Littérature traduite

  • En route pour une ancienne roseraie du continent, avec dans ses bagages deux ou trois boutures de Rosa candida, Arnljótur part sans le savoir à la rencontre d'Anna et de sa petite fille, là-bas, dans un autre éden, oublié du monde et gardé par un moine cinéphile.

    « Un humour baroque et léger irradie tout au long de cette histoire où rien décidément ne se passe comme il faut, ni comme on s'y attend. » - Anne Crignon, Le Nouvel Observateur.

    « Tant de délicatesse à chaque page confine au miracle de cette Rosa candida, qu'on effeuille en croyant rêver, mais non. Ce livre existe, Auður Ava Ólafsdóttir l'a écrit et il faut le lire. » - Valérie Marin La Meslée, Le Point.


    Roman traduit de l'islandais par Catherine Eyjólfsson

  • ör

    Audur Ava Olafsdóttir

    Se décrivant lui-même comme un « homme de quarante-neuf ans, divorcé, hétérosexuel, sans envergure, qui n'a pas tenu dans ses bras de corps féminin nu - en tout cas pas délibérément - depuis huit ans et cinq mois », Jónas Ebeneser n'a qu'une passion : restaurer, retaper, réparer. Mais le bricoleur est en crise et la crise est profonde. Et guère de réconfort à attendre des trois Guðrún de sa vie - son ex-femme, un joli accident de jeunesse, sa fille, spécialiste volage de l'écosystème des océans, et sa propre mère, ancienne prof de maths à l'esprit égaré, collectionneuse des données chiffrées de toutes les guerres du monde... Doit-il se faire tatouer une aile de rapace sur l'omoplate ou carrément emprunter le fusil de chasse de son voisin pour en finir à la date de son choix ?
    Autant se mettre en route pour un voyage sans retour à destination d'un pays abîmé par la guerre, avec sa caisse à outils pour tout bagage et sa perceuse en bandoulière.
    Ör (« Cicatrices ») est le roman poétique et profond, drôle, délicat, d'un homme qui s'en va - en quête de réparation.

  • Le clou Nouv.

    Le clou

    Zhang Yueran

    La trentaine un peu cabossée, Li Jiaqi et Cheng Gong se retrouvent après des années sans nouvelles. Elle rentre de Pékin où elle était rédactrice de mode ; lui habite encore avec sa tante sur le campus de la Faculté de médecine. C'est là que tout a commencé. Parce que leurs grands-pères - l'un éminent chirurgien, l'autre directeur adjoint de l'hôpital universitaire - s'y sont côtoyés aux heures les plus sombres de la Révolution culturelle... En une fresque incroyablement vivante, peuplée de souvenirs d'enfance, de conflits familiaux et de révélations, ils se racontent leurs vies parallèles et avancent une à une les pièces manquantes du drame.

  • Observation des moeurs et méditation mystique, discours mondain et vocabulaire religieux, réflexion sur les rapports humains et introspection, respect de la raison comme des élans du coeur participent chez Hong Zicheng d'une philosophie issue de la fin de la dynastie des Ming. On retrouve ainsi dans ses Propos sur la racine des légumes un idéal de liberté qui n'exclut pas la quête d'une maîtrise de soi, une adhésion à la nature aussi bien qu'un art de vivre en société. Par leur richesse et leur originalité, ces maximes parues en Chine au début du XVIIe siècle portent à un très haut degré de raffinement l'une des traditions de l'écriture chinoise. Elles sont la quintessence même de l'art lettré. Un viatique pour la sérénité.

  • Roman écrit à la première personne, celle d'un narrateur penché sur son passé, Un jour avant Pâques raconte la vie d'une famille arménienne en Iran. Trois délectables sagas de la mémoire s'enchaînent, ou plutôt trois périodes de la vie du narrateur, et toujours à la veille de Pâques, fête des oeufs peints et de la Résurrection. Enfant particulièrement sensible et délicat, le narrateur se souvient des conflits multiples qui émaillaient sa vie d'écolier : les disputes entre ses père et mère comme les chamailleries entre voisins. En compagnie de Tahereh, fillette remuante et spirituelle, le narrateur enfant découvre les prodiges minuscules de l'univers, comme la visite d'une coccinelle ou d'un rayon de soleil. Tahereh n'est autre que la fille du concierge musulman. Acceptée dans l'école arménienne, elle se révèle une excellente élève. Leur amitié d'enfants s'épanouit, miraculeuse, sous l'oeil ombrageux des vieux. La deuxième veille de Pâques voit notre narrateur rattrapé par le temps : désormais directeur d'école, marié et père de famille, il tente de dissuader Alenouche, sa fille, d'épouser le jeune musulman d'origine turque dont elle est éprise. L'histoire de Danik, sa collaboratrice appréciée à la direction de l'école, fait écho au drame familial : arménienne de Tabriz, elle a été rejetée de son village à cause d'un flirt avec un musulman. Plus tard, et c'est le troisième volet de ce roman de la mémoire juste, son épouse meurt de chagrin et il ne pourra s'empêcher de reprocher à sa fille cette rupture des traditions, cause apparente de tous les malheurs. Cependant c'est avec Danik qu'il passera les Pâques et apprendra à pardonner sa propre fille.

  • Il arrive rarement qu'un déluge fasse de l'ombre à une éclipse solaire. Il n'empêche, cette année-là, par un curieux concours de circonstances, Beevi, vieille dame fantasque, volontiers revêche, terriblement attachante, hérite d'une grande demeure et adopte Mary Anne, débarquée de son orphelinat. Aidée de Mary Anne et de l'extravagante Miss Boonsidik, Beevi reconvertit la bâtisse - quatre tourelles, dix toilettes, des bibelots à foison et un jardin extraordinaire - en bed & breakfast pour touristes égarés...
    Le tout livré en alternance et avec force commentaires par la facétieuse Mary Anne et par Auyong, l'ami fidèle, vieux directeur de la conserverie de litchis, qui coulerait des jours paisibles s'il ne devenait l'instigateur héroïque d'une gay pride locale.
    La Somme de nos folies est la chronique absolument tendre, libre, drôle, profonde, incisive, d'un petit monde presque sans histoire quelque part en Malaisie, aujourd'hui. Une somme de folies très humaines, comme un concentré de vie, dans ce qu'elle offre de plus lumineux.

  • « C'était la seule à Nyala et sans doute même dans tout le Soudan à s'appeler Abderahman. » Avec son prénom d'homme et sa cicatrice à la joue, terrible signe de beauté, Abderahman est la fille de fortune de tante Kharifiyya, sans enfant et le coeur grand, qui l'a recueillie en lui demandant de ne plus jamais parler de la guerre. De la guerre, pourtant, Abderahman sait tout, absolument tout.
    C'est un jour de marché qu'elle rencontre Shikiri, enrôlé de force dans l'armée avec son ami Ibrahim. Ni une, ni deux, Abderahman en fait joyeusement son mari. Et lui demande de l'aider à se venger des terribles milices janjawids en en tuant au moins dix.
    Formidable épopée d'une amazone de circonstance dans un monde en plein chaos, le Messie du Darfour est une histoire d'aventure et de guerre, une histoire d'amitié et de vengeance qui donne la part belle à l'humour et à la magie du roman.

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  • épépé

    Ferenc Karinthy

    Budaï, brillant étymologiste hongrois, se rend à Helsinki pour un congrès de linguistique lorsque son avion atterrit inexplicablement dans une mégalopole inconnue. Impossible pour Budaï d'en sortir ou d'en saisir l'énigmatique langage, lui qui maîtrise pourtant plusieurs dizaines d'idiomes. Prisonnier de cette ville qui le harponne autant qu'elle nie son existence, Budaï fait la fort heureuse rencontre d'Épépé - si tant est que tel soit son prénom ! -, une douce liftière auprès de laquelle il tente désespérément de comprendre ce monde cauchemardesque et indéchiffrable. où survivre, quand on est étranger, devient une épopée infernale.

  • Entre septembre et novembre 1965, Buenos Aires et Montevideo sont le théâtre
    d'un spectaculaire braquage de banque. Ce fait divers défraye alors la
    chronique... « Mon premier lien avec l'histoire que ce livre raconte (comme
    c'est le cas chaque fois que les événements ne sont pas de la fiction) est le
    fruit du hasard. Un soir de mars ou d'avril 1966, dans un train qui allait vers
    la Bolivie, je fis la connaissance de Blanca Galeano que les journaux
    appelaient "la concubine" du voyou nommé Mereles. Elle avait seize ans mais
    avait l'air d'une femme de trente ans et elle fuyait. Elle me raconta une
    histoire très étrange que je crus à moitié (...) Durant les longues heures de
    ce voyage qui dura deux jours, elle me raconta qu'elle venait de sortir de
    prison, qu'elle avait fait six mois pour association de malfaiteurs avec les
    voleurs de la banque de San Fernando et qu'elle s'exilait à La Paz. (...) - Il
    y avait environ trois cents flics et eux, ils ont tenu bon enfermés là et
    personne n'a pu les en sortir, disait la Petite avec des mots prononcés sur un
    ton hostile, comme le sont souvent les mots dont on se sert pour raconter une
    défaite. (...) Elle me parla des Jumeaux, de Bébé Brignone, du Gaucho Dorda, de
    Malito et de Bazán le Bancal. Et moi je l'écoutai comme si je m'étais trouvé en
    présence de la version argentine d'une tragédie grecque. » Ricardo Piglia À la
    manière d'un Truman Capote ou d'un William Faulkner, Piglia renouvelle ici de
    manière magistrale le roman noir argentin. Ricardo Piglia est né en 1940 dans
    la province de Buenos Aires. D'abord auteur de nouvelles avec l'Invasion
    (1967), il est dès son premier roman, Respiration artificielle, reconnu comme
    une figure majeure de la littérature argentine contemporaine. Couronnée par de
    nombreux prix, son oeuvre est déjà largement traduite. La Ville absente est paru
    pour la première fois en français aux éditions Zulma en septembre 2009. Paru à
    Buenos Aires en 1997,  Argent brûlé a été récompensé par le Prix Planeta. Il a
    été porté à l'écran en 2001, sous le titre Vies brûlées, par le réalisateur
    Marcelo Piñeyro. Traduit de l'espagnol (Argentine) par François-Michel Durazzo
    Nouvelle traduction

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  • « Mon neveu Marteinn est venu me chercher à la maison de retraite. Je vais passer le plus clair de l'été dans une chambre avec vue plongeante sur la ferme que vous habitiez jadis, Hallgrímur et toi. » Ainsi commence la réponse - combien tardive - de Bjarni Gíslason de Kolkustadir à sa chère Helga, la seule femme qu'il aima, aussi brièvement qu'ardemment, d'un amour impossible.
    Et c'est tout un monde qui se ravive : entre son élevage de moutons, les pêches solitaires et sa charge de contrôleur du fourrage, on découvre l'âpre existence qui fut la sienne tout au long d'un monologue saisissant de vigueur. Car Bjarni Gíslason de Kolkustadir est un homme simple, taillé dans la lave, pétri de poésie et d'attention émerveillée à la nature sauvage.
    Ce beau et puissant roman se lit d'une traite, tant on est troublé par l'étrange confession amoureuse d'un éleveur de brebis islandais, d'un homme qui s'est lui-même spolié de l'amour de sa vie.

  • Au nord du Mexique, sur la frontière, la ville d'El Edén vit au rythme des guérillas entre narcotrafiquants. Racket, embuscades, exécutions et mises en scène macabres. Un soir, tout dégénère. Dans le dédale des rues incendiées et des barrages de pick-up, Darío se lance à la recherche de son petit frère de l'autre côté de la ville...

    Huit ans plus tard, dans la pénombre d'un bar de Monterrey aux relents chargés d'alcool et de désirs perdus, Darío croise son ancien prof de lettres, exilé comme lui. D'une traite, ils se remémorent la nuit où tout a basculé - la violence aveugle, les rêves brisés, et surtout Norma, la fille dont Darío a toujours été fou amoureux.

    Avec ce roman noir d'un réalisme foudroyant, Parra dresse le portrait d'un Mexique terrifiant de noirceur. Implacable et brillant.

  • Islande, 1963 - cent quatre-vingt mille habitants à peine, un prix Nobel de littérature, une base américaine, deux avions transatlantiques, voilà pour le décor. Hekla, vingt et un ans, emballe quelques affaires, sa machine à écrire, laisse derrière elle la ferme de ses parents et prend le car pour Reykjavík avec quatre manuscrits au fond de sa valise. Il est temps pour elle d'accomplir son destin : elle sera écrivain.
    Sauf qu'à la capitale, on lui conseille de tenter sa chance à l'élection de Miss Islande au lieu de perdre son temps à noircir du papier. Entre deux petits boulots, Hekla se réfugie chez Ísey, amie d'enfance convertie en mère de famille par un amour de vacances. Ou auprès de Jón John, fils illégitime d'un soldat américain qui rêve de quitter son île pour vivre de stylisme et de l'amour d'un autre homme...
    Avec la sensibilité, l'humour et la délicatesse qui lui sont si personnels, Auður Ava Ólafsdóttir interroge dans son sixième roman la relation de deux pionniers qui ne tiennent pas dans les cases, prisonniers d'un monde lilliputien et conservateur. Miss Islande est un magnifique roman sur la liberté, la création et l'accomplissement.

  • Souvent aux beaux jours, Ágústína grimpe sur les hauteurs du village pour s'allonger dans le carré de rhubarbe sauvage, à méditer sur Dieu, la beauté des nombres, le chaos du monde et ses jambes de coton. C'est là, dit- on, qu'elle fut conçue, avant d'être confiée aux bons soins de la chère Nína, experte en confiture de rhubarbe, boudin de mouton et autres délices.
    Singulière, arrogante et tendre, Ágústína ignore avec une dignité de chat les contingences de la vie, collectionne les lettres de sa mère partie aux antipodes à la poursuite des oiseaux migrateurs, chante en solo dans un groupe de rock et se découvre ange ou sirène sous le regard amoureux de Salómon. Mais Ágústína fomente elle aussi un grand voyage : l'ascension de la « Montagne », huit cent quarante-quatre mètres dont elle compte bien venir à bout, armée de ses béquilles, pour enfin contempler le monde, vu d'en haut...

    « On est tout de suite dans le sillage de l'auteur qui avec une grâce quasi sur- naturelle nous prend par la main pour nous raconter l'histoire d'Ágústína. » Bernard Babkine, Marie France Tout premier roman d'Auður Ava Ólafsdóttir enfin traduit en français, Le rouge vif de la rhubarbe éclaire à merveille l'oeuvre de la grande romancière islandaise. Car il s'agit bien de merveilleux chez elle. Pourtant, c'est à la vie ordinaire qu'elle s'attache, sur cette île noire aux paysages crépusculaires, celle de personnages hors normes qui affrontent leur destinée avec une singulière drôlerie et une grâce incomparable. Car il y a toujours une embellie dans les nuits polaires d'Auður Ava Ólafsdóttir.
    Après Rosa candida, inoubliable découverte, Le rouge vif de la rhubarbe paraît aussi dans notre collection de poche Z/a.

  • En ce ténébreux mois de novembre, la narratrice voit son mari la quitter sans préavis et sa meilleure amie lui confier son fils de quatre ans. Qu'à cela ne tienne, elle partira pour un tour de son île noire, seule avec Tumi, étrange petit bonhomme, presque sourd, avec de grosses loupes en guise de lunettes.


    Avec un humour fantasque et une drôlerie décapante, l'Embellie ne cesse de nous enchanter par cette relation cocasse, de plus en plus attentive, émouvante entre la voyageuse et son minuscule passager. Ainsi que par sa façon incroyablement libre et allègre de prendre les fugaces, burlesques et parfois dramatiques péripéties de la vie, et de la vie amoureuse, sur fond de blessure originelle.
    /> Et l'on se glisse dans l'Embellie avec le même bonheur immense que dans Rosa candida, en une sorte d'exultation complice qui ne nous quitte plus.

  • « Janie avait seize ans. Un feuillage vernissé et des bourgeons tout près d'éclore et le désir de prendre à bras-le-corps la vie, mais la vie semblait se dérober. Où donc étaient-elles, ses abeilles chanteuses à elle ? Rien dehors ni dans la maison de grandmaa ne lui répondait. Du haut des marches elle scruta le monde aussi loin qu'elle put, et puis elle descendit jusqu'à la barrière et s'y pencha pour contempler la route de droite et de gauche. Guettant, attendant, le souffle écourté par l'impatience. Attendant que le monde vienne à se faire. » Il ne lui faudra pas moins de trois mariages et trois vies - le vieux Logan Killicks et ses sentiments trop frustes, le fringant Joe Starks et ses ambitions politiques dévorantes, puis la promesse d'égalité, l'étreinte d'amour et le frisson extatique qu'incarne Tea Cake - pour atteindre toute la mesure de son rêve d'émancipation et de liberté. Portrait d'une femme entière, animée par la force de son innocence pour braver la rumeur du monde et se révéler à l'existence, Mais leurs yeux dardaient sur Dieu est un chef-d'oeuvre - et l'un des tout premiers romans écrits par une femme afro-américaine. Un monument de la littérature, aussi percutant aujourd'hui que lors de sa parution aux États-Unis en 1937. À découvrir ou redécouvrir dans une traduction inédite magistrale.

  • « Je me suis levé de table et je me suis mis à danser la gigue : Papa a éclaté de rire, et j'aime l'entendre rire comme ça - comme un type qui écrit, qui a faim et qui est complètement fou. » Voici l'histoire d'un enfant de dix ans et de son père dans les années cinquante à Malibu - deux écrivains, l'un en herbe, l'autre qui, pour faire bouillir la marmite, hésite entre écrire un livre de recettes et une pièce de théâtre. Le père et le fils font la cuisine avec trois fois rien - l'inénarrable Riz de l'Écrivain -, courent sur la plage, se racontent des histoires et rêvent au son du phono, l'un d'être le premier à marcher sur la Lune, l'autre de ne vivre que pour écrire.
    L'air de rien, leur histoire pleine d'histoires est d'abord celle d'une transmission, où un père, le fameux Papa, trouve toujours la plus belle réponse à tout et l'offre à son fils, sur le sens de la vie, la joie d'être au monde et, plus que tout, la passion de l'écriture.

  • Otto et Ada partagent depuis un demi-siècle une maison jaune perchée sur une colline et une égale passion pour le chou-fleur à la milanaise, le ping-pong et les documentaires animaliers. Ada participe intensément à la vie du voisinage, microcosme baroque et réjouissant.
    Quant à Otto, lecteur passionné de romans noirs, il combat ses insomnies à grandes gorgées de tisane tout en soupçonnant qu'on lui cache quelque chose...
    Cette machine à fiction pleine de fantaisie et de malice, au tour inattendu d'intrigue policière, pétille d'une énergie contagieuse et d'un charme fou.

  • Cambridge, de nos jours. Oscar est un jeune homme vif, plutôt équilibré, qui s'est coupé de toute ambition pour échapper à l'emprise familiale. Au détour d'une allée de l'imposant campus, il est irrésistiblement attiré par la puissance de l'orgue et des chants provenant d'une chapelle. Subjugué malgré lui, Oscar ne peut maîtriser un sentiment d'extase. Premier rouage de l'engrenage. Dans l'assemblée, une jeune femme attire son attention. Elle s'appelle Iris, elle est étudiante en médecine, et affiche la spontanéité et la grâce indolente des filles bien nées qui se savent irrésistibles. Elle n'est autre que la soeur de l'organiste virtuose, Eden Bellwether, dont la passion exclusive pour la musique baroque s'accompagne d'étranges conceptions sur son usage hypnotique...
    Bientôt intégré au petit groupe qui gravite autour d'Eden et Iris, mais de plus en plus perturbé par ce qui se trame dans la chapelle des Bellwether, Oscar en appelle à Herbert Crest, spécialiste incontesté des troubles de la personnalité. De manière inexorable, le célèbre professeur et l'étudiant manipulateur, qui prétend pouvoir le guérir de sa tumeur au cerveau, vont s'affronter dans une partie d'échecs en forme de duel, où chaque pièce avancée met en jeu l'équilibre mental de l'un et l'espérance de survie de l'autre.

  • Le clan Knudsen règne depuis plus de deux siècles sur Tangavík - petit port de pêche battu par les vents ou fief d'armateurs, question de point de vue.
    Chez les Knudsen, on est potentiellement marin de père en fils, sauf à faire carrière à la caisse d'épargne. On compte dans la famille de grands hommes, des hôtesses de l'air et de gentils simplets. Ils ont été ministres, bandits, avo- cats, ivrognes patentés et parfois tout cela en même temps. Les Knudsen ont bâti des empires et les ont perdus avec le même panache. Ils ont monté des conserveries de harengs, composé des symphonies, roulé en belle américaine et sacrément magouillé. Ils ont été portés au pinacle et mis au pilori. Toujours persuadés, de génération en génération, d'être les rois d'Islande.
    L'histoire mirifique des Knudsen, de ses représentants et de tous ceux qui passaient par là est, on l'aura compris, un tourbillon de portraits hautement réjouissants - la saga contemporaine d'une famille exubérante et totalement déjantée.
    Les Rois d'Islande est un tour de force romanesque doublé d'une satire incisive de la société et de la politique à l'islandaise. Et c'est un chef-d'oeuvre.

  • Alors que l'Amazonie ne compte plus que quelques hectares brûlants comme l'enfer, et qu'une mission spatiale chinoise doit rejoindre Mars, l'énigmatique Boaventura cherche à sauver les cinquante derniers Indiens kaajapukugi.
    C'est au Mexique, en territoire mazatèque, que ces anarchistes avant l'heure trouvent asile, avec une ultime provision de tinsáanhán, la poudre de hanneton grâce à laquelle ils accèdent aux mondes supérieurs. Mais le vieux Boaventura, qui doit les accueillir, est soudain rattrapé par son passé sulfureux et meurt dans de mystérieuses circonstances à la veille de l'arrivée des Kaajapukugi...
    Extraordinaire immersion dans un univers luxuriant et fascinant, La Mort et le Météore mêle avec panache roman d'aventures survolté, polar haletant pimenté d'une audacieuse pointe de science-fiction et récit déjanté.

  • « Les dictatures donnent souvent naissance à d'excellentes littératures. C'est un paradoxe réjouissant, auquel l'Indonésie n'a pas échappé. Comme l'Albanie l'a fait avec Kadaré, ou la Russie avec Soljenitsyne, elle s'est acharnée contre son écrivain le plus prometteur, Pramoedya Ananta Toer, et celui-ci, de son côté, s'est escrimé à ne jamais baisser la garde. Il a fini par gagner la partie [...].
    Voici, avec Le Monde des hommes, le premier volet d'une tétralogie que «Pram», chaque nuit, racontait à ses compagnons de détention sur l'île de Buru. Son héros, Minke, est un jeune Javanais né en 1880, qui a la chance d'être éduqué sur les bancs de l'école coloniale hollandaise.
    Cultivé, fasciné par l'Occident, il se nourrit de Thomas d'Aquin et de Swift, chérit la reine Wilhelmine, mais reste un «indigène» aux yeux bridés. [...] Le Monde des hommes est un roman politique dans lequel se glisse une intrigue sentimentale vouée au fiasco, parce que Minke a osé épouser une Hollandaise au mépris des conventions racistes qui, au début du siècle, soumettaient l'Indonésie à un odieux apartheid. Colonialisme, haine, discrimination : autant de spectres que «Pram» combat, la rage au coeur. Son oeuvre est une thérapie collective, un plaidoyer pour la dignité d'un archipel dont il ne cesse, de livre en livre, de retracer le long calvaire. » André Clavel, Le Temps.

  • Clarisse et d'une simplicité de coeur qui la rend spontanément attachante. Autour de cette héroïne malgré elle gravite tout un petit monde : un mari ingénieur, deux adorables et malicieuses jumelles, Armen, le fils vénéré en pleine crise d'adolescence, une soeur à marier un peu revêche, et la vieille mère qui règne sur la maisonnée, dans le quartier arménien d'Abadan. Pourtant la très modeste Clarisse va bientôt révéler sa nature de personnage tchekhovien quand de nouveaux voisins viennent bouleverser l'équilibre affectif de notre femme invisible...

  • [ Buru Quartet ] C'est une longue et belle histoire que Pram racontait à ses compagnons de détention au bagne de Buru, une histoire aventureuse et romanesque qui nous emmène à Surabaya en Indonésie au tournant du xx e siècle. En voici le deuxième volet.
    [ Autant en emporte le vent ] Minke appartient à une élite javanaise tolérée par l'administration hollandaise qui tient l'Indonésie sous sa coupe intraitable.
    Mais à peine vient-il d'épouser Annelies, la fille d'un Hollandais et d'Ontoso- roh, qu'elle lui est enlevée et ramenée en Europe. Face aux rouages bien rodés de la domination coloniale, Minke et Ontosoroh sont désormais indéfecti- blement liés. Leur combat n'en est qu'à ses débuts.
    [ Les Raisins de la colère ] Mais c'est un combat qui se joue à l'échelle de la nation. En découvrant l'histoire de Surati, qui s'est volontairement défigurée pour échapper aux griffes du directeur hollandais de la sucrerie, ou celle de Trunodongso, un paysan exproprié déterminé à ne pas se laisser faire, Minke se décide à prendre la plume pour écrire au nom de son peuple.
    On entre dans cette oeuvre pour ne plus en ressortir, sinon heureux d'avoir intimement perçu, à travers la conscience en éveil d'un homme singulier, la comédie humaine à la mesure des peuples et du monde moderne.

  • Dans le vacarme ordinaire d'un réveillon à Reykjavík, entre feux d'artifice et bouchons de champagne, Maria n'entend rien de ce que Floki, son mari, lui annonce. Grave décision longtemps mûrie : il la quitte pour un autre. Car la personne qu'il aime n'est autre que son collègue à l'Institut de recherche mathématique où ils mènent tous deux des investigations sur la théorie du chaos. Jusqu'à cette heure précise, Maria était encore une jeune femme rayonnante, flanquée d'adorables jumeaux, dans l'impeccable félicité de sa petite famille.
    Passé la stupeur et le désarroi commence pour la narratrice l'enchaînement quasi inéluctable des états psychologiques liés à la séparation. Mais dans la nuit de l'hiver polaire, Perla est là, charitable voisine d'à peine un mètre vingt, co-auteur de romans policiers et conseillère conjugale. Comme les lutins des sagas, Perla surgit à tout moment de son appartement de l'entresol pour secourir fort à propos la belle géante délaissée, dont les mésaventures répondent étrangement au traité sur le bonheur matrimonial qu'elle est en train d'écrire...

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