Littérature germanophone

  • Encore une biographie de Jeanne d'Arc ? Plus que toute autre figure du Moyen Âge, elle a été l'objet d'une littérature abondante (récits historiques, biographies, éditions des sources, etc.).
    À l'occasion du 600e anniversaire de sa naissance, Gerd Krumeich relève le défi de dresser le portrait de la Pucelle d'Orléans en s'en tenant pour la première fois aux faits que nous sommes réellement en mesure de connaître. Il fait enfin la part des choses entre la réalité et les mythes en se basant sur les sources et les recherches les plus récentes. Avec érudition, mais aussi avec passion, il donne à comprendre ce personnage emblématique dont l'histoire participe tout autant de la légende que de l'énigme.
    Historien allemand et spécialiste de l'histoire du culte de Jeanne d'Arc, il fait oeuvre d'objectivité et d'impartialité. Il échappe ainsi aux récupérations politiques et évite l'écueil de la querelle franco-française : Jeanne d'Arc n'est ici ni de droite, ni de gauche. Tout a été dit sur Jeanne d'Arc ! On peut le penser si l'on considère la profusion d'ouvrages qui lui ont été consacrés. Pourtant, rares sont les travaux qui font preuve d'une approche impartiale, parce que trop souvent polémiques ou partisans.
    Plus que toute autre figure historique, Jeanne a pâti des convictions et croyances. Partant de ce constat, Gerd Krumeich s'attache, à l'appui des sources, à répondre à un certain nombre de questions que suscite toujours la jeune femme qui défia les Anglais et devint l'héroïne la plus populaire de France. Objet d'enjeux idéologiques mouvants, la Pucelle est devenue l'une des figures dont l'historiographie, mais aussi la littérature et les arts, n'ont cessé de débattre et de s'inspirer.
    Tour à tour réprouvée, adorée, accaparée par nombre de sensibilités, elle s'est trouvée exposée, des siècles durant, aux suppositions les plus saugrenues. À l'occasion du 600e anniversaire de sa naissance, Gerd Krumeich nous conte enfin l'histoire de ce mythe national.

  • Une vie allemande, faite de contresens apparemment irréconciliables. Une errance entre deux
    mondes opposés qui s'achève en catastrophe... Une des figures les plus emblématiques, mais aussi
    les plus ambiguës du troisième Reich.
    Maria Magdalena (Magda) est née le 11 novembre 1901. Son géniteur, Oskar Ritschel, ne l'ayant
    pas reconnue, elle porte d'abord le nom de sa mère, Behrend, puis celui de l'homme qui endosse
    ce rôle de père avec sincérité et tendresse, le nouveau mari de sa mère, le commerçant juif
    Richard Friedländer.
    Dans l'immédiat après-guerre, Magda s'enflamme pour la cause sioniste, fascinée par celui qui
    restera son grand amour de jeunesse, Victor Arlosoroff. Cette figure de la Palestine juive - il en
    sera officieusement le ministre des Affaires étrangères - disparaîtra dans de mystérieuses
    conditions, peut-être assassiné sur ordre de Goebbels. Par jalousie rétrospective oe
    1921, changement de cap. Magda se laisse séduire par un industriel conservateur, de vingt ans son
    aîné. Elle épouse Günther Quandt, mais le richissime homme d'affaires ne peut lui offrir une vie à
    la hauteur de ses ambitions de pouvoir et de notoriété. Magda n'en est plus à un revirement près.
    Elle prend des amants, finit par obtenir le divorce en 1929, et se retrouve seule avec son fils,
    Harald.
    Depuis son adolescence, Magda manque de repères. Elle n'existe qu'à travers les passions, qu'à
    travers les convictions des hommes qui traversent sa vie. Née catholique, elle embrasse la cause
    sioniste pour un homme, se convertit au protestantisme pour un autre, puis nie tout pour un
    dernier, Goebbels. Elle pense avoir trouvé la lumière avec le national-socialisme et son leader, Hitler, alors que les ténèbres vont l'engloutir.
    Nous connaissons la suite : son mariage arrangé par Hitler avec Goebbels, l'un des plus puissants,
    des plus dangereux personnages du troisième Reich, jusqu'à sa fin violente - elle fait empoisonner
    ses six enfants avant de se supprimer elle-même dans le bunker de la chancellerie, le 1er mai
    1945. Magda croyait avoir trouvé un dieu. C'est un démon qui l'a entraînée dans sa chute.

  • Dans la famille Mann, il y a aussi les femmes. À l'ombre de la montagne magique élevée par leur grand homme, ont-elles été heureuses ? Nées riches et rapidement devenues célèbres, membres d'une famille qui était admirée en Allemagne à l'égal d'une dynastie aristocratique, elles fréquentèrent les personnalités les plus importantes de leur époque, depuis le début du siècle jusqu'aux années 1960. Et pourtant : aucune d'entre elles ne put sortir vraiment de l'ombre de Thomas Mann, géant de la littérature. Elles rivalisèrent pour attirer l'attention et obtenir l'amour de leur grand « magicien », quelles qu'aient été les diversités de leurs itinéraires personnels. Il y avait là Katia, patronne de la famille, au service de son grand homme de mari ; la « sauvage » Erika, la fille préférée, toujours prête à faire scandale, avec son époux Gustaf Gründgens comme avec son frère Klaus ; Monika la « mal-aimée », vainement en quête de reconnaissance ; et Elisabeth, la « toute petite », qui fut cependant la plus indépendante de toutes... Et toutes empoignées par la littérature, pour le meilleur souvent, parfois pour le pire. Hildegard Möller raconte ainsi le roman vrai d'une famille exceptionnelle, nourri aux meilleures sources, et qui a obtenu outre-Rhin un très grand succès.

  • Blond, yeux bleus, haute stature, physique athlétique, uniforme noir, casquette à tête de mort vissée sur la tête, Reinhard Tristan Eugen Heydrich (1904-1942) a été, de 1933 à sa mort, l'incarnation paroxysmique, et presque caricaturale, de la terreur nazie.
    Adolescence marquée par la défaite de 1918, carrière ratée dans
    la Marine, Heydrich rejoint en 1931 les nationaux-socialistes.
    Son ascension sera, dès lors, fulgurante.
    Bras droit du Reichsführer SS Himmler, il dirige d'une poigne de fer l'appareil répressif nazi. À la tête du service de sécurité de la SS (SD), de la police criminelle (Kripo) et de la Gestapo, il transforme les visions haineuses de Hitler en actes barbares. Planificateur de l'Holocauste, Heydrich organise les massacres de masse à l'Est avec les Einzatsgruppen, puis préside la conférence de Wannsee du 20 janvier 1942, point de départ de la " solution finale ".
    Nommé protecteur adjoint du Reich en Bohême-Moravie, le " diable à forme humaine " disparaît lors d'un attentat perpétré en mai 1942 par des résistants tchèques.
    Cet ouvrage explore les abîmes intérieurs de celui que Hitler décrivait comme " extraordinairement doué, extraordinairement dangereux ". Un homme mû par une volonté froide d'affirmer sa puissance, exécutant les ordres les plus inhumains avec un maximum d'efficacité. Un malveillant, un ambitieux n'ayant jamais hésité à concurrencer Himmler dans l'horreur.

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