Sciences humaines & sociales

  • " Nous sommes tous des vers ", avait modestement confié le jeune Winston à une amie, " mais je crois que moi, je suis un ver luisant ! " Le mot n'est pas trop fort : Alexandre Dumas aurait pu inventer un personnage de ce genre, mais dans le cas de Winston Leonard Spencer-Churchill, la stricte réalité dépasse de très loin la fiction. Jusqu'à vingt-six ans, les aventures du jeune officier et du reporter évoquent immanquablement celles de Tintin ; mais ensuite, le personnage devient une synthèse de Clemenceau et de De Gaulle, l'humour et l'alcool en plus... ainsi qu'une imagination sans limites : " Winston, disait le président Roosevelt, a cent idées par jour, dont quatre seulement sont bonnes... mais il ne sait jamais lesquelles ! " C'est pourtant le général de Gaulle qui l'a le mieux jugé lorsqu'il a dit de lui : " Il fut le grand artiste d'une grande histoire. " Se fondant sur des recherches dans les archives de huit pays, la consultation de quelque quatre cents ouvrages et l'interview de nombreux acteurs et de témoins, ce récit épique montre comment un homme solitaire, longuement façonné par d'exceptionnels talents et de singulières faiblesses, a pu infléchir le cours de notre siècle, avec la complicité d'un destin qui s'est radicalement départi de son impartialité...

  • « Fouché, bien sûr, ne m'était pas un inconnu. Fouché de Nantes, le bourgeois impécunieux, le petit professeur en soutane des collèges de l'Oratoire, Fouché le conventionnel, le tueur de roi, le proconsul de Nevers et de Moulins, le mitrailleur de Lyon, le tombeur de Robespierre et le cauchemar de Napoléon, le ministre de tous les régimes, l'inventeur de la police moderne, le bâtisseur d'État, le théoricien et l'homme d'action, l'aventurier, le conspirateur et le parvenu. Assurément l'un des hommes les plus puissants de son époque, en tout cas l'un des plus étonnants. Rares sont ceux qui inventèrent de nouvelles règles du jeu sans attendre la fin de la partie. Fouché a été de ceux-là. » Emmanuel de Waresquiel fouille jusque dans ses moindres recoins la vie d'un homme aussi dissimulé que contradictoire. À l'aide de larges fonds d'archives - dont beaucoup sont inédits -, il dessine le portrait brillant d'un incroyable personnage jusqu'ici incompris et desservi par sa légende noire. Il nous donne ce faisant un Fouché d'une surprenante actualité.

  • Fantastique destinée que celle de Justinien (483-565), né Petrus Sabbatius dans une famille de paysans illyriens et qui a épousé une actrice, Théodora, fille d'un montreur d'ours. Il fut l'une des principales figures de l'Antiquité tardive.
    Que ce soit sur le plan du régime législatif, de l'expansion des frontières de l'Empire ou de la politique religieuse, il a laissé une oeuvre considérable. Son rêve fut de fonder un empire chrétien universel.
    Le règne de Justinien fut marqué par l'ambitieux projet de « restauration de l'empire », partiellement accompli. Il réussit à reconquérir l'Italie, la Corse, la Sardaigne, la province d'Afrique, une partie de l'Espagne et de la Yougoslavie. Son héritage eut encore plus de résonance sous l'aspect de l'uniformisation du droit romain, le Corpus Iuris Civilis, qui est encore la base du droit civil dans de nombreux États modernes.
    Son règne fut aussi marqué par l'épanouissement de l'art byzantin : son programme de construction nous a laissé plusieurs chefs-d'oeuvre architecturaux, en particulier la basilique Sainte-Sophie.
    Il est considéré comme saint par l'Église orthodoxe.

  • Fils de Saint-Malo, Jacques Cartier reste dans l'imaginaire collectif « le découvreur du Canada ». En 1534, ce capitaine courageux entre dans le golfe du Saint-Laurent. Il sera le premier à remonter « le plus grand fleuve qu'on ait jamais vu », ouvrant ainsi la route intérieure du continent nord-américain.
    Soutenu par François Ier, cet explorateur avisé espérait découvrir un passage vers Cathay et les routes de l'Asie. Il suscite des vocations d'aventuriers des océans et, grâce à lui, la puissance continentale française apprend à regarder au-delà de l'horizon. Un rêve qui prendra forme au siècle suivant avec la colonie de la « Nouvelle-France », fondée par Champlain sur ses traces.

  • Jean-Joseph de Laborde : banquier de Louis XV, mécène des Lumières et inventeur des jardins de Méréville Nouv.

    Encore trop peu connu, le destin de Jean-Joseph de Laborde est fascinant. Ce Béarnais, né en Espagne, placé à dix ans dans une maison de commerce de Bayonne, responsable à vingt ans d'une société internationale, est à trente ans à la tête d'un véritable empire commercial et l'un des hommes les plus riches de France.
    Banquier de la Cour, portant sur ses épaules le ministère de Choiseul, finançant presque à lui seul la guerre de Sept Ans et, plus tard, celle d'Amérique, Laborde conseille Louis XV, la haute noblesse et même Voltaire dans la gestion de leurs portefeuilles financiers, tout en manifestant, dans ces diverses opérations, une intégrité sans faille. Cet Européen avant la lettre s'impose non seulement comme l'un des promoteurs du nouvel urbanisme parisien, mais encore comme un véritable entrepreneur, inventeur des exceptionnels jardins de Méréville et l'un des principaux mécènes privés de son époque. Le couperet de la guillotine met tragiquement fin à sa vie en 1794.

  • Créatrice d'Hercule Poirot et de Miss Marple, Agatha Christie est l'auteure de langue anglaise la plus vendue après Shakespeare. Pianiste, soprano, infirmière, globe-trotteuse, championne de surf, épouse modèle passionnément amoureuse de ses deux maris et mère d'une fille, la « duchesse de la Mort » a eu mille vies.
    4 décembre 1926. La voiture d'Agatha Christie, 36 ans et déjà star du roman policier, est retrouvée près de l'étang de Silent Pool. La police s'interroge : qu'est-il arrivé à sa célèbre propriétaire ? S'agit-il d'une fugue, d'un accident, d'une mise en scène géniale comme elle sait si bien en imaginer ? Béatrix de l'Aulnoit fait toute la lumière sur cette énigme qui fit la une de la presse durant onze jours et passionne toujours ses millions de lecteurs.
    Libre, indépendante, aventurière, Agatha Christie adorait autant vivre en Angleterre qu'au Moyen-Orient. Elle a publié soixante-six romans, quatorze recueils de nouvelles et a également connu la gloire comme auteure de théâtre. Toujours à l'affiche, sa pièce La Souricière bat tous les records de longévité. Et pourtant, elle ne s'est jamais considérée comme un « écrivain ».
    De Londres à Bagdad, c'est la vie trépidante et romanesque de cette Anglaise à l'humour indémodable que cette biographie nous fait découvrir.

  • Dans la nuit du 20 avril 1808, Charles Napoléon voit le jour dans un hôtel particulier de la rue Cerutti à Paris. Celui qui deviendra pour ses familiers Louis-Napoléon est le fils de Louis Bonaparte, roi de Hollande et frère de l'Empereur, et d'Hortense de Beauharnais, fille de Joséphine. Alors que l'Empire est à son apogée, la naissance du jeune prince - et héritier présomptif de son oncle qui n'a pas encore d'enfant - suscite plus d'inquiétude que de joie. Arrivé avant terme, le bébé a dû être baigné dans du vin et mis dans du coton pour être rappelé à la vie. Sa mère a manqué elle-même de mourir lors de l'accouchement. Quant à son père, il n'est pas présent. Ainsi commence la vie de celui qui sera le premier Président de la République et dernier empereur des Français, " Napoléon le petit ", dont son oncle, prophétique, disait en 1815 : " Il aura un bon coeur et une belle âme, c'est peut-être l'espoir de ma race. " Que reste-t-il des dix-sept ans de règne de Napoléon III ? Un coup d'Etat, " des morts pleins les civières ", Haussmann, la fête impériale et la débâcle de Sedan... Pas uniquement. A rebours de la légende hugolienne et républicaine d'un tyran corrompu, Eric Anceau dessine le profil complexe d'un démocrate autocrate, tout à la fois autoritaire et libéral, réactionnaire et progressiste, fils de l'Eglise mais enfant de la Révolution.
    A partir de sources inexploitées, le meilleur spécialiste français du Second Empire livre le premier portrait complet, total, définitif du Prince-président.

  • Héros méconnu de l'épopée napoléonienne, Eugène de Beauharnais (1781-1824) est né du premier mariage de l'impératrice Joséphine avec le général de Beauharnais, guillotiné sous la Terreur. Fils adoptif de Napoléon, vice-roi d'Italie, chef d'armée, prince allemand, il occupe une place centrale et originale dans l'univers impérial.
    La rencontre de sa mère avec Bonaparte détermine son existence. Napoléon voue à Eugène une grande affection, l'éduque, le forme à la guerre et à la politique, le marie à la fille du roi de Bavière et l'adopte solennellement en 1806. Il le prépare à lui succéder en lui déléguant le gouvernement de l'Italie comme vice-roi et en lui confiant des armées. Eugène fait alors ses preuves et paraît appelé à gouverner un jour l'Empire ou à en assurer la régence pour le roi de Rome. Le destin en décida autrement après le divorce de Napoléon, son remariage avec Marie-Louise et la naissance de l'Aiglon.
    Eugène de Beauharnais fut le seul de la famille impériale à répondre parfaitement à l'idéal napoléonien de fusion sociale et d'intégration européenne. Très populaire, il laisse une image associant le sérieux de l'homme d'État en Italie et la bravoure du soldat français en Russie, à la gaieté, la jeunesse, l'amour aussi, très romanesque, avec sa jeune épouse. Sa descendance nombreuse a fait d'Eugène l'ancêtre de presque tous les souverains européens.

  • Parmi tous les défis que Napoléon s'est lancés, le plus difficile a probablement été celui de fonder une dynastie. De ses frères et soeurs il a fait des rois et des reines et en épousant la fille de l'empereur d'Autriche, il espérait faire entrer sa descendance dans le cercle le plus fermé, les antiques et illustres familles régnantes. Mais rien ne s'est passé comme il l'avait voulu. Certes l'enfant, né en 1811, titré roi de Rome, était un mâle, certes il ne manquait pas de dons, certes sa première éducation a été très soignée mais bien vite le rêve qu'il puisse un jour régner se mua en cauchemar. Il n'avait pas quatre ans que les armées étrangères foulaient le sol français et que la Fortune abandonnait Napoléon. Le roi de Rome ne fut Napoléon II que quelques jours. Quasiment kidnappé sur ordre de son grand-père maternel, il ne devait jamais revoir son père. Élevé comme un Autrichien sous la très lointaine tutelle de Marie-Louise, privé peu à peu de son entourage français, celui qui allait devenir duc de Reichstadt (pas même archiduc !) allait passer à Vienne plus d'une quinzaine d'années avant de mourir en 1832 de la « poitrine », otage impuissant et souvent inconscient de manoeuvres voire de complots sur fond de relations internationales. Enfermé dans sa cage dorée, empêché de s'émanciper, frustré dans ses aspirations, en particulier militaires car sa fragile santé l'handicapait, il est mort à vingt et un ans. Tout semblait montrer qu'il serait vite oublié, mais pourtant il devint presque aussitôt un mythe, lié à celui de son père. Cette tragique destinée a hanté tout le XIXe siècle, le siècle du romantisme, le siècle aussi de la légende napoléonienne, jusqu'à ce que Edmond Rostand écrive sur le jeune homme l'une des pièces les plus jouées en France. À la tête d'une exceptionnelle documentation en partie inédite et avec une rigueur et une sensibilité peu communes, Laetitia de Witt nous révèle la personnalité de l'Aiglon et montre à quel point il a été, de sa naissance au transfert de ses cendres à Paris sur ordre de Hitler, un sacrifié de l'histoire.

  • Ce livre, à destination du grand public amateur d'histoire, est la première biographie française d'un homme qui a dû abandonner sa carrière, son nom, son âme de chef né.
    Il y a près de 70 ans, le 20 novembre 1947, le prince Philippe de Grèce et de Danemark, après avoir renoncé à ses titre et prédicat pour n'être plus que le « lieutenant Philippe Mountbatten de la Royal Navy », épousait à l'abbaye de Westminster, la princesse Élisabeth.
    Depuis cette date, il a sacrifié toutes ses ambitions personnelles pour devenir « l'homme lige » de son épouse, « son roc » comme l'a dit récemment Élisabeth II, sans même recevoir le titre officiel de « prince consort ».
    Il a accompagné la souveraine dans ses innombrables périples autour du monde, agrémentant ces visites d'une once de son humour très particulier. Il a toujours été le vrai « chef de famille » dans le cercle intime. Il humanise, agrémente son rôle de ses frasques et de ses gaffes perpétuelles. Et n'est pas dénué d'idées, c'est lui en effet qui imposa la retransmission télévisuelle du couronnement, faisant entrée la monarchie anglaise dans la modernité.
    À plus de 90 ans, le duc d'Edimbourg reste assez largement un mystère. L'Historien Philippe Delorme retrace sa vie : son enfance mouvementée, ses années de formation, le rôle déterminant de son oncle « Dickie » Mountbatten, son rôle durant la guerre, les péripéties de ses fiançailles, ses passions et ses combats... Ce livre cherche à soulever un coin du voile et montre, de nombreuses anecdotes à l'appui, un personnage qui méritait de prendre un peu plus de lumière.

  • Le personnage de Rollon appartient autant à la légende qu'à l'histoire. Grand chef Viking de Norvège et du Danemark, il lança de nombreux raids sur l'Europe occidentale. Il est connu pour avoir conclu un traité avec le roi de France en 911 dans lequel il accepte de cesser ses incursions en France en échange d'un territoire qui deviendra la Normandie.
    Rollon "le marcheur" se livra aux pillages en Angleterre puis en France à partir de 870. Il établit son camp à l'embouchure de la Seine avant de prendre Rouen où il installe ses quartiers. En 886, il remonte le cours de la Seine et participe au siège de Paris.
    Après avoir saccagé Évreux, Bayeux, Nantes, Angers, Le Mans, il échoue devant Chartres, en juilllet 911. C'est à ce moment que Charles le Simple, souverain de la Francia Occidentalis, incapable de s'opposer militairement aux invasions normandes, engage des négociations. Il propose à Rollon un accord garantissant la sécurité de son royaume en échange d'un territoire situé "entre l'Epte et la mer" et une terre à piller "pour tirer de quoi en vivre". C'est ainsi qu'il y a plus d'un millénaire, au cours de l'automne de l'année 911, La Normandie voyait le jour à Saint-Clair-Sur-Epte.
    Ce livre sur Rollon tente de montrer de quelle façon un chef viking a réussi à créer une principauté autonome, alors que toutes les fondations scandinaves contemporaines en France et dans les îles Britanniques connaissaient une fin tragique.

  • Le 11 mars 1820 paraît en librairie un mince recueil de poèmes, sans nom d'auteur, intitulé Méditations poétiques. Son succès est immédiat et fulgurant. La France de la Restauration découvre, fascinée, des accents jusqu'ici inconnus, des harmonies enchanteresses, des émotions palpitantes. Elle tient son barde et ne va plus le lâcher de longtemps.
    Pendant près d'un demi-siècle, la plume alerte et jamais en repos d'Alphonse de Lamartine (1790-1869) scande la vie littéraire puis politique de son temps. Tout en demeurant attaché à son Mâconnais natal, le poète devenu diplomate, député, chef du gouvernement provisoire de la république - un cas unique dans l'histoire de France - a inlassablement, du haut d'un exceptionnel talent oratoire, milité contre la peine de mort, plaidé pour l'abolition de l'esclavage, défendu la liberté de la presse, préconisé le suffrage universel, favorisé la concorde européenne, oeuvré pour la protection des travailleurs les plus modestes et incité à une réduction des inégalités de fortune.
    Mais les soubresauts de la révolution de 1848 puis le coup d'État du futur Napoléon III l'évincent de la vie publique. Il doit affronter des difficultés financières croissantes, des deuils en grand nombre - notamment celui de sa fille adorée Julia - et la désaffection du public. Passé de mode, il tombe dans l'oubli, puis son oeuvre refait surface, enseignée aux lycéens, décortiquée par les chercheurs, méditée par les hommes politiques. Chantre du désespoir nourrissant une vision poétique de la politique et une conception politique de la poésie, Alphonse de Lamartine n'a jamais cessé de se porter au secours de ses semblables.

  • De Philippe d'Orléans, fils de Monsieur et neveu de Louis XIV, Montesquieu a écrit qu'il était « indéfinissable ». Et il est vrai que ce personnage, déroutant, insaisissable et pétri de paradoxes semble s'être ingénié à brouiller les cartes et à défier ses biographes.
    Dans la mémoire collective, le prince demeure encore le libertin aux moeurs légères qui n'aimait rien tant qu'organiser des « petits soupers » et qui incarna mieux que quiconque cette époque festive et insouciante que fut la Régence. Cette image réductrice ne doit pas faire oublier que Philippe fut aussi un compositeur et instrumentiste accompli, un peintre talentueux, un scientifique de premier ordre. Admiré pour ses talents militaires et sa bravoure sur les champs de bataille, il suscita l'admiration de la Cour avant que ses provocations, ses excès et ses égarements ne finissent par lasser jusqu'au Roi-Soleil.
    Promis à rien, petit-fils de France inutile, condamné à contempler ses collections et à errer dans les splendeurs de Saint-Cloud et du Palais-Royal, il gouverna la France durant huit ans de 1715 à 1723, à la suite de la mort de Louis XIV. À la tête de l'État, il mit en chantier de nombreuses réformes, dont certaines, novatrices. Pour assurer la paix extérieure, il n'hésita pas à s'allier avec l'Angleterre, remettant en cause temporairement la politique étrangère menée par Louis XIV. Il n'eut pourtant d'autre ambition que d'assurer la paix du royaume et de préserver le pouvoir absolu du jeune roi Louis XV. Loin d'être un prince libéral, annonciateur du siècle des Lumières, Philippe d'Orléans fut en vérité le digne héritier du Roi-Soleil.
    En s'appuyant sur les dernières avancées de la recherche, Alexandre Dupilet propose un portrait profondément renouvelé de ce prince qui marqua tant l'époque de son empreinte que de régent, il est désormais devenu pour l'Histoire, le Régent.

  • Plus que d'autres grands personnages, Franklin Delano Roosevelt occupe une place centrale dans l'histoire du XXe siècle : les fonctions qui furent les siennes, il les a exercées à la tête d'un pays en voie d'accéder au rang de première puissance mondiale. Et il a tenu un rôle essentiel dans cette accession. A travers deux crises majeures, la Grande Dépression et la Seconde Guerre mondiale, il a profondément modifié l'exercice du pouvoir exécutif aux Etats-Unis. Sa présidence demeure une référence pour ses successeurs, républicains aussi bien que démocrates.

    L'homme, pourtant, demeure une énigme, aux Etats-Unis aussi bien que dans le reste du monde : aristocrate qualifié de populiste par ses pairs, artisan d'un New Deal dont on conteste à posteriori qu'il ait sorti l'Amérique de la crise, " war president " ayant exigé la reddition sans condition de l'Allemagne mais soupçonné d'avoir ignoré la Shoah, leader du monde libre accusé de complaisance envers Staline à Yalta, etc. Aux yeux des Français, il n'est pas seulement l'homme du New Deal et de la grande coalition contre Hitler, mais encore celui d'une querelle mal avisée et mesquine contre le héros national, Charles de Gaulle. La mort brutale de Roosevelt ne lui a pas permis de parachever son oeuvre par la rédaction de ses mémoires, laissant à d'autres, collaborateurs ou historiens, la tâche de justifier, ou du moins, d'expliquer, sa politique.

    La figure de Roosevelt est toujours objet de controverses : le " war president " demeure un modèle pour ses successeurs engagés, tel George W. Bush, dans les guerres lointaines ; la crise économique actuelle est constamment comparée à la Grande Dépression et les débuts de la présidence de Barak Obama aux mythiques 100 premiers jours de son prédécesseur. 25 ans après la biographie d'André Kaspi, Yves-Marie Pereon s'appuie sur les travaux et les découvertes les plus récents pour donner un nouvel éclairage à ce personnage incontournable du XXe siècle.

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  • À cent ans, Noëlla Rouget accepte de se raconter. Son enfance à Angers, son rôle dans la Résistance, sa déportation, sa douloureuse reconstruction. Le plus incroyable, c'est le combat qu'elle a mené pour sauver celui qui l'a arrêtée. Une leçon d'humanité.
    Noëlla Rouget s'engage à vingt ans dans la Résistance. Elle transporte tracts et journaux sur son vélo. Mais le 7 juin 1943, tout bascule : son fiancé Adrien est arrêté, et elle le sera deux semaines après, par un Français, Jacques Vasseur, collaborateur zélé nommé à la tête de la section de la Gestapo d'Angers. Noëlla croise dans les couloirs de la prison son fiancé, torturé, et fusillé quelques jours plus tard. Déportée au camp de Ravensbrück en janvier 1944, elle se lie d'amitié avec Geneviève de Gaulle.
    Quand Jacques Vasseur est enfin retrouvé et jugé en 1965, Noëlla demande au général de Gaulle sa grâce, et l'obtient. La rescapée des camps veut croire à la rédemption de son bourreau, avec qui elle entreprend une correspondance jusqu'à ce qu'il sorte de prison.
    « J'estime que j'ai eu une belle vie, car j'ai lutté pour des idées que je croyais justes, qui peu à peu font leur chemin. » Noëlla Rouget

  • L'injustice a un nom : Alfred Dreyfus. Pour en prendre la mesure, il faut revivre l'ascension de ce jeune juif alsacien, entré à Polytechnique, cavalier d'exception promu capitaine dans l'armée française. Remarqué par le chef des armées pour la qualité de sa mémoire et son sens de l'analyse, il était promis aux plus hautes fonctions au ministère de la Guerre. A-t-il été victime d'une rivalité, de l'antisémitisme ou encore d'un traquenard sur fond d'espionnite ? Il est en tout cas brutalement accusé à tort, en 1894, d'avoir transmis des documents à une puissance étrangère.

    Jugé à huis clos, condamné, déporté sur l'île du Diable, affamé, il est finalement libéré au bout de quatre ans et quatre mois. Est-ce tout ? Non. Il sera à nouveau jugé, condamné, réhabilité mais barré au sein de l'armée et, finalement, humilié par la cour d'assises de la Seine en 1908... Un paria pour toujours. Cette biographie retrace comme jamais la vision de Dreyfus : sa vie comme il l'a vécue. Un récit qui tient du roman d'espionnage, de la tragédie et d'une fable annonciatrice des orages du XXe siècle.

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  • Partacus est un des personnages les plus connus de l'empire Romain, popularisé par le cinéma, la TV et les cours d'histoire. Il illustre la lutte contre l'esclavage et la gladiature. Il illustre des valeurs, comme la liberté, la solidarité, la lutte contre les oppressions. Nous pouvons dire qu'il est devenu un mythe.
    Le vrai Spartacus était différent.
    Il sut créer une véritable armée, armée dont il fut un vrai général ; il mit l'Italie à feu et à sang ; il réussit à vaincre de grands généraux et des consuls.
    Yann Le Bohec a cherché à débarrasser le portrait classique de toutes les idéologies et de tous les sentimentalismes qui l'ont indument idéalisé. Et il a essayé de reprendre le fil des évènements, négligés par le passé.
    Entre autres nouveautés, il montre que Spartacus ne luttait pas pour abolir l'esclavage et la gladiature, et qu'il se moquait complètement de la liberté et des valeurs qui lui sont associées.

  • Femmes de fer nous plongent dans une saga féminine de plus de trois siècles, en suivant les parcours de femmes ayant appartenu à la grande famille lorraine des Wendel.
    Originaire de Lorraine, la dynastie des Wendel a marqué l'histoire économique de la France depuis le début du XVIIIe siècle, dans la sidérurgie et le monde des affaires.
    Les nombreux ouvrages qui lui ont été consacrés ont laissé dans l'ombre les femmes de la famille qui ont pourtant participé peu ou prou à cette aventure industrielle et d'une manière ou d'une autre à l'histoire de la France, de la révolution de 1789 aux guerres mondiales, en passant par les années folles et la Ve République. Très fidèles à leurs racines et à leurs traditions familiales, mais loin des clichés attachés à leur milieu social, elles ont toutes manifesté initiative, courage, volonté et obstination dans leur existence.
    Personnalités d'exception, elles ont répondu à leur manière aux revendications féministes de responsabilité et de liberté de conscience.
    Parmi ces « femmes de fer » :
    - Marguerite, dite Madame d'Hayange, qui fit preuve d'une héroïque obstination à maintenir l'entreprise en vie dans le tumulte de la Révolution, - Joséphine, véritable fondatrice de la Maison de Wendel au XIXe siècle dans laquelle elle initia un programme social unique à son époque, - Andrée, qui fit briller le nom des maîtres de forges à Paris durant l'entre-deux-guerres, - la Maréchale Leclerc de Hauteclocque et Élisabeth Debré, petites-filles Wendel qui firent honneur à la France lors de la Seconde Guerre mondiale.

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  • Figure magistrale de la résistance française, Jean Moulin, mort il y a 70 ans, oeuvra à l'unification des mouvements épars d'opposition à l'occupant allemand. De sa jeunesse à sa mort, voici, abondement illustré, l'itinéraire d'un héros.
    En 1938, Jean Moulin, le plus jeune préfet de France, assiste au désastre de 1940. Il est alors révoqué par le régime de Vichy pour son appartenance au Front Populaire.
    Prenant des contacts avec la résistance du Sud de la France, il désire établir un lien avec Londres. Passant par Lisbonne, il va rencontrer de Gaulle qui décide de coordonner la propagande et la création de groupes armés. De retour en France, c'est sous le pseudonyme de " Rex " qu'il parvient tant bien que mal à mettre en place une armée clandestine unifiée. En 1943, de nouveau à Londres, il est nommé ministre et est chargé de créer le Conseil de la Résistance. Devenu " Max ", il fait face aux réticences des chefs de réseaux et parvient à intégrer les partis politiques au cours d'une réunion de 18 participants (mouvements, partis, syndicats, etc.) qui reconnaissent la primauté de Londres et l'unification des mouvements.
    Arrêté par Klaus Barbie le 21 juin 1943 près de Lyon à Caluire alors qu'il tentait d'étendre l'action de l'Armée Secrète au Nord de la France, il est torturé, emmené à Paris où il est à nouveau torturé avant d'être envoyé en Allemagne. Il meurt lors du transport en train. Le 9 juillet 1943 son corps est incinéré et déposé au Père-Lachaise. Le 19 décembre 1964, André Malraux accompagnera de son discours légendaire le transfert de ses cendres au Panthéon en présence du général de Gaulle, de la famille de Jean Moulin et des compagnons de la Libération.

  • Il est rare qu'une troupe de choc porte le nom d'un banquier, mais cela arrive. Le "commando Kieffer", par exemple. Ces 177 Français, on le sait, furent les premiers et les seuls Français à débarquer en Normandie le 6 juin 1944 au sein d'un bataillon de fusiliers marins commandos Britanniques. Ce que l'on sait moins, c'est d'où venait cet homme qui donna son nom à ce groupe de combattants célébrés comme des héros, le capitaine de corvette Philippe Kieffer. Les recherches de Stéphane Simonnet jettent une lumière étonnante sur le parcours de ce compagnon de la Libération : un banquier d'affaires quadragénaire, divorcé, sans expérience militaire et même considéré un temps comme insoumis !

    S'agissant des seuls Français engagés dans les opérations terrestres du D-Day, Le Commando Kieffer tient une place toute particulière dans la mémoire collective nationale, notamment lors des grandes cérémonies commémoratives. Stéphane Simmonet lève le voile sur l'étonnant commandant Kieffer, devenu " Chef " de guerre improvisé, et le résultat de ses recherches ne collent pas toujours à la légende entretenue notamment dans son livre Béret vert, paru en 1948. Il nous livre enfin la véritable histoire de cet étonnant personnage qui a fait des dizaines de métiers. Comment cet homme d'affaires, qui n'a pas combattu lors de la Première Guerre mondiale, s'est-il retrouvé à la tête de ce commando qui débarque sur les plages normandes le 6 juin 1944 ? Car sans lui, le commando n'aurait jamais vu le jour. Il invente, recrute les hommes, les forme.

  • Encore une biographie de Jeanne d'Arc ? Plus que toute autre figure du Moyen Âge, elle a été l'objet d'une littérature abondante (récits historiques, biographies, éditions des sources, etc.).
    À l'occasion du 600e anniversaire de sa naissance, Gerd Krumeich relève le défi de dresser le portrait de la Pucelle d'Orléans en s'en tenant pour la première fois aux faits que nous sommes réellement en mesure de connaître. Il fait enfin la part des choses entre la réalité et les mythes en se basant sur les sources et les recherches les plus récentes. Avec érudition, mais aussi avec passion, il donne à comprendre ce personnage emblématique dont l'histoire participe tout autant de la légende que de l'énigme.
    Historien allemand et spécialiste de l'histoire du culte de Jeanne d'Arc, il fait oeuvre d'objectivité et d'impartialité. Il échappe ainsi aux récupérations politiques et évite l'écueil de la querelle franco-française : Jeanne d'Arc n'est ici ni de droite, ni de gauche. Tout a été dit sur Jeanne d'Arc ! On peut le penser si l'on considère la profusion d'ouvrages qui lui ont été consacrés. Pourtant, rares sont les travaux qui font preuve d'une approche impartiale, parce que trop souvent polémiques ou partisans.
    Plus que toute autre figure historique, Jeanne a pâti des convictions et croyances. Partant de ce constat, Gerd Krumeich s'attache, à l'appui des sources, à répondre à un certain nombre de questions que suscite toujours la jeune femme qui défia les Anglais et devint l'héroïne la plus populaire de France. Objet d'enjeux idéologiques mouvants, la Pucelle est devenue l'une des figures dont l'historiographie, mais aussi la littérature et les arts, n'ont cessé de débattre et de s'inspirer.
    Tour à tour réprouvée, adorée, accaparée par nombre de sensibilités, elle s'est trouvée exposée, des siècles durant, aux suppositions les plus saugrenues. À l'occasion du 600e anniversaire de sa naissance, Gerd Krumeich nous conte enfin l'histoire de ce mythe national.

  • Une vie allemande, faite de contresens apparemment irréconciliables. Une errance entre deux
    mondes opposés qui s'achève en catastrophe... Une des figures les plus emblématiques, mais aussi
    les plus ambiguës du troisième Reich.
    Maria Magdalena (Magda) est née le 11 novembre 1901. Son géniteur, Oskar Ritschel, ne l'ayant
    pas reconnue, elle porte d'abord le nom de sa mère, Behrend, puis celui de l'homme qui endosse
    ce rôle de père avec sincérité et tendresse, le nouveau mari de sa mère, le commerçant juif
    Richard Friedländer.
    Dans l'immédiat après-guerre, Magda s'enflamme pour la cause sioniste, fascinée par celui qui
    restera son grand amour de jeunesse, Victor Arlosoroff. Cette figure de la Palestine juive - il en
    sera officieusement le ministre des Affaires étrangères - disparaîtra dans de mystérieuses
    conditions, peut-être assassiné sur ordre de Goebbels. Par jalousie rétrospective oe
    1921, changement de cap. Magda se laisse séduire par un industriel conservateur, de vingt ans son
    aîné. Elle épouse Günther Quandt, mais le richissime homme d'affaires ne peut lui offrir une vie à
    la hauteur de ses ambitions de pouvoir et de notoriété. Magda n'en est plus à un revirement près.
    Elle prend des amants, finit par obtenir le divorce en 1929, et se retrouve seule avec son fils,
    Harald.
    Depuis son adolescence, Magda manque de repères. Elle n'existe qu'à travers les passions, qu'à
    travers les convictions des hommes qui traversent sa vie. Née catholique, elle embrasse la cause
    sioniste pour un homme, se convertit au protestantisme pour un autre, puis nie tout pour un
    dernier, Goebbels. Elle pense avoir trouvé la lumière avec le national-socialisme et son leader, Hitler, alors que les ténèbres vont l'engloutir.
    Nous connaissons la suite : son mariage arrangé par Hitler avec Goebbels, l'un des plus puissants,
    des plus dangereux personnages du troisième Reich, jusqu'à sa fin violente - elle fait empoisonner
    ses six enfants avant de se supprimer elle-même dans le bunker de la chancellerie, le 1er mai
    1945. Magda croyait avoir trouvé un dieu. C'est un démon qui l'a entraînée dans sa chute.

  • Cette nouvelle biographie du plus populaire des rois de France, qui met à profit les avancées les plus récentes de la recherche, fait une large part à la marche au pouvoir (une bonne trentaine d'années...) et s'attache à connaître l'homme avec certes des faiblesses (les femmes, le jeu...) mais aussi et surtout avec des dons et des atouts éclatants (charisme personnel, culture humaniste, habileté voire ruse politique). Les réussites de son règne sont toutes issues de ces incroyables coups d'audace qu'ont été coup sur coup, en deux mois, en 1598, aboutissement de vingt ans d'effort, l'édit de Nantes et la paix des armes au-dedans et au-dehors.
    Henri IV, né en 1553, était encore enfant lorsque les premiers protestants furent assassinés et c'est dans la force de l'âge, quarante ans plus tard, qu'il allait rétablir la concorde, permettre au royaume de revivre. Sa vie entière aura donc été dédiée à dénouer l'écheveau des haines politico-religieuses, un destin dont il sera l'acteur et le martyr en 1610.
    « Seul de nos monarques dont le peuple ait gardé la mémoire » (Michelet), guerrier intrépide, doué d'un sens politique rare, orateur d'exception, aussi à l'aise dans la cabane d'un bûcheron que devant une assemblée houleuse, il est ce que nous appellerions de nos jours un « as en communication ». Ce sont ces aptitudes qui lui permettront, après la pacification, d'engager la monarchie vers l'absolutisme, autrement dit vers la toute-puissance royale et du coup vers le rayonnement français sur l'Europe.
    La clef du succès providentiel d'Henri IV réside enfin dans sa propension, fort rare en son temps, à la miséricorde et au refus de la vengeance. Il est l'homme qui pardonne. Profondément croyant mais animé depuis l'enfance de l'idée qu'on peut se sauver dans une religion comme dans l'autre, il pulvérise le mobile même du conflit et panse les plaies.

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