La Clef D'argent

  • Dans le cadre de notre série d'études sur l'espace et le temps dans l'oeuvre de Jules Verne, ce deuxième essai porte plus particulièrement sur un élément clef des Voyages Extraordinaires la Géographie.
    L'homme et la terre sont au centre de ces récits qui mettent en scène de façon exemplaire deux géographies l'une réelle, l'autre mystérieuse. Pour Verne, le passage de l'une à l'autre est l'occasion d'évoquer deux autres dimensions, elles aussi fondamentales : l'imaginaire et le fantastique. La référence au géographe français Elisée Reclus, mort la même année que Jules Verne, est omniprésente dans l'oeuvre du romancier.
    Le titre du présent essai a ainsi été choisi en référence au monumental ouvrage publié en 1905 par Elisée Reclus : L'Homme et la Terre. Jules Verne décline donc l'homme et la terre dans une mystérieuse géographie que nous analysons à partir de cinq de ses principaux romans : Cinq Semaines en ballon, Les Enfants du capitaine Grant, Les Indes noires, Robur le Conquérant et Le Sphinx des glaces. Une fois encore, l'approche transdisciplinaire nous permet d'apporter un éclairage nouveau sur l'oeuvre de Jules Verne, et de constater que les interrogations de l'auteur, traversant aisément l'espace et le temps, ne cessent de nous interpeller aujourd'hui encore...

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  • Cthulhu par lui-même! La plus célèbre création du maître de l'horreur, H.P. Lovecraft, se livre sans détours et dévoile ses origines dans ce document unique qui paraît ici pour la première fois accompagné des indispensables notes d'un spécialiste du Mythe, Patrick Marcel (Les nombreuses vies de Cthulhu), qui en a également assuré la traduction.

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  • Une expédition scientifique découvre sur le continent antarctique les ruines cyclopéennes d'une cité antédiluvienne, vestige d'une civilisation préhumaine disparue. Disparue? Rien n'est moins sûr. Au coeur de ce labyrinthe méphitique gisent peut-être d'effroyables entités cosmiques prêtes à resurgir et à engloutir l'humanité sous un flot d'horreurs indicibles...
    Cela ne vous rappelle rien?... Les Montagnes hallucinées, bien sûr! Le chef-d'oeuvre de H.P. Lovecraft qu'Arthur C. Clarke parodie avec jubilation et un humour tout britannique alors qu'il n'a que 22 ans. Publié à l'origine en 1940 dans l'un des premiers fanzines de science-fiction, ce prototype absolu du pastiche lovecraftien était demeuré inédit en français.
    Mondialement célèbre pour l'adaptation cinématographique que fit Stanley Kubrick de son roman 2001: L'odyssée de l'espace, Arthur C. Clarke est avec Isaac Asimov et Robert Heinlein l'une des figures marquantes de la science-fiction.
    Couverture illustrée par Patrick Mallet.

  • « Alphonse était trop Jeune pour se souvenir de ces choses-là. Pour lui, la Vouivre, ce n'était qu'une légende parmi d'autres. Un de ces croquemîtaines dont ses parents s'étalent servis pour lui faire manger sa soupe, finir ses devoirs ou l'obliger à aller se coucher tôt. Mais Gérard, lui, Il savait. Il savait ce dont elle était capable. Il avait vécu la première attaque. Il avait partagé les angoisses et compté les morts. Il se rappelait des cris entendus dans la nuit ».
    ...des cris qui, une nouvelle fois, retentissent. Et c'est le cauchemar qui recommence. Vingt ans après la première attaque, elle est revenue. Elle est là. La nageuse. La Vouivre. Déjà, la résistance s'organise. Les volontaires prennent les armes. Qui, de la bête ou des hommes, aura le dernier mot?
    Et qui les croira ?
    Aura envie de les croire?
    Gendarmes, pompiers, patron de café, videur de boîte de nuit, Jeunes, vieux, simples habitants de ce village perdu au coeur du Morvan, tous vont devoir s'unir car ils savent, au fond d'eux, que pour sauver leur vie, ils n'ont plus d'autre choix que d'affronter la bête.

    Avec ce roman, Jean-Pierre Favard plonge une nouvelle fois ses lecteurs dans une histoire où se côtoient frayeur et suspense sur fond de croyances populaires. Un récit où la légende peut prendre vie et où la mort vous attend, peut-être, au creux du méandre d'une rivière.

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  • «Tout se passe comme si pour eux chaque arbre était un individu à part entière, un être de chair et de sang.» Les découvertes récentes de la science ont changé notre perception du monde végétal. On le sait désormais, celui-ci est constitué d'êtres capables de réagir en présence de stimulus, de communiquer entre eux, ou de mettre en place des mécanismes de défense sophistiqués face à un prédateur ou un danger. Ces découvertes résonnent avec la vaste prise de conscience écologiste qui ne cesse de gagner du terrain. Dans la nature, le végétal, l'animal et l'humain sont indissociablement liés: tout se côtoie, s'interpénètre, interagit, pour le meilleur et pour le pire. Comme en témoigne cette anthologie où d'étranges floraisons rendent compte de cette nouvelle appréhension du règne végétal. Cette découverte d'un monde encore largement inconnu et riche de possibles insoupçonnés suscite aussi bien l'émerveillement, l'étonnement, l'espoir, que l'angoisse. Polar, fantastique, aventure, science-fiction, suspense, horreur... Dans ce bouquet composé tout spécialement à votre intention, les récits se conjuguent à tous les genres. Philippe Gontier - Mon amie la rose (ill. Philippe et Léo Gontier). Pierre Brulhet - Le Kulu-Néré (ill. Sioxara). Céline Maltère - Sexbruges (ill. Audrey Faury). François Fierobe - Fantaisies botaniques de Mirgance et d'Aiquose (ill. Léo Gontier). Jérôme Sorre - Automne (ill.Okiko). Patrick Mallet - Canopée (ill. Patrick Mallet). Stéphane Mouret - La grande offensive du printemps (ill. Inès Cherraben). Laurent Mantese - L'homme qui se prenait pour un arbre (ill. Ferdinand Springer). Jean-Pierre Favard - Une belle plante (ill. Inès Cherraben). Préface de Jean-Guillaume Lanuque.

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  • Isidore, jeune adolescent intrépide, a découvert par hasard le secret du voyage dans le temps. A peine remis des émotions que lui ont causé son séjour dans la Chine ancienne (Isidore et le premier empereur), le voilà projeté en Egypte, à l'époque des pharaons. Pourtant féru d'Histoire, il va aller de surprise en surprise. Néfertiti et Moïse sont-ils vraiment les personnages que nous croyons connaître? Le mystère de la disparition jamais élucidée d'Akhénaton a-t-elle un lien avec les forces mystérieuses qui permettent à Isidore de voyager dans le temps? Notre jeune ami va finir par comprendre qu'on ne chevauche pas impunément les veines du dragon du temps et que se retrouver mêlé à des évènements historiques implique de grandes responsabilités.
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  • La karna mauzoleo

    Jonas Lenn

    Août 1940. Nicola Giuliani, anarchiste et journaliste, se rend à Mexico, fermement résolu à interviewer Lev Davidovitch Bronstein, alias Trotski. Mais Léon Trotski, victime d'une tentative d'assassinat trois mois plus tôt, se barricade dans son bunker de la rue de Viena, à Coyoacan. Lorsqu'une seconde agression est perpétrée contre le créateur de la IVe Internationale, Giuliani tente de forcer le destin: il rencontre alors un énigmatique biologiste russe qui lui promet une entrevue avec le révolutionnaire.
    Bien que Trotski succombe à ses blessures, le biologiste prétend tenir sa promesse et convie le journaliste à une étonnante chasse dans les canaux de Xochimilco.
    Giuliani a-t-il affaire à un mythomane ou... à un homme capable de vaincre la mort?
    /> Entre histoire parallèle, métempsychose et cryptozoologie, Jonas Lenn compose avec Le Mausolée de chair un hommage sombre et envoûtant à l'univers des pulps.

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  • Les nouvelles qui composent ce recueil ont été écrites entre 1960 et le début des années 2000. Certaines ont paru dans Fiction, Charlie Hebdo, Fluide Glacial. La plupart n'ont jamais été rééditées depuis. Contes surréalistes, fables rurales, micro-nouvelles de SF, pamphlets pacifistes ou écologistes... On songe à Jacques Sternberg, Clifford D. Simak, René Barjavel... Puis à Jean-Pierre Andrevon, tout simplement. Car on suit sans peine dans ce recueil, fruit de quarante ans d'écriture, un fil conducteur irrésistible: aujourd'hui comme hier, l'éternel retour de la bêtise humaine inspire à l'auteur les mêmes sentiments. Sa fiction, plus que jamais, en porte témoignage.

    Né en 1937 à Jallieu dans l'Isère, Jean-Pierre Andrevon a publié plus de 130 romans, recueils ou essais dans des domaines aussi divers que le fantastique, la SF, le polar, la littérature jeunesse ou l'écologie. Chanteur, dessinateur, il vit à Grenoble entouré de ses nombreux chats.

    Extrait:
    «Nous prendrons les meilleurs élèves, les premiers des sections terminales et quelques étudiants en licence parmi les plus doués. Trente en tout, la contenance d'un autocar moyen, auquel on adjoindra une dizaine de filles, choisies également d'après leurs résultats aux examens, et qui occuperont les strapontins. En ce qui concerne l'armement, ils seront dotés en principe de fusils et de carabines des surplus américains. Mais nous leur donnerons aussi quelques grenades offensives, et deux ou trois revolvers pour ceux qui tiendront le rôle d'officiers. L'embuscade se produira un peu en deçà de la Porte d'Italie, à l'endroit des anciennes fortifications...»

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  • Etre assis dans un train qui fonce à travers la nuit constitue une expérience poétique à laquelle les individus les moins romanesques et les moins imaginatifs ne peuvent rester insensibles. Et il suffit parfois de peu de chose pour que cette poésie se teinte d'inquiétude, et même, en certaines circonstances, tourne au malaise ou à l'angoisse. Car dès son apparition, le chemin de fer suscita l'inquiétude. Avec les premiers accidents et les premières catastrophes, cette inquiétude se changea en appréhension et en peur. Aux déraillements, collisions, écrasements s'ajoutèrent bientôt les vols, assassinats, viols et autres agressions commis dans l'univers clos des wagons. Les faits divers sanglants se multiplièrent à la une des journaux et hantèrent l'imagination des voyageurs, donnant naissance à une angoisse particulière, propre au chemin de fer. Cette matière ne pouvait manquer d'inspirer les auteurs: Guy de Maupassant, Marcel Schwob, Jean Lorrain, Maurice Level et Paul Hervieu sont ainsi au sommaire de cette anthologie de 26 textes, aux côtés de ces petits maîtres injustement oubliés de la littérature fantastique que sont notamment Rémy Saint-Maurice, Michel Jules Verne ou Alfred de Sauvenière. Des témoignages authentiques des premières catastrophes de l'histoire ferroviaire viennent compléter ce volume. Une anthologie à lire la nuit... En train, de préférence!

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  • Edouard Ganche (1880-1945), fils d'un médecin de campagne, fut confronté dès son plus jeune âge à la souffrance d'autrui, à la déchéance physique et à la mort. Le décès prématuré de ce père dont il espérait suivre les traces le marqua profondément. Il n'avait alors que 12 ans. L'indignation résignée que lui inspira le lot commun de l'humanité culmina sur le plan littéraire avec Le Livre de la Mort qu'il fit paraître en 1909. Empruntant à l'école décadente ses thèmes et son style, il s'attacha à y brosser de façon poignante un panorama complet et accablant des manifestations de la mort, sous ses aspects les plus anodins comme les plus repoussants. Après des études de médecine interrompues pour raisons de santé, Edouard Ganche se consacra pleinement à sa seconde passion, la musique, et devint le biographe et le musicographe de Frédéric Chopin, acquérant dans ce domaine une réputation internationale. Quelque temps avant d'être emporté à son tour par la mort, Edouard Ganche révisa et compléta ce recueil dont il ambitionnait de faire paraître une édition définitive. Celle qu'il appelait la Triomphatrice éternelle ne lui en laissa pas le temps. Voici enfin réédité, selon les voeux de son auteur, ce livre culte encensé par plusieurs générations de bibliophiles.

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  • Les hommes-fleurs du royaume de Lospar, les arbres à têtes humaines du jardin d'Adompha, les fleurs-sirènes de la planète Votalp, les lianes mutagènes du labyrinthe de Maal Dweb, les hydres végétales d'Andromède...
    Autant de chimères impossibles, de monstres repoussants, troublants ou parfois dangereusement séduisants nés de l'imagination fertile et atypique de l'écrivain californien Clark Ashton Smith (1893-1961), pionnier de la dark fantasy. Qu'ils soient issus des folles manipulations de savants ou de mages, ou fruits d'une nature particulièrement inventive, les inquiétants hybrides que nous décrit Smith réservent en général à ceux qui les croisent un sort peu enviable. En effet, quel que soit l'aspect que ce baudelairien convaincu prête à ses fleurs du mal, celles-ci n'ont rien d'allégorique.

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  • Quatorze destins remarquablement similaires et pourtant subtilement différents. Quatorze destins de femmes emmurées dans la folie d'une mère possessive, protectrice, mais aussi hypocondriaque, dépressive, manipulatrice. Piégées par l'amour létal de cette mère comme par la toile placentaire d'une araignée-matrice -- qui ne feint de les libérer que pour mieux les engluer dans les larmes d'un drame personnel sans cesse renouvelé -- elles n'ont d'autre recours que de s'abstraire dans la passivité, la contemplation intérieure de paysages oniriques, idéaux, féeriques, l'amour d'animaux réels ou le plus souvent imaginaires; refuges dérisoires mais essentiels qui leur font oublier -- pour un temps -- leur destin.

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  • Essai biographique en anglais sur Clark Ashton Smith (1893-1961) poète et nouvelliste californien, connu notamment en France pour ses affinités littéraires avec l'écrivain fantastique américain H.P. Lovecraft.
    Résumé en anglais: Clark Ashton Smith, best known today for his association with H.P. Lovecraft and the Cthulhu Mythos, stands as one of the most fascinating literary and poetical figures of his time. Poet and translator, heir and upholder of the California Romantics, creator of new poetical forms of expression, he was also a major founder of modern fantasy through his notable and original contributions to the pulp magazines of the 1930's. Smith was also a self-taught artist whose paintings, drawings and sculptures reflect the phantasmagoric worlds of his fiction.
    The Sorcerer Departs, first published in 1963, is widely considered not only the first but still the best bio-critical essay on the life and works of Clark Ashton Smith. This newly expanded and revised edition of Donald Sidney-Fryer's classic study not only serves as an excellent introduction to the writings of the Bard of Auburn, but will prove indispensable to every serious scholar of his work.

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  • Nous ne saurons sans doute jamais qui prit la peine de couvrir ces milliers de pages jaunies d'une fine écriture subtilement déformée par l'angoisse et l'amertume. Son intérêt personnel le portait aussi bien vers la philosophie, la littérature, que vers le dessin et la poésie. Le contenu de la malle me l'a prouvé. C'est tout ce que nous savons de lui. C'est tout ce que nous saurons jamais, fort probablement. Des mois que j'ai passés à transcrire, avec l'aide précieuse d'amis traducteurs, les milliers de pages contenues dans la malle de Nihil Messtavic, je garde l'arrière-goût doux-amer d'une gorgée d'arsenic, la brûlure glacée et voluptueuse d'une lame de rasoir trempée dans l'huile de vitriol. Son désespoir est sans retour, sa funeste attirance pour le néant, illimitée. C'est à la découverte de cette pensée hors norme -- hors le monde -- que je vous convie ici, en commençant sciemment par les plus exigeants des écrits de Messtavic, ses aphorismes et pensées. (Vedma Nàdasty, extrait des Notes introductives).

  • L'écrivain américain Howard Phillips Lovecraft (1890-1937) est principalement connu pour sa mythologie originale et sa tératologie foisonnante. Mais, paradoxalement, l'une et l'autre trouvent leur fondement dans l'athéisme.
    Cet athéisme -- Lovecraft s'en explique dans ses essais et sa correspondance -- se fonde sur un matérialisme rigoureux. Comment expliquer, dans ce cas, qu'un auteur si radicalement matérialiste ait pu créer une oeuvre où l'imagination fantastique le dispute à l'onirisme?
    Faut-il voir dans son conservatisme foncier la raison d'une relation ambiguë à la religion de ses pères ? Sans doute cela expliquerait-il qu'il soit, selon ses propres termes, une sorte d'hybride intermédiaire entre le passé et le futur -- archaïque dans ses goûts personnels, ses émotions et ses intérêts, mais d'un tel réalisme scientifique qu'il ne peut être qu'athée...
    À ces questions, Cédric Monget tente d'apporter des réponses qui, pour être celles d'un passionné, ne cachent rien des ambiguïtés du maître de Providence et éclairent sous un jour nouveau les zones d'ombre d'une pensée riche et complexe.

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  • Les formes brèves, poèmes ou contes, peuvent aussi bien s'imposer comme nécessaires, à la minute -- immédiate ou restituée par le souvenir -- où tel son frappe l'oreille, telle image les yeux, telle sensation le toucher, que s'élaborer lentement à partir d'une idée purement abstraite soudain apparue; elles s'accommodent par conséquent de deux modes de perception très distincts, l'un sensitif, à quoi l'intellect ne prête main forte qu'en un second temps, l'autre fonctionnant à données exactement inversées. Aucun exemple ne saurait, probablement, mieux illustrer cela que l'ensemble formé par les Contes de Michel Rullier.

    Michel Rullier est un campagnard que les circonstances de la vie ont exilé dans la capitale française. Récits de temps anciens reçus d'une merveilleuse grand'tante, mots entendus dans les bouches paysannes, saveurs longuement dégustées, odeurs précieusement retenues, scènes inlassablement contemplées, rêves toujours recommencés, ironique fatalité des choses, implacable tendresse des êtres, tout chez lui -- et d'abord son nom -- plonge ses racines dans ce petit coin du sud saintongeais qui l'a vu naître.

    Extrait: «Luc aime beaucoup l'histoire de l'ogre de Gésirac. Il ne se lasserait pas de l'entendre. Et chaque fois, du haut de ses sept ans, qui font déjà de lui un solide bonhomme, il frémit: penser que ce mangeur d'enfants crûs habitait là, tout près, à deux lieues de chez lui, et qu'il aurait pu venir, une nuit... Luc se sent inondé d'une délicieuse terreur, lui qui a sur les petits garçons d'autrefois l'appréciable avantage de vivre en des temps sans alerte. Car les ogres, bien sûr, maintenant, ça n'existe plus...»

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  • Tout va bien. En apparence, du moins. Au début. Mais bien sûr, cela ne dure pas. Cela ne dure jamais. Les apparences sont trompeuses chez Philippe Bastin. La trame du réel ne tarde pas à s'effilocher dans ces huit nouvelles oscillant entre un fantastique oppressant et une anticipation scientifique aux marges de l'horreur. Qu'il se perde dans les brumes d'une Belgique chère à Jean Ray et à Thomas Owen ou qu'il se laisse tenter par les miracles trompeurs d'une science trop sûre d'elle-même, le héros malheureux de ces récits ne tarde pas à comprendre qu'on ne soulève pas sans risque le voile miséricordieux qui recouvre notre réalité.

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  • «Tu ne le savais peut-être pas, mais moi, j'étais déjà là, à l'H.P., à croupir d'ennui dans les flaques des seringues, à gémir dans les éviers, à me répandre dans le clapotis de leur va-et-vient sans consistance, à épier lors de ta première visite, la portée sans envergure de tes moindres gestes. C'est vrai... les grillages de haute sécurité derrière lesquels gémissait la cohorte décervelée des lobotomisés, assis comme des chênes foudroyés sur leurs chaises, les catatoniques, le corps noueux comme un cep à se pisser dessus pour mieux mouiller le lent pourrissement de leur chair immobile, et les vieillards, ah, les vieillards décharnés et séniles, qui de temps en temps hurlaient des obscénités sans ravissement!...» Le jardin des délices relève du fantastique, mais nombre des figures étranges qu'il anime, sont également d'une parenté gémellaire avec celles de Jérôme Bosch. Un récit délétère mais néanmoins poétique à la rencontre des souvenirs obsessionnels de Marc, qui le font divaguer à travers les vieux quartiers d'Annecy; lieux historiquement identifiables, bien que métamorphosés par l'inquiétante étrangeté qui en pervertit et déstructure les repères. L'imaginaire rejoindra le réel, lorsque le magicien -- en référence à celui du panneau central de La tentation de saint Antoine de Lisbonne de Jérôme Bosch -- livrera son secret.

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  • Untel traversait des pays de sel et de feu, de neige et de lave; des déserts miroitants et grisants, des steppes fantomales et des mers de tourmente.
    Il apprenait à vivre au jour le jour, que ce fût sur des cimes de glace ou dans des gouffres de sable; sous des soleils de plomb ou des pluies de déluge.
    Il avançait encore et encore, et toujours plus loin, au travers des marécages glaucescents et tièdes ou des bois calcinés aux branches charbonneuses et sournoises.
    Il ne comptait plus les heures ni les jours, les mois ni les années; il ignorait le Temps. Il ne songeait que très rarement à son âge, à sa vie passée ou à la femme qu'il aimait et qu'il avait pourtant quittée.
    Il allait de l'avant, tout simplement.
    Il allait au bout du monde, à la recherche du Diable.

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  • Les récits - tous teintés à des degrés divers de fantastique - qui composent la série du Club Diogène, ont pour cadre le Paris de la fin du XIXe siècle. Ce qui motive les membres de ce club dans leurs investigations nocturnes, menées en tout bénévolat, c'est avant tout l'ennui, le cynisme et la jobardise. C'est cet improbable mélange de mal de vivre fin-de-siècle et de burlesque qui donne son ton particulier au Club Diogène.
    Chef d'oeuvre, premier volume de la série, met aux prises les membres du club avec un curieux collectionneur dénommé Benjamin Lacurie. Quand certains collectionnent les autographes et d'autres les boutons de culotte, Lacurie semble s'être pris d'une passion irrépressible et quasi-mystique pour... les têtes humaines. Ce sera l'occasion pour le lecteur de faire la connaissance des sept membres du club Diogène, cinq hommes et deux femmes aux caractères tranchés: Vayec, Franklin, Fédor, le Maréchal, d'Orville, Camille et Lison... autant de pseudonymes, car l'identité réelle, l'existence de chacun des membres sont scrupuleusement conservées secrètes.

  • L'écrivain américain Howard Phillips Lovecraft (1890-1937) est, avec Edgar Poe et Ambrose Bierce, l'une des figures marquantes de la littérature fantastique outre-Atlantique. Son oeuvre demeure une référence, sinon un modèle, pour nombre d'écrivains contemporains, et l'intérêt sans cesse renouvelé qu'elle suscite auprès des nouvelles générations de lecteurs dans le monde entier ne laisse pas d'étonner. Pourtant, le thème du double, qui se manifeste comme une caractéristique essentielle du conte fantastique (Le Portrait de Dorian Gray, L'Étudiant de Prague, La mer-veilleuse histoire de Peter Schlemihl) et occupe une place centrale dans l'oeuvre de Lovecraft, n'avait pas fait à ce jour chez cet auteur l'objet d'une étude spécifique et approfondie. C'est désormais chose faite avec Masques dans le miroir de William Schnabel. Dans cet essai, l'universitaire grenoblois, directeur du Groupe d'Études et de Recherches sur le Fantastique, s'attache à analyser à travers différentes approches (littéraire, psychanalytique) les manifestations si particulières de ce thème universel chez l'écrivain de Providence.
    Masques dans le miroir porte non seulement sur les représentations les plus évidentes du double chez Lovecraft (les personnages dédoublés), mais aussi sur la relation intime, toujours manifeste, entre l'auteur et ses narrateurs-protagonistes. Doubles métamorphiques, double oniriques, doubles par possession, doubles gémellaires et doubles monstrueux: les visages du double lovecraftien sont multiples. Les «monstres familiers» de Lovecraft semblent bien faire partie de son cercle intime: contraint de les côtoyer quotidiennement, il les a en quelque sorte apprivoisés. Les différents aspects de l'existence de Lovecraft se reflètent dans ce miroir littéraire en autant d'images filtrées, condensées, déformées ou grossies, véritables métaphores obsessionnelles qui montrent à quel point les monstres lovecraftiens ne sont pas prisonniers de sa fiction: ils reflètent la richesse de sa pensée et les turbulences de son existence.

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