pourquoi créer ?

    Pierre Bertrand

    • Liber
    • 15 Octobre 2009

    «Je crois fermement que c'est l'art de vivre qui se trouve au soubassement de tout art particulier, que c'est pour apprendre à vivre, apprendre toute sa vie à vivre, que l'artiste crée, que c'est pour inventer la vie qui passe bien plus que des objets qui restent, que l'artiste donne naissance à des oeuvres. L'artiste est conscient de la vie comme nul autre, de cette vie que l'on ne peut figer, qui demeure éternellement indomptée et énigmatique. En explorant l'inconnu par son art, l'artiste cherche à être à la hauteur de la puissance de vie dont il fait partie. Ce faisant, il apprend et nous apprend à vivre.» «Les textes rassemblés ici ont, pour la plupart, d'abord été lus devant divers auditoires. J'ai voulu les réunir d'abord pour répondre au souhait que le public m'a à plusieurs reprises formulé de pouvoir les lire après les avoir entendus. Mais aussi pour garder la trace du cheminement de la pensée et de sa façon de s'adapter aux circonstances. Le thème directeur est celui de la création, mais je m'y exprime aussi, peut-être sur un ton plus direct et plus personnel, sur les autres questions qui me requièrent depuis toujours la philosophie, la vie, l'immanence, etc. Les textes ont été regroupés en trois parties, entre lesquelles j'ai voulu établir un rapport de symétrie harmonique, façon d'évoquer, dans la structure même du livre, la dépendance mutuelle des sujets abordés et la nécessité de sans cesse les reprendre, de le remodeler, de les reformuler, en espérant chaque fois mieux les observer ou les faire apparaître de manière plus vive.» Pierre Bertrand

  • Nous prétendons aujourd'hui avoir presque tout compris ou expliqué. Beaucoup vont jusqu'à croire qu'un jour, proche ou lointain, tout sera connu, que nous aurons en main une théorie physique complète et finale, rien de moins qu'un nouveau savoir absolu. L'accès à un tel savoir a d'abord été la prétention de la religion, confondant croyance et connaissance, puis celle de la philosophie en la personne du dernier grand créateur de systèmes prétendant tout comprendre, Hegel, enfin celle de la science, ou d'un certain scientisme, confondant connaissance et croyance. Tout s'explique et s'expliquera par les lois de la matière que nous connaîtrons entièrement un jour. Nous sommes un fragment minuscule dans l'infini de l'espace et du temps, nous et notre histoire, nos civilisations, nos religions, nos sciences et nos techniques. C'est tout cela qui est étonnant ou étrange. Nous sommes fiers aujourd'hui de nos connaissances, comme nous l'étions jadis de nos croyances, mais aucune d'elles n'entame le caractère mystérieux du monde puisque toutes en font partie. Et puis vivre est une activité plus ample, plus complexe que celle d'expliquer. L'explication n'est qu'une des nombreuses activités de la vie. C'est cette vie ample et complexe, où le non-savoir est tout aussi essentiel que le savoir, où le corps tout aussi primordial que l'esprit, qu'embrasse la réflexion de Pierre Bertrand. Comment peut-on appréhender la « vraie vie » quand l'aspiration du philosophe à la totalité et à l'universalité implique une ouverture à l'inconnu, à tout ce qui nous dépasse ? Soyons attentifs : l'attention n'est pas simple connaissance, mais manière de faire corps avec ce qui est.

  • Ne peut, en aucune façon, s'incarner. Car dût-il s'incarner, il ne serait plus à la hauteur de lui-même, à savoir du pur fantasme. L'être parfait est un fantasme, seul le fantasme est parfait, mais tout ce qui existe est imparfait, mortel, avançant à tâtons, digne d'admiration pour toutes les forces adverses qu'il doit affronter, objet de compassion pour toutes les défaites qu'il doit subir. Pourtant, la réalité n'est dite imparfaite qu'en comparaison avec l'idéal ou le modèle. Considérée en elle-même, elle est, au contraire, infinie richesse, perpétuelle prolifération, source de toutes les valeurs, origine de tous les fantasmes, de tous les idéaux et de tous les modèles. La norme, l'idéal constituent un appauvrissement, une simplification, une standardisation ou une uniformisation de ce qui est. Le fantasme est toujours celui d'un présent passé ou futur, âge d'or ou paradis perdu, apocalypse, utopie, etc. Le réel, quant à lui, est toujours de l'événement vivant, en train de se faire et d'advenir à l'intérieur d'un corps à corps. Autant l'homme se complaît dans le fantasme, autant il se sent perdu. C'est en prenant la réalité à bras-le-corps, quelle que soit la nature de cette étreinte, amour ou haine, qu'il se retrouve. Il peut enfin lutter et agir au lieu de simplement subir. "

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  • L'artiste

    Pierre Bertrand

    • Hexagone
    • 20 Septembre 2005
  • La part d'ombre

    Pierre Bertrand

    • Liber
    • 20 Septembre 2010

    «La question demeure ouverte à toutes les époques: "Qu'est-ce que la réalité?" Aucune réponse ne me semble complète ou définitive. Nous n'avons accès qu'à une infime partie de cette réalité plurielle, changeante, éternellement énigmatique, dont nous faisons nous aussi partie, loin d'avoir sur elle une position de survol. Demeurons donc modestes dans nos prétentions de la connaître. Comment pourrions-nous prétendre connaître une autre personne, qu'elle soit vivante ou décédée, si nous ne nous connaissons même pas nous-mêmes, ou ne nous connaissons que partiellement et superficiellement? Une telle ignorance n'est pas une lacune que nous pourrions éventuellement combler. Nous pouvons modifier notre perception et notre connaissance des autres et de nous-mêmes, mais une part irréductible de la réalité demeure intrinsèquement hors de portée. C'est la part d'ombre.» Si la biographie et l'autobiographie, la connaissance de soi et celle des autres, forment le fil conducteur de cette réflexion sur la réalité qui nous échappe tout en nous constituant, c'est aussi au travers de ses thèmes familiers - le corps, la création, la relation amoureuse, par exemple - que Pierre Bertrand en déploie toutes les résonances philosophiques et existentielles.

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