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  • Avers

    Dominique Quélen

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  • Une fois ôté tout projet d'écrire, on peut commencer de la façon la plus simple, faire avancer un nous, l'inscrire dans un espace élémentaire issu de l'enfance ou de l'administration des eaux et forêts, qu'il traverse on ne sait trop dans quel sens car il y progresse peu. Les éléments sont prêts pour un récit, mais disjoints, parfois défectueux. C'est un assemblage non-linéaire. Si chaque paragraphe est une nouvelle tentative, le but n'en est pas clair, quoique sans cesse il soit question de définir ce dont il s'agit. Du reste, le nous peut céder la place à un je, un tu, qui ne sont pas davantage individués. Ils ne sont aussi bien qu'un effet de la grammaire. Pas de solution de continuité entre la langue et le réel (ou la fiction), non parce qu'ils s'équivaudraient mais parce que croyant être dans l'un on est dans l'autre : ça communique, comme si - hypothèse - l'objet de ce texte était le texte lui-même et l'objet qu'il constitue, qui dérive à l'intérieur d'un espace clos.

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  • Revers

    Dominique Quélen

    La nuit. Belle leçon d'art et de beauté ! On l'inflige à un oiseau ? Comme à l'objet dont la fuite et le fin gazouillis de joie ont un son égal. Quel vol ? Quel cri est-ce ? C'est une rage qu'il faille le dire dans ce poème. L'ai-je mis en ordre ? Il est naturel d'oser des visions de choses diurnes sur des choses nocturnes. Des jours. Naturel d'oser l'ordre de dissiper l'obscurité dans chaque faille. L'oiseau a une limite. Il est enragé en vol. Le mur du son. Énorme ! Et de la nuit la fin est prévue. La voici. C'est à toi. Un oiseau ou toi avez l'opportunité de tirer la leçon alors tire-la.

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  • Sports

    Dominique Quélen

    • Apogee
    • 17 Août 2005

    Dans le précédent volume, un homme qui n'existe pas se met en route - il est déjà parti, sans qu'il y ait à sa course ni fin ni début. Il avance et il chute en un seul mouvement. Il est freiné dans sa progression, mais aussi dans son déclin, par des obstacles que peut-être il s'invente car ils n'y étaient pas jusque-là et d'ici peu n'y seront plus. D'ailleurs, tout lui est obstacle. Son corps est une maladie à explorer, bien qu'il doute si ce n'est pas plutôt l'envers de l'endroit où il se trouve. Ce sont des attaques, des menées incessantes, d'une exécution assez technique mais dont l'effet reste sensible. Parfois aussi, ils sont plusieurs. Ce qui lui arrive n'est jamais mentionné : juste qu'il va toujours se dégradant. Il connaît pourtant des instants de bonheur et de curiosité. À deux reprises, il s'écarte à la fois de son chemin et (semble-t-il) de lui-même. Ce faisant, il se poursuit dans son texte.

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  • Comme quoi

    Dominique Quélen

    • Act mem
    • 15 Avril 2008

    Ajouter quelque chose ? On marche sur des oeufs.
    Comme quoi nous engage à la délicatesse, à la brièveté, à la précision.
    Mais pas à la prudence.L'exaltation, oui je dis bien, l'exaltation, nous fait ici nous pencher à la fenêtre, sortir de nous, et nous porter violemment vers le monde. Le monde mis à l'épreuve du corps, des mots du corps, et surtout de la jointure, mot qui soulève magnifiquement le recueil. Jointure entre prose et poésie, articulation, attache, qui fait craquer nos vieux mots : la douleur parfois, la douleur même, à la jointure, ravive l'appétit de vivre.
    Maryline Desbiolles

  • Finir ses restes

    Dominique Quélen

    • Rehauts
    • 15 Avril 2011
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  • Lire ce que j´en écrivais, en décembre 2007, sur remue.net, à la réception de ce texte, par lequel j´ai pris connaissance du travail de Dominique Quélen :
    A quoi pensait Honoré de Balzac quand il a écrit cette phrase, lui qui n´était ni grand ni maigre, et qui s´est battu sans cesse contre le temps ?
    Et pourquoi Balzac n´a pas corrigé ni rayé cette phrase, qui est une phrase d´évidence, un caillou de lettres, évidemment la littérature à cet instant qui passe, qui s´arrête, repousse l´auteur et tant pis.
    Et pourquoi cette phrase, longtemps après Balzac, y est reprise par les mains de Pierre Michon qui en fait le titre d´une préface à Mémoires de deux jeunes mariés, chez POL La Collection, reprise en volume chez Verdier ? Est-ce que c´est de Pierre Michon que la tient Dominique Quélen ?
    [...] soit par exemple le fragment VI (il y en a XX) :

    Acceptant le don d´une vie réduite au geste de verser chaque jour dans le suivant. Aspirant au simple bouleversement d´humeur.
    Pousser une petite charogne sur le bord du chemin occupe un instant. Ce n´est plus à la fin ni plumes ni poils, mais une sombre manne en vain répandue. La terre, en dessous, est maintenue dans un étrange état, comme seule en peut donner l´idée d´une macération d´esprit dans un objet. Souverain séjour où tout s´accomplit. Rien ne diffère plus, et des tomberaux lointains défilent avec lenteur devant une paroi d´arbres auxquels s´appuie l´horizon. D´avoir à continuer, on est ému d´une émotion violente.

    Je ne crois pas qu´on lise cela souvent : c´est comme le temps est un grand maigre, la phrase, on ne saurait pas dire pourquoi ni comment c´est littérature. C´est inéluctable, c´est là.
    Ainsi l´étonnant et très fort Loque, accueilli par remue.net, que Dominique Quélen a lu lors de la deuxième nuit remue : ici à l´écoute. J´ajoute le fragment XII :

    Ainsi nous sourions faiblement, étant presque morts, à lire la fable de notre vie dans de grands volumes qu´il faut manier avec soin. Tout y est superbe de nombre et de proportions, le dessin n´en est pas brouillé par les détails. Des héros fades sortent grandis d´épreuves pareilles aux nôtres en apparence. Les yeux voient clair, les mains sont plates comme des truelles. Et pas de mauvaises herbes entre les marbres, pas de citernes d´eau croupie sous des halles en plein vent, pas de parfums s´évaporant avant qu´on les ait respirés, rien qui ait l´air de sortir à l´instant de derrière. Et pas trace non plus du fléau de l´homme :
    Jusque-là tapi en nous, il dissimule un peu de monnaie dans sa main et tout seul au fond de quelque arrière-cuisine, sans remettre à demain de vivre, il s´apprête à dîner des restes du repas de midi de la veille.


    Le pari, et c´est une nouvelle expérience sur la palette de publie.net, est fait avec l´auteur, Dominique Quélen, et le premier éditeur de ce texte : Jacques Josse (dont on peut lire les Dormants sur publie.net).
    Les éditions Wigwam, fondées par Jacques Josse, c´est un abonnement à une parution régulière, de haute qualité typographique, des objets manufacturés dans la tradition de l´imprimerie. Des textes brefs, dont celui de Dominique Quélen.
    Alors, aujourd´hui, à vous le choix : commander le texte numérique, commander le texte papier, ou disposer des deux ensemble, garder le toucher du papier, la commodité de la lecture eBook.
    Pour nous, un apprentissage : les lois concernant les marges, les interlignes, la tourne de page, tout change. Apprendre à travailler ensemble, auteur, éditeur papier, éditeur numérique, c´est entrer dans le terrain mouvant très neuf où, sur nos supports numériques, vous voulons retrouver ce même poids silencieux, décisif, du poème.
    C´est un parfait hasard chronologique que le texte de Dominique Quélen rejoigne sur publie.net Alors j´ai dit au Maigre de Michèle Dujardin, mais il n´y a jamais de hasard complet. Et Dominique Quélen reviendra bientôt sur publie.net dans la collection L´Inadvertance de François Rannou et Mathieu Brosseau.

  • Éléments de langage rassemble trois livres parus, naguère, séparément. Mais, par ce geste neuf qui les réunit, est mis en évidence un moment clé dans l'écriture de Quélen - et la forte cohérence de sa démarche. Son oeuvre cherche, par un concentré d'instants, de lieux, de gestes, d'événements différents, à faire résonner, du rapport entre le corps et le monde, le « timbre secret, d'aucune langue ». La douleur pour articuler l'un à l'autre est passée au crible d'un tri en vue de tenir « le moins de place possible : exercice de la pensée. » Une forme se dégage alors, bien identifiable. Brève, précise. Il y a dans tous ces textes « une beauté simple et sans apprêt, une part de calcul, un mouvement dans leur immobilité ». Ainsi Gérard Noiret peut écrire, dans La Quinzaine littéraire, que « Dominique Quélen atteint du premier coup une perfection qui le singularise. » Stupéfiante.

  • Petites formes

    Dominique Quélen

    • Apogee
    • 28 Janvier 2003

    Borgésienne marqueterie ?), il ne resterait à la fin que ces bribes-là.
    L'auteur, méticuleux, a dégraissé, il ne reste que l'os, léger, implacable. Ainsi le lecteur est confronté à des objets parfaitement réglés dont le dessein ne pourra qu'échapper au lecteur impatient.
    (Il faudra revenir, chercher, tâtonner.) Dominique Quélen a le sens de l'équilibre, de la retenue -pudeur- qui l'amène à retrancher encore, pour couper (au) court quand d'autres s'épancheraient.
    Ici : quelques ouvertures. Mais essentielles.

  • E le ments de langage rassemble trois livres parus, nague re, se pare ment. Mais, par ce geste neuf qui les re unit, est mis en e vidence un moment cle dans l'e criture de Que len et la forte cohe rence de sa de marche.

    Son oeuvre cherche, par un concentre d'instants, de lieux, de gestes, d'e ve nements diffe rents, a faire re sonner, du rapport entre le corps et le monde, le « timbre secret, d'aucune langue ». La douleur pour articuler l'un a l'autre est passe e au crible d'un tri en vue de tenir « le moins de place possible : exercice de la pense e. » Une forme se de gage alors, bien identifiable. Bre ve, pre cise. Il y a dans tous ces textes « une beaute simple et sans appre t, une part de calcul, un mouvement dans leur immobilite ».

    Ainsi Ge rard Noiret peut e crire, dans La Quinzaine litte raire, que « Dominique Que len a peint du premier coup une perfection qui le singularise. » Stupe fiante.

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