• Quatuor

    Emmanuel Moses

    Ce livre du poète Jean-Claude Pinson propose trois études essentielles sur Pierre Michon. Ecrites par un philosophe spécialiste d'esthétique, elles éclairent l'oeuvre de l'auteur de Rimbaud le fils, y dessinent des chemins, sans pourtant l'éblouir ou la crucifier. En abordant successivement la question du sacré chez Michon (à partir de Bataille), celle de l'amour (en référence à Barthes), et enfin en étudiant le lien qui unit Michon et Antonin Artaud, massacreur et grand thuriféraire de la langue-mère.
    Des os avec du texte autour L'écriture de Pierre Michon, sa tension extatique, son tremblement quasi mystique, est de celles qui répondent à l'ordre que l'avènement d'une raison sans Dieu et d'une histoire exempte de passions, de tragique, semblait pouvoir imposer à la littérature, à la poésie et à l'art en général. Jean-Claude Pinson explore ici les voies par lesquelles l'auteur de Vies Minuscules résiste à un devenir "normal" sinon normalisé de la langue.
    Sans ressusciter artificiellement une transcendance mais en légendant la fin du monde chrétien et son usure, Pierre Michon fait surgir un sacré plus ancien, comme une sorte de source, ou de socle anthropologique d'un sacré à la fois chtonien, viscéral mais aussi parfois plus apollinien, lumineux, lié au sentiment de continuité avec la nature et le cosmos. Dans l'opposition du pur et de l'impur se glisse parfois une invocation, et cette réconciliation avec le monde non humain prend alors, par le truchement d'une souveraineté de la parole et du chant, le nom ou le visage de la Grâce.
    Jean-Claude Pinson écrit : "C'est bien, me semble-t-il, une telle langue-reine empreinte de sacralité, qui hante l'écriture de Michon, une langue impossible et souveraine. Une langue alimentée par la tension du néfaste et du faste. Une langue aussi rare que fastueuse". Fragments d'un roman amoureux Il n'y a pas, à proprement parler d'histoires d'amour chez Michon, pas de Werther ni d'Adolphe. D'abord parce que l'auteur n'écrit pas de romans, ses récits brefs restants marqués toujours par la hantise de la poésie, voire du haïku.
    Ensuite parce que le flamboiement érotique est chez lui le plus souvent celui de la prédation, de la chasse, lié en cela à la dimension brutale du scopique et de la possession et dont l'écho se propage dans la fascination par la frappe énonciative. Ce thème est pourtant, quelques fois, augmenté ou relayé par une autre tonalité, sentimentale. Les deux registres se combinent dans l'opposition entre une soudaineté du visuel, de la "prise" , et une temporalité plus déliée, plus étendue, celle de la tendresse qui se déploie plus rarement.
    Entre pictural et lyrique. "L'instant sauvage du trait, de l'incision d'une part ; la modulation, le déploiement temporel du chant de l'autre". Artaud fantôme. Cheminements d'Artaud dans Michon. Si la référence explicite à Artaud est chez Michon plutôt discrète, les croisements entre les deux trajectoires sont sensibles, tant dans les parentés que dans les divergences. L'étude de Jean-Claude Pinson explore comme un dialogue secret entretenu avec l'auteur d'Artaud le momo.
    Si les deux ont en commun d'avoir éprouvé "l'impouvoir d'écrire" , et si l'un et l'autre ont tourné le dos à un art conforme aux règles de la mimesis, de la simple représentation, Artaud s'est confronté à l'expérience de n'être pas au monde, "là où Michon s'adosse encore à l'expérience contrastée d'un monde qui est et n'est pas habitable" ; monde avec lequel il est possible d'établir un lien dans le seul fait de rendre l'oeuvre partageable, audible.
    Quand Artaud tend à rechercher une parole d'avant les mots, Michon parie encore sur la sorcellerie de la phrase, fût-elle inquiète, incantatoire, opérant par la fulgurance de son surgissement ou de sa profération. Et dans les deux oeuvres, Jean-Claude Pinson identifie le recours à l'insurrection de la couleur comme "faisant signe en direction d'un âge (ou état) naïf, sauvage, fauve, de l'humanité" , sur les traces, on l'aura pressenti, d'un certain Vincent Van Gogh.
    Jean-Claude Pinson : philosophe, poète et essayiste, il a publié, parmi de nombreux livres livres : J'habite ici, Champ Vallon, 1991 ; Laïus au bord de l'eau, Champ Vallon, 1993 ; Habiter en poète, Essai sur la poésie contemporaine, Champ Vallon, 1995 ; Free Jazz, Joca Seria, 2004 ; Poéthique, Une autothéorie, Champ Vallon, 2013 ; Alphabet cyrillique, Champ Vallon, 2016 ; Autrement le monde : sur l'affinité de la poésie et de l'écologie, Joca Seria, 2016.

  • On connaît Monsieur Teste, Charlot, Bartleby, mais on ne connaît pas encore Monsieur Néant. Il échappe d'ailleurs à son créateur, Emmanuel Moses, hébété, muet, surpris... Vous, moi quand l'aile du burlesque vous frôle et la brume vous auréole.
    Emmanuel Moses a écrit récemment Dieu est à l'arrêt du tram, Les anges nous jugeront, il manquait Monsieur Néant.
    Il s'agit d'un texte inclassable, proche de Tardieu, entre la description, la vision poétique et le burlesque. N'appartenant pas à un genre bien défini, sinon celui très gauchi du portrait ou de l'autoportrait, Emmanuel Moses se livre à un exercice subtil de dépeçage d'oignon pour notre plus grand plaisir. Qui est donc ce quidam ? Lui, une ou plusieurs de ces projections, une ombre comique et maladroite de film muet... Utilisant ses souvenirs, son journal, ses observations, son sens poétique Emmanuel Moses crée Monsieur Néant à moitié Chaplin, à moitié Socrate et nous l'offre par une série de saynètes, sa vie quotidienne, son rapport aux autres, ainsi qu'une certaine vision de la société, humaine ou satirique selon l'humeur. L'ensemble fait environ 160 pages et il doit y avoir une vingtaine de "chroniques", celles-ci pouvant aller de quatre ou cinq lignes à trois pages.

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  • La poésie d'Emmanuel Moses a pour elle d'être immédiatement reconnaissable par sa forme narrative, prosaïque ; par son contenu entre prière et comptine, entre réel et rêve(rie), entre philosophie et théologie ; enfin par sa voix simple, juste et sans effets de style.
    Son entreprise poétique voyage sur une ligne de crête qui l'expose à tous les dangers, en répétant ce que les traditions anciennes ont magnifiquement dit et chanté : les dieux, Dieu, le destin, le temps, la mort, les sentiments humains, l'amour. Pourtant il paraît neuf et échappe à toute banalité par la sobre justesse de son expression et une fraîcheur de tonalité qui rend tout ce qu'il «répète» actuel et présent.

  • Emmanuel Moses a dessiné d´un trait léger et précis des petits tableaux mélancoliques non dénués d´humour. Comme si le passé et la mémoire, sa matière, étaient un sourire au bord de l´abîme. On parle de l´élégance du désespoir, peut-être ici on trouve l´élégance de la mélancolie.

  • Le paradis aux acacias

    Emmanuel Moses

    • Al manar
    • 15 Septembre 2018
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  • Ce jour-là

    Emmanuel Moses

    Un homme marche, qui pourrait se réciter les vers de Rilke : '...quelque chose qui est hors de notre vouloir ; nous nous engouffrons en elle comme dans un rêve, nous mourons en elle sans nous réveiller'.
    Il commence par déambuler dans les couloirs labyrinthiques d'un hôpital psychiatrique, y faisant d'étranges rencontres, réelles ou imaginaires, puis il se retrouve expulsé dans le monde glacial d'une grande ville en proie à la violence politique, criminelle et sociale. Un monde où la chaleur humaine n'est qu'un vain mot et où l'alcool noie les égarés.

  • Papernik

    Emmanuel Moses

    «Papernik s'approcha de la porte coulissante vitrée qui donnait sur un petit balcon et contempla les pelouses du Jardin Sacker et au-dessus, la Knesset, entourée d'une dense couronne de sapins qu'illuminait à ce moment un large rayon de soleil, le premier de la journée, et traversé soudain par un froid intense, qui glaçait en particulier ses pieds, il eut la certitude que Sherry, sous prétexte de préparer le café, était en réalité allée se déshabiller dans sa chambre et qu'elle reviendrait dans quelques instants et se présenterait à lui toute nue et il fut saisi par un irrépressible tremblement de nervosité et d'anxiété, se montrerait-il à la hauteur des attentes de la jeune femme ? Parviendrait-il à se maîtriser assez longtemps pour la faire jouir ?»

  • Valse noire

    Emmanuel Moses

    L'ordre est tombé, Groussac doit liquider Whitney. Il le traque toute une nuit avant de l'abandonner au petit matin dans les marécages. La routine du tueur à gages reprend : déplacements continuels, parties de poker, rendez-vous au Diamant vert. Mais on murmure que Groussac a perdu la main. Les hommes du patron sont sur son dos. Tôt ou tard ils découvriront la vérité et, cela ne fait pas l'ombre d'un doute, ils le tueront. Il doit fuir, là-bas, au nord, dans la toundra où l'attend son destin.
    Adagio aux accents désenchantés, Valse noire explore la peur autant que la dérision. Voyage étrange en compagnie de tricheurs en tout genre, ce récit semble se nourrir de l'ombre. Un jeu de dupes au charme désabusé.

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  • Ivresse

    Emmanuel Moses

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  • " Großvater (grand-père) Kühlbrand faisait l'objet, non sans raison d'ailleurs, d'un véritable culte.
    Cet aïeul, médecin, était évoqué bien plus comme une figure de légende que comme une personne de chair et de sang et, tout bien considéré, il ne serait pas exagéré d'affirmer qu'il formait la souche sur laquelle s'était développée la chronique familiale et que l'auréole qui l'entourait rejaillissait sur ses descendants - en tout cas dans l'esprit de ma grand-mère - de même que dans la Bible, les actes d'un ancêtre se ressentent sur sa postérité jusqu'à la millième génération.
    Sa silhouette menaçante se glissait sous la porte de ma chambre ou dans l'entrebâillement avec le rai de lumière qui attestait la continuation de la vie pendant ces instants, parfois courts comme un clin d'oeil, parfois interminables, qui s'étendent entre l'état d'éveil et celui du sommeil, sorte de zone frontalière régie par des lois surnaturelles. Entièrement recouvert de cuir noir, il écartait les bras, dressé de toute sa hauteur, semblable à un grand oiseau de proie qui va prendre son envol.
    Autour de lui, le feu mauvais et rouge de la maladie dardait ses innombrables langues mais il ne paraissait pas s'en apercevoir ou plutôt, il le tenait en respect car les flammes ne l'atteignaient pas. "

  • Polonaise

    Emmanuel Moses

    Ce recueil poétique est divisé en trois séquences distinctes, l'ensemble formant un triptyque : des poèmes à la fois tendres et désabusés, suivis de poèmes en prose qui sont des croquis de la vie telle qu'elle est et du monde à la dérive, laissant place à la fin à des scènes burlesques et des paysages rêvés.

  • QUE SOMMES-NOUS ?
    Au milieu de la vie Une fois dépassés les villages déserts sous la neige Les quais sous la neige Il y a des fleurs qui tombent en cascade des arbres Des couples affligés qui s'en vont comme des fantômes Des statues vertes et sages Il y a des femmes nues qui posent sur les vieillards des regards attendris Il y a un homme qui cache le soleil avec une pomme Des enfants qui jouent parmi les oiseaux Ils mangent des oranges Ils rient dans leur sommeil La mer est toute proche Et pourtant inatteignable Il y a une femme qui se peigne délicatement Quelqu'un qui raconte une histoire À un jeune homme inconsolable et lointain Il y a aussi un chien, le ciel d'or des jours irréels Toutes les lianes, les arbres et les mousses Qui animent la paix du mome

  • Qu'est devenu le célèbre écrivain Paul Averroès ? pourquoi se fait-il si rare ? On possède si peu d'informations à son sujet qu'il faut s'en tenir à des hypothèses, des scénarios plus ou moins fantasques.
    Il se serait réfugié dans un palace sur les rives d'un lac suisse. On l'aurait vu discuter avec son ami, Maximilien Beaver, prix Nobel de littérature. Il communiquerait avec les morts. Seule une poignée d'élus - Maurice Capvilliers le milliardaire burlesque, la troublante Cléa Stern et Patrick Varig le chasseur d'étoiles -, parvenus à retrouver sa piste, lèvent partiellement le voile sur cette énigme.
    Mais, malgré tout, Averroès, l'auteur du bord du monde, garde son secret.
    Cette vie de Paul Averroès, d'une inquiétante et belle étrangeté, renoue avec la manière d'Emmanuel Moses : éluder l'évidence pour prolonger l'attente et épaissir le mystère. Une plongée aux accents oniriques dans l'univers de la création.

  • Les anges nous jugeront

    Emmanuel Moses

    • Rocher
    • 12 Septembre 2018

    « Il suffit de si peu pour ébranler un sentiment. En nous, tout oscille tout le temps. »Une tempête fait rage. Perdues au milieu d'un immense parc, cinq personnes se sont réfugiées dans un abri. La nuit mouvementée qu'ils passeront ensemble à huis clos les révélera à eux-mêmes, tant il est vrai que le destin porte parfois le masque du hasard.
    Emmanuel Moses est écrivain. Il a reçu le Prix Méditerranée en 2018 pour sonrecueil Dieu est à l'arrêt du tram (Gallimard, 2017).

  • Un homme est parti

    Emmanuel Moses

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  • Martebelle

    Emmanuel Moses

    Un homme observe, songe et se souvient. Pour lui, la vie est un livre que l'on feuillette et dont on souligne ici et là une ou deux phrases. On les note, fier de sa trouvaille, puis on les égare. II avance ainsi, d'illumination en illumination, d'oubli en oubli. Dans un parc zoologique, au bord d'un lac de montagne, dans une grotte peinte, Joseph Bing, c'est son nom, concentre et distrait tour à tour son esprit. Plus qu'un goût des symboles, c'est un verger de sensations bariolées et harmonieuses qui l'environne. Au détour de conversations anodines et profondes avec sa fille et son cousin Henri, retrouvé après de longues années de séparation dans la petite station lacustre de Martebelle, c'est le visage caché de la réalité qui vient au jour l'espace de quelques instants, avant de se couvrir à nouveau du voile de l'insaisissable.

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  • TLe grand pocte Z. A. passa une décennie ´r se so"uler ´r Paris, aprcs s'etre so"ulé pendant trois ans ´r Berlin. Puis il rentra se so"uler jusqu'´r la fin de ses jours ´r Lvov/Lviv/Lemberg, sa ville natale.
    Les femmes travaillent sur l'histoire des femmes. Les homosexuels travaillent sur l'histoire de l'homosexualité. Les Noirs travaillent sur l'histoire du colonialisme. Les Juifs travaillent sur l'histoire de la Shoah.
    Chaque temps grammatical est porteur d'un espace qui lui appartient en propre. Au point qu'on peut parler peut-etre tout autant d'espaces que de temps grammaticaux.
    En écoutant une symphonie, il n'oubliait pas le théâtre. En lisant un roman remarquable par sa forme, il n'oubliait pas le théâtre. En observant toutes les portes cochcres qui menaient de chez lui au théâtre, il n'oubliait pas le théâtre. (Hommage ´r V. M. 3.)t

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