• Avec La Conquête du Caucase on comprend mieuxquelle histoire portent les gens qui s'affrontent aujourd'hui. Jonathan Littell

    La force de ce livre est si grande que cette épopée s'animesous nos yeux. Les pages deviennent images, reportages dans le passé. La plume se fait voix, voix off, sobre et retenue... Comment ne pas sortir plus serein de ce superbe livre, inquiet bien sûr, mais avec tellement plus d'intelligence du présent ? Bernard Guetta, France Inter

    Une oeuvre magnifique, destinée à devenir une référence incontournable pour tout débat géopolitique du Caucase. Thierry de Montbrial

    Une enquête historique aussi exhaustive qu'érudite. Rémi Kauffer, Le Figaro

    Ancien journaliste de la presse écrite suisse romande, Eric Hoesli est professeur à l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) où il dirige un programme multidisciplinaire consacré au monde russe. Il est l'auteur de L'Épopée sibérienne. La Russie à la conquête de la Sibérie et du Grand Nord, paru en 2018 aux éditions des Syrtes, unanimement salué par la critique et le public.

  • Le géorgien classique n'a que trois noms irréguliers, « Dieu, le curé et le vin », mais ce brevet de christianisme ne vaut que pour la plaine et la civilisation écrite. Les tribus montagnardes ont trois valeurs bien différentes : la bière, le beurre et le paganisme. À maintes reprises, les souverains ont tenté de les christianiser en confisquant leurs idoles et en apprenant à lire à leurs enfants. Mais, tel un dragon enchaîné qui se libère, l'oralité païenne a toujours repris le dessus. Flexible, foisonnante, s'enrichissant de siècle en siècle, elle permet d'observer sur le vif une mythologie hybride, mêlant la foi chrétienne à des croyances immémoriales sur l'origine et l'ordre de l'univers. Il en a résulté un curieux panthéon, où les figures bibliques cohabitent avec les héros mythologiques et où l'humanité oscille entre l'ordre divin du monde et les soubresauts titanesques de la matière. La geste prométhéenne du titan géorgien Amiran est ici confrontée à la légende du géant abkhaze Abrsk'il, ainsi qu'à un dossier de sources arméniennes, littéraires et folkloriques relatives à un géant enchaîné. On constate une évidente parenté avec le mythe de Prométhée, mais les Grecs ont « assagi » la geste farouche du Caucase. Zaza Aleksidze, né en 1935, est membre de l'Académie des Sciences de Géorgie et correspondant de l'Institut de France. Il a dirigé l'Institut des manuscrits géorgiens et conduit les missions au Sinaï, qui ont découvert les textes « albaniens », langue chrétienne du nord de l'Azerbaïdjan disparue depuis le viiie siècle. Jean-Pierre Mahé, né en 1944, est membre de l'Institut de France et associé étranger aux Académies d'Arménie et de Géorgie.

  • Par quelle anomalie, les Arméniens, qui sont si proches du berceau mésopotamien de l'écriture, ont-ils attendu des millénaires avant de se doter de leur propre alphabet ? Méprisant une invention qui ne servait à leurs yeux qu'à comptabiliser les impôts des rois et les péchés des hommes, ils jugeaient que l'essentiel doit rester gravé dans le coeur et dans la mémoire. Avec l'avènement du christianisme, la perspective s'inverse. Pour le pieux religieux Mesrop Machtots, l'oralité est la meilleure alliée du paganisme. Il faut de toute urgence traduire la Bible par écrit. Ainsi les Arméniens deviendront un vrai peuple du Livre, aussi sûr des promesses de Dieu que l'ancien Israël. Simple parler local, l'arménien se haussera d'un coup au niveau des plus grandes langues de culture et l'Arménie recouvrera son unité spirituelle. Selon Korioun, disciple de la première heure, le nouvel alphabet, créé en 405, est le fruit d'une théophanie, comparable au don de la Loi sur le Sinaï. Huit siècles plus tard, quand Vardan compose son Panégyrique, Machtots, son protecteur le patriarche Sahak et leurs nombreux disciples sont devenus des héros de légende. On les nomme les Saints Traducteurs, que l'Église fête tous les ans. Privilège exclusif des Hébreux et des Arméniens, les lettres « données par Dieu », garantissent, contre le paganisme et les hérésies, la survie de la Vérité révélée jusqu'à la consommation des temps. Cet échange multiséculaire, entre histoire, mémoire et fins dernières, révèle les profondes racines du christianisme arménien, nourri de l'héritage patristique et judéo-hellénistique.

  • Il y a vingt ans, l´Union soviétique s´effondrait dans un climat étonnamment pacifique au regard du déchaînement potentiel. Néanmoins, si la situation semble stable à l´échelle régionale, au sein de certains États l´implosion soviétique a laissé des traces sanglantes. Le Nagorno-Karabakh, l´Ossétie du Sud, l´Abkhazie et la Transnistrie, autonomes avant 1991, se sont proclamés indépendants. Ils sont entrés en guerre pour libérer leurs territoires respectifs de la tutelle de l´Azerbaïdjan, de la Géorgie et de la Moldavie. Lorsque les tirs cessent, les séparatistes s´imposent en vainqueurs sans toutefois obtenir de reconnaissance internationale. Vingt ans plus tard, le tableau n´a guère changé : les combats des années 1991-1993 ont laissé la place à une situation de « ni guerre, ni paix ». Comment ces conflits ont-ils éclaté ? Pourquoi perdurent-ils ? Quelles sont les solutions possibles ? Tels sont les enjeux que posent encore aujourd´hui les conflits gelés de l´espace postsoviétique. Cet ouvrage consacré à l´origine et à l´évolution des conflits gelés de l´ex-URSS a des visées pédagogiques. Il est destiné aux étudiants en relations internationales, mais aussi aux chercheurs portés sur l´étude de conflits et, au-delà, à tous les lecteurs intéressés par le monde postsoviétique.

  • "En 1942, la 6e armée allemande atteint les faubourgs de Stalingrad. Commence un siège de 5 mois, parmi les plus durs de l'histoire. Les Soviétiques décident de résister coûte que coûte, au prix de souffrances extrêmes de chaque côté. Tout bascule lorsque le maréchal Friedrich Paulus, complètement encerclé par les russes, comprend que son armée est définitivement perdue et décide de cesser le combat. Cet épisode va devenir un véritable tournant militaire et psychologique de la Seconde guerre mondiale, exploité à fond par la propagande soviétique. Moins de 10 000 soldats allemands reverront leur pays.
    Ces carnets du maréchal Paulus ont été retrouvés et publiés après sa mort. S'ils ne constituent pas des mémoires en tant que tels, ils offrent une source inégalable sur la conduite de la guerre (y compris un plan secret d'invasion de l'Angleterre, jamais mis en oeuvre) et sur l'invasion de l'URSS puis la terrible bataille dans les rues de Stalingrad. On y trouve le regard lucide et factuel du commandant allemand, reflet exact de sa pensée stratégique et de ses décisions tactiques, avec pour conclure une réflexion plus large sur cet épisode décisif de la guerre.
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  • Dans l'ombre de Staline, Beria fut pendant quinze ans le chef de la police secrète soviétique et d'un réseau d'espionnage à l'échelle mondiale. Commandant en chef du tentaculaire NKVD, censeur de la presse et de la culture, ministre de l'Intérieur, administrateur des camps du goulag, maréchal de l'URSS, vice-président du conseil des ministres, Beria fut le véritable numéro 2 du régime, redouté même par ses pairs. Lors de la conférence de Yalta, Staline le présenta au président Roosevelt par cette boutade : « C'est notre Himmler ! » Originaire de Géorgie, il intègre au début des années 1920 la Tcheka, première police politique d'Union soviétique. En 1926, il dirige la répression du mouvement nationaliste géorgien, s'attirant ses premières distinctions. Dans les années 1930, il prend le contrôle du Parti communiste géorgien, et ne l'abandonnera plus. C'est déjà l'homme de confiance de Staline et l'organisateur des purges d'avant-guerre. À partir de 1938, il prend la direction du NKVD, la police politique préfigurant le KGB, et il y fait régner la terreur. Il est responsable des arrestations et de l'élimination des opposants.
    Pendant la Seconde Guerre mondiale, Beria est l'instigateur des massacres de Katyn, et de déportations massives. Grâce aux renseignements glanés par ses services en Occident à partir de 1942, il initie le programme nucléaire soviétique et sera le « père » de la bombe russe.
    Haï par ses collègues qui le jugent dangereux, Beria est arrêté peu après la mort de Staline sur ordre de Khrouchtchev. Accusé de complot et d'espionnage, selon une méthode qu'il a lui-même beaucoup pratiquée, il est exécuté dans des circonstances troubles.

  • Dans son « Voyage », Jean de Mandeville nous entraîne à la découverte de l'ensemble du monde connu avant Christophe Colomb, de France à Jérusalem, puis en Perse, au Caucase et enfin en Inde : autant de royaumes merveilleux aux palais fastueux et aux paysages foisonnant de splendeurs.
    Loin de tout européocentrisme, Mandeville présente, dans un style coloré et vif, un monde uni et ouvert, sans discriminations raciales ni religieuses. Pour cet humaniste chrétien, « rien n'est laid de ce qui est dans la Nature ».
    Son « Voyage& » est très vite devenu le premier « best-seller » de la culture européenne : traduit dans toutes les langues dès 1350, il a connu 250 versions manuscrites et 120 éditions. S'il demeure un classique en Allemagne ou en Angleterre, il était introuvable en France depuis plus d'un siècle.
    Chevalier aux origines incertaines (Français ou Anglais ?), Jean de Mandeville étudia à Paris, puis entreprit voyages et pèlerinages en Terre Sainte et dans l'ensemble du Bassin méditerranéen. A son retour, il s'installa dans un couvent de Liège, où il mourut en 1372, et consacra son existence à la rédaction de ses pérégrinations et à la compilation de récits de voyages antérieurs.


  • Sur nos écrans portables sur les clefs de nos cabanes sur - les feux qu'on allume certaines nuits pour s'assurer qu'on existe encore - sur les routes qu'on épuise pour vérifier qu'elles ont une fin - sur les couvertures de nos corps - sur les cabanes qu'on dessine dans nos têtes et sur nos carnets. Dans l'épuisement des gommes de nos pneumatiques - dans la vibration de la membrane du haut-parleur de nos nuits - dans l'ondulation d'un corps une nuit qu'on s'était dit je serai danseur - dans le cuivre d'une trompette un jour qu'on s'était dit je serai poète - dans le tremblement du manche d'une pioche un jour qu'on s'était dit je piocherai - dans la voix d'un homme loin un jour qu'on s'était dit j'y vais : la tendresse.

    Jazz des flammes humides et du Caucase, contes incarnés du Danube, airs à l'oud pour faire danser les peaux d'ours et de loups, ces poèmes sont une invitation à un chamanisme intérieur. Un blues tendre et heureux que la nuit appelle. Comme un album étrange. Un 14 track EP.
    Le récit Notre Est lointain a paru le même jour que ce livre aux éditions publie.net ; il en est une version course-poursuite.

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