Zulma

  • ör

    Audur Ava Olafsdóttir

    Jónas Ebeneser, quarante-neuf ans, divorcé, n'a qu'une passion : restaurer, retaper, réparer. Mais le bricoleur connaît une crise profonde. Sans plus de réconfort à attendre des trois Guðrún de sa vie - son ex-femme, sa fille, et sa propre mère -, il décide de se mettre en route à destination d'un pays abîmé par la guerre, avec sa perceuse en bandoulière et sa caisse à outils pour tout bagage...

  • La part des chiens

    Marcus Malte

    Zodiak a remué ciel et terre. 927 jours que Sonia a disparu. 927 jours qu'il la recherche. Zodiak, oracle mutique d'un cirque ambulant, a les constellations tatouées sur le corps, et un trou à la place du coeur depuis que sa funambule est partie. Le voilà débarqué dans une ville-cauchemar flanqué de Roman, son butor, à écumer les bars et les bouges désaffectés. À côtoyer les marginaux des bas-fonds, tandis que les chiens de garde veillent depuis les hauteurs sur les jeux macabres des nantis salement retranchés dans leurs villas...
    Road-trip aux portes de l'enfer, La Part des chiens est un roman noir à couper le souffle. Une traversée des ténèbres en quête d'absolu.

  • D'une beauté et d'une fraîcheur absolue, cet éloge de la simplicité est une invitation à renouer avec la racine des êtres et des choses. En explorant les élans du coeur et de la raison, la nature et la société humaine, Hong Zicheng nous en révèle la face cachée avec une éblouissante concision. On médite, on sourit, on s'y retrouve et on y revient, tant la justesse, la saveur, le charme et le piquant de ses images incitent à cultiver l'art d'être soi et d'être au monde.
    Écrits à la fin de la dynastie Ming, les Propos de Hong Zicheng portent un idéal de liberté et d'harmonie à un très haut degré de raffinement.

  • Cette année-là, entre un déluge et une éclipse solaire, l'impétueuse Beevi hérite d'une grande demeure et adopte Mary Anne, débarquée sans crier gare de son orphelinat. Aidée de l'extravagante Miss Boonsidik, Beevi reconvertit la bâtisse - quatre tourelles, dix toilettes, des bibelots à foison et un jardin extraordinaire - en bed & breakfast pour touristes égarés... Une chronique absolument tendre, libre, drôle et incisive, d'un petit monde quelque part en Malaisie, aujourd'hui.

  • Violoniste virtuose, Hochéa Meintzel accepte l'invitation d'un festival de musique carnatique à Chennai, en Inde du Sud. Blessé dans sa chair par un attentat, c'est avec l'intention de ne plus revenir qu'il quitte Jérusalem.
    Après une équipée cahotante qui le mène de Pondichéry à la côte de Malabar, il trouve refuge à Fort Cochin, un soir de tempête, au sein de l'antique synagogue bleue. En un tour de force romanesque, Premières neiges sur Pondichéry nous plonge dans un univers sensoriel extrême, exubérant, heurté, entêtant, à travers le prisme d'un homme qui porte en lui toutes les musiques du monde, et accueille l'inexorable beauté de tous ses sens.

  • « C'était la seule à Nyala et sans doute même dans tout le Soudan à s'appeler Abderahman. » Avec son prénom d'homme et sa cicatrice à la joue, terrible signe de beauté, Abderahman est la fille de fortune de tante Kharifiyya, sans enfant et le coeur grand, qui l'a recueillie en lui demandant de ne plus jamais parler de la guerre. De la guerre, pourtant, Abderahman sait tout, absolument tout.
    C'est un jour de marché qu'elle rencontre Shikiri, enrôlé de force dans l'armée avec son ami Ibrahim. Ni une, ni deux, Abderahman en fait joyeusement son mari. Et lui demande de l'aider à se venger des terribles milices janjawids en en tuant au moins dix.
    Formidable épopée d'une amazone de circonstance dans un monde en plein chaos, Le Messie du Darfour est une histoire d'aventure et de guerre, une histoire d'amitié et de vengeance qui donne la part belle à l'humour et à la magie du roman.

  • Argent brûlé

    Ricardo Piglia

    Buenos Aires, mercredi 27 septembre 1965, 15 h 11. Une voiture lancée à toute allure bloque un convoi de fonds. Beretta au poing, Bébé Brignone et le Gaucho Dorda mitraillent le fourgon, s'emparent du magot et laissent trois flics à terre. La cavale commence, de planque en planque... jusque dans la souricière tendue à Montevideo par l'inspecteur Silva. Assiégée mais décidée à résister jusqu'au bout, l'improbable bande de forcenés défie en une nuit tous les jeux de pouvoir - et ses propres démons.
    Argent brûlé élève le « casse du siècle » argentin au rang de mythe. Un roman halluciné, sur fond d'agitation péroniste et de corruption, aussi étourdissant qu'inoubliable.

  • Manger l'autre

    Ananda Devi

    Une adolescente, née obèse, vit recluse dans sa chambre. Le regard des autres et le harcèlement dont elle est victime ont eu raison de sa scolarité. Sa mère l'a abandonnée, incapable de faire face à son appétit monstrueux. Son père, convaincu qu'elle a dévoré sa soeur jumelle in utero, cuisine jour et nuit pour « ses filles ». Par le plus grand des hasards, elle rencontre l'amour. Mais la société du paraître et les réseaux sociaux ne sauraient tolérer un tel écart...

    Fable rabelaisienne, Manger l'autre décrit sans pitié, mais non sans humour, la tyrannie de la minceur et le retour de la « mise à mort publique ». Un conte cannibale d'une sensualité bouleversante.

  • Parfois certains livres traversent des décennies, et paraissent avoir sombré dans l'oubli. C'est l'un d'eux, à la reliure de maroquin rouge, qui tombe entre les mains d'Adam. À peine tourne-t-il ses pages qu'il est fasciné par les jardins merveilleux, la villa majestueuse et l'atmosphère enivrante du grand parc et de son kiosque à musique.
    Adam se laisse emporter par la magie de cet univers et son imaginaire, tout en s'étonnant de l'absence de personnages. Peu à peu, quelques-uns apparaissent, et Adam s'éprend passionnément de Iéléna. Il n'a plus qu'une hâte, y retourner, la retrouver sous les rosiers de la pergola. Mais l'a-t-elle seulement reconnu ? Car lui sait que Iéléna n'est autre que la jeune fille au chapeau cloche de la bibliothèque... dans la vie réelle.
    Il comprend alors que les personnages du roman sont les autres lecteurs, et qu'ils s'y croisent pour peu qu'ils lisent le même passage en même temps. Il devient dès lors aisé de s'y donner rendez-vous. Mais Adam ne saurait s'en contenter, et n'a de cesse de vouloir transposer son bonheur dans la réalité...
    Le roman culte de tous les amoureux de la lecture, une ode au pouvoir de la littérature, somptueuse et libératrice.

  • Héritier de la liberté et du combat de ses pères, tous républicains et résistants, Serge Pey nous offre un fabuleux kaléidoscope d'histoires vraies - la tragédie toujours au bord du fou rire et des larmes se laisse emporter par les jeux éternels de l'enfance. Une femme invente un code secret en étendant le linge, un bijoutier fabrique des broches avec des scarabées, des petits resquilleurs déchiffrent à l'envers les sous-titres du cinéma en plein air, des réfugiés de retour sur une plage pour les vacances viennent creuser nuit après nuit à la recherche d'un trésor mythique...
    Avec un ton unique dans l'art du récit, ces histoires à couper le souffle dévoilent leur beauté immédiate et brutale, leur univers charnel, réaliste et enchanté. Rarement une écriture aura rendu avec une telle intensité la mémoire à la vie.

  • Amour, colère et folie Nouv.

    « Parler de Marie Chauvet, c'est parler d'un seul livre, mais quel livre ! Son roman Amour, Colère et Folie est devenu avec le temps le grand roman des années noires de la dictature de Duvalier, communément appelé Papa Doc. L'histoire du livre est en elle-même une simple tragédie. Marie Chauvet vient de la bonne bourgeoisie de Port-au-Prince. Elle fait partie d'un groupe littéraire dans le vent, elle écrit, enfin elle mène une vie à la fois intellectuelle et mondaine sous une dictature déjà sanglante. [...] Personne dans son entourage ne semblait avoir pris la mesure du manuscrit qui s'est révélé être une déconstruction en règle de la dictature.
    Un texte crépitant d'intelligence, précis et violent. [...] François Duvalier [serait] entré dans une folle fureur, ce qui mettrait l'auteur et sa famille en grand danger. Le mari de Chauvet fait disparaître tout le stock dans un ultime effort pour calmer le Moloch...
    Voilà que quarante-six ans après qu'on l'a réduite au silence, la voix claire et pure de cette romancière lucide et indomptable refait surface. Une dernière chance pour entendre son chant. » Dany Laferrière

  • Comme chaque année depuis vingt-sept ans, début décembre, Benedikt part avec ses deux fidèles compagnons (son chien et son bélier), pour ramener les moutons égarés avant que l'hiver ne s'abatte pour de bon sur les terres d'Islande.
    Le berger, Roc le bélier et Leo le chien se mettent en chemin, toujours plus loin, de refuge en abri de fortune, dans la neige et la nuit, sur des chemins de montagne, dans ce royaume de neige où la terre et le ciel se confondent, avec pour seuls guides quelques rochers et le ciel étoilé. En égaux ils partagent la couche et les vivres.
    Mais cette année, le blizzard furieux les prend en embuscade, lui qui vous aveugle, vous lacère et vous coupe le souffle. Ce qui compte avant tout pour ces trois arpenteurs d'Islande au coeur simple, ce sont les brebis égarées qu'il faut ramener au bercail...
    Le Berger de l'Avent est une histoire simple et belle qui nous parle de l'Islande, de sa rudesse somptueuse et de ceux qui y vivent. Elle nous parle aussi magnifiquement de détermination et de solidarité. C'est un trésor de la littérature universelle.

  • Sorcière pour les uns, sainte pour les autres, elle seule sait encore lire, écrire, fabriquer de l'encre et du papier, et on vient de loin pour obtenir d'elle une lettre. Dans une Amérique balayée par d'étranges fièvres, des hordes de mercenaires et les Indésirables, elle a su garder sa ferme, fidèle à la mémoire de sa soeur. Mais l'arrivée de Mr Hendricks met fin à ce fragile équilibre. Son étrange magnétisme libère en elle tous les fantômes, l'entraînant dans un voyage bien au-delà de la rivière de Blackwater, sur les terres du tout-puissant Billy Kingery...
    Les Soeurs de Blackwater est une ode magistrale et envoûtante au pouvoir des mots - seule arme et seul remède dans le monde dystopique d'Alyson Hagy.

  • Otto et Ada partagent depuis un demi-siècle une maison jaune perchée sur une colline et une égale passion pour le chou-fleur à la milanaise, le ping-pong et les documentaires animaliers. Ada participe intensément à la vie du voisinage, microcosme baroque et réjouissant. Quant à Otto, lecteur passionné de romans noirs, il combat ses insomnies à grandes gorgées de tisane tout en soupçonnant qu'on lui cache quelque chose...
    Cette machine à fiction pleine de fantaisie et de malice, au tour inattendu d'intrigue policière, pétille d'une énergie contagieuse et d'un charme fou.

  • « Je me suis levé de table et je me suis mis à danser la gigue : Papa a éclaté de rire, et j'aime l'entendre rire comme ça - comme un type qui écrit, qui a faim et qui est complètement fou. ».
    Voici l'histoire de Pete, dix ans, et de son père dans les années cinquante à Malibu - deux écrivains, l'un en herbe, l'autre qui pour faire bouillir la marmite hésite entre un livre de recettes et une pièce de théâtre. Ils courent sur la plage, font la cuisine avec trois fois rien - l'inénarrable Riz de l'Écrivain -, se racontent des histoires et rêvent au son du phono. Le fils d'être le premier à marcher sur la Lune, le père de vivre pour écrire...
    Un roman irrésistible sur la transmission, le sens de la vie, la joie d'être au monde et, plus que tout, la passion de l'écriture.

  • Eatonville, Floride. Janie Mae Crawford est de retour. Il lui aura fallu trois existences et trois mariages - avec le vieux Logan Killicks et ses sentiments trop frustes, avec le fringant Joe Starks et ses ambitions politiques dévorantes, avec Tea Cake enfin, promesse d'égalité dans un élan d'amour - pour toucher l'horizon de son rêve d'émancipation et de liberté. Fierté intacte, elle revient et se raconte, seigneur des mots et des moindres choses...
    Portrait d'une femme entière animée par la force de son innocence, esprit libre bravant la rumeur du monde, Mais leurs yeux dardaient sur Dieu est un monument de la littérature américaine, aussi percutant aujourd'hui que lors de sa parution aux États-Unis en 1937. C'est un roman culte. Et c'est un immense chef-d'oeuvre.

  • Cambridge, de nos jours. Au détour d'une allée du campus, Oscar est attiré par la puissance de l'orgue et des chants provenant de la chapelle de King's College. Subjugué, il ne peut maîtriser un sentiment d'extase. Premier rouage de l'engrenage. Dans l'assemblée, une jeune femme capte son attention. Iris n'est autre que la soeur de l'organiste virtuose, Eden Bellwether, dont la passion exclusive pour la musique baroque s'accompagne d'étranges conceptions sur son usage hypnotique...
    Un premier roman magistral sur les frontières du génie et de la folie, entre thriller et roman d'apprentissage.

  • Construit comme une enquête, avec une extraordinaire lucidité, le roman de Boubacar Boris Diop nous éclaire sur l'ultime génocide du XXe siècle. Avant, pendant et après, ses personnages se croisent et se racontent. Jessica, la miraculée qui sait et répond du fond de son engagement de résistante ; Faustin Gasana, membre des milices du Hutu Power ; le lumineux Siméon Habineza et son frère, le docteur Karekezi ; le colonel Perrin, officier de l'armée française ; Cornelius enfin qui, de retour au Rwanda après de longues années d'exil, plonge aux racines d'une histoire personnelle tragiquement liée à celle de son peuple.

  • Intérieur nord

    Marcus Malte

    Jacques vit seul en montagne, avec ses chiens de traîneau. Dans son relais, il reçoit pour deux semaines la belle Lauren, accompagnée d'un homme bien plus âgé qu'elle. Quel mystère cache ce couple étrange ? Jacques s'interroge, il observe, puis se laisse emporter par une sorte d'éblouissement...
    Jacques raconte son histoire, à la première personne. Comme les trois autres personnages de Marcus Malte - le voyageur de commerce éconduit, le fils orphelin en quête de mère ou le père en deuil de son fils -, qui cherchent un abri, une issue, tous agrippés à une lueur d'espoir qui viendrait éclairer le jour.

  • épépé Nouv.

    épépé

    Ferenc Karinthy

    À paraître
  • On s'y fera

    Zoyâ Pirzâd

    Arezou dirige tout en tact l'agence immobilière qu'elle a héritée de son père.
    Pour le reste, elle est prise en étau entre une mère aussi horripilante qu'obsti- née, et une fille bien partie pour prendre la relève. Jusqu'au jour où Zardjou, client potentiel réputé hésitant, lui achète une maison...
    Quand on découvre que l'homme en question est marchand de serrures, on peut y voir l'ironie d'un signe plus subtil qu'il n'y paraît. Les apparences sont trompeuses ; on entre avec plus de vigilance et de curiosité dans une belle histoire d'amour.
    Et l'on suit Arezou, au bord du rire ou des larmes, sous la neige, espérant avec elle profiter enfin d'une certaine beauté de la vie.
    Dans un roman d'une subtilité et d'une vigueur exceptionnelles, Zoyâ Pirzâd brosse à la fois le portrait d'une société pleine de contradictions et celui d'une femme passionnante, aussi drôle et attachante - version moderne, active et divorcée - qu'une héroïne de Jane Austen.

  • Du monde, la jeune et jolie Kounnioupattoumma ne sait rien, si ce n'est que son grand-père avait un éléphant ! Fille de notables musulmans, elle est en âge d'être mariée. Mais pour sa mère, les prétendants ne sont jamais assez beaux, jeunes, riches, puissants... Surtout quand on songe à la splendeur passée du grand-père à l'éléphant.
    Hélas, voilà la famille ruinée. Adieu vaste demeure, domestiques, bijoux en or ! Kounnioupattoumma peut enfin goûter aux délices de la baignade en attendant des jours meilleurs...

    Avec un profond amour des êtres, qu'il ne désespère pas d'éduquer et de distraire, Basheer mêle à la perfection vérité et humour. Grand-père avait un éléphant est traduit pour la première fois en français.

  • Un poète du dimanche relégué dans un village se pique d'apprendre à lire à Ratan, l'humble fillette qui le sert ; deux amis se déchirent à cause du citronnier qui sépare leurs jardins ; une petite fille, à peine sait-elle écrire, trace partout ses états d'âme poétiques avec un bout de charbon, sur les murs, le cahier de comptes de son père, les manuscrits de son frère ; une enfant de cinq ans se lie d'amitié avec un colporteur afghan qu'elle rejoint en bas de chez elle dès qu'il passe - Kabuliwallah ! - mais qui un beau matin ne se présente plus...
    Délicieuses et dramatiques, ces vingt-deux nouvelles, qui se déroulent au coeur du Bengale et de Calcutta, sont d'un inépuisable envoûtement.

  • Femmes, mères, épouses ou fillettes, il y a celles qui se retiennent de casser les assiettes et celles qui envoient tout valser. Entre résignation et résistance - de la benjamine qui sacrifie Jane Eyre, son livre préféré, pour conjurer les violences conjugales que subit sa soeur, aux deux amies qui s'efforcent de réunir cent roupies pour payer une IVG -, les situations se répondent. Il y a les mères qui se sont accommodées des traditions au prix de petits arrangements personnels avec les dieux ; et les filles, têtes bien faites et saris aux oubliettes...
    Si bien qu'on éprouve le sentiment d'être dans l'espace multiple et concerté du roman, au sein d'une famille de la bourgeoisie indienne.
    Merveilles d'inventions narratives, ces huit nouvelles entrelacent cruauté inconsciente et enchantement amoureux, songeries amères et tendres, conflits cocasses ou tragiques. On se laisse, d'une histoire à l'autre, envoûter par l'univers d'Anjana Appachana, qui poursuit une investigation quasi sociologique de l'imaginaire indien - en y ajoutant cette ampleur intimiste, frémissante de nuances, qui nous rend si proches ses personnages.

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