• C'est une longue et belle histoire que « Pram » racontait à ses compagnons de détention sur l'île de Buru, avec ferveur, et un élan vital qu'on partage aussitôt. Une histoire aventureuse et romanesque, une histoire politique aussi, qui nous emmène à Surabaya, en Indonésie, au tournant du siècle.
    Minke, jeune journaliste brillant et curieux de tout, y croise le destin d'Ontosoroh, la nyai, concubine d'un riche colon hollandais. Tous deux sont javanais, idéalistes et ambitieux, tous deux rêvent d'une liberté enfin conquise contre un régime de haine et de discrimination, celui des Indes néerlandaises. Deux personnages extraordinaires, aussi attachants que singuliers - au regard d'un monde qui mûrit sa révolution. On l'aura compris, le Monde des hommes est plus qu'un roman, c'est un monument.
    « Les dictatures donnent souvent naissance à d'excellentes littératures. C'est un paradoxe réjouissant, auquel l'Indonésie n'a pas échappé. Comme l'Albanie l'a fait avec Kadaré, ou la Russie avec Soljenitsyne, elle s'est acharnée contre son écrivain le plus prometteur, Pramoedya Ananta Toer, et celui-ci, de son côté, s'est escrimé à ne jamais baisser la garde. Il a fini par gagner la partie. » André Clavel, Le Temps

  • C'est en homme de main du pouvoir que le commissaire Pangemanann reprend le récit de Minke. Chargé par le Gouverneur de surveiller et contrecarrer ses activités, Pangemanann, d'abord tiraillé par sa conscience face à l'homme de principe qu'il admire, ne s'embarrasse bientôt plus de scrupules - le prix de sa promotion...
    Espionnage, intimidation, trahison, arrestations, manipulation, corruption, actes terroristes : rien n'est laissé au hasard pour détruire Minke et son oeuvre qui, sous couvert de menace à l'ordre colonial, deviennent l'obsession de Pangemanann...
    Avec la Maison de verre, voici l'époustouflant final de la tétralogie épique de « Pram », publié en français pour la première fois et directement traduit de l'indonésien.
    Fresque politique, roman d'initiation, d'amour et d'émancipation, le Buru Quartet est une incroyable machine romanesque - géniale, puissante et unique -, qui livre un dernier volet aussi subversif aujourd'hui que lors de sa parution à Jakarta en 1985. Où le dessous des cartes est révélé avec une ironie d'une modernité absolue.

  • La jeune fille d'un pêcheur de la côte nord-est de Java ( Gadis Pantai signifie «la fille du rivage»en indonésien) a été demandée en mariage par un aristocrate local, fasciné par sa grandebeauté. Elle a quatorze ans, et dans cette Java féodale du début du XX e siècle, elle n'a guèrele choix. Ce mariage arrangé la fait passer sans transition d'une vie certes pauvre et rude, maislibre et naturelle, à une existence cloîtrée, dans la vaste demeure ceinte de murs de son époux,le Bendoro . La jeune fille est intimidée et malheureuse, mais doit vite s'adapter au langageet aux usages de sa nouvelle vie. Grâce à une vieille servante, elle apprend à se comporteren maîtresse de maison, à se maquiller, à se purifier et à prier. Puis, incrédule, elle découvrequ'elle n'est qu'une épouse à l'essai après bien d'autres. Toutefois, elle ne se doute pas encoreque son destin basculera cruellement lorsqu'elle donnera naissance à une petite fille quelquetemps plus tard...La Fille du Rivage est le récit d'une vie volée. D'une grande simplicité et d'une grande force,l'évocation de cette jeune fille abusée, de ce personnage de femme inoubliable, luttant pourrester libre jusqu'au bout, mais sans parvenir à maîtriser son destin, confirme la puissancenarrative du romancier indonésien.

  • Ce roman nous fait vivre de l'intérieur l'engrenage infaillible de la corruption. Bakir le petit fonctionnaire falot s'enorgueillit de sa probité, jusqu'au jour où il prend conscience de la médiocrité de sa fortune et de la piètre estime dont on l'entoure. C'est alors qu'il découvre peu à peu l'ivresse de la richesse, du luxe et du pouvoir grâce au jeu de la corruption. Si l'auteur a écrit ce roman dans les années 1950 pour dénoncer la bureaucratie gangrenée de son pays, la profondeur de l'analyse psychologique fait que le récit dépasse le point de vue politique pour devenir une fable sur la cupidité et la vanité humaines.

  • Voici le nouveau volet d'une histoire qu'on voudrait sans fin tant elle est captivante et considérable. Où l'on entre pour ne plus en ressortir, sinon heureux d'avoir intimement perçu, à travers la conscience en éveil d'un homme singulier, la comédie humaine à la mesure des peuples et du monde moderne. Avec ses rouages bien rôdés d'oppression et de domination.
    Minke est un jeune journaliste javanais hautement prometteur, cultivé, curieux, détonnant produit du colonialisme hollandais qui tient encore l'Indonésie sous sa coupe. Nyai Ontosoroh, ancienne concubine d'un riche colon, a tout appris à la source de la vie elle-même. Femme puissante, respectée, elle est en passe de perdre son immense domaine par une injustice implacable. L'un et l'autre ont en partage une détermination sans bornes et une grande humanité : le combat n'en est qu'à ses débuts. Minke commence seulement à saisir le sens de l'Histoire qui se fait sous ses yeux...
    Par sa richesse romanesque et cette imposante clarté du propos - intellectuel, politique, humain -, Enfant de toutes les nations est une oeuvre majeure, publiée en français pour la première fois, et directement traduite de l'indonésien.

  • L'auteur, dont toute la vie ne fut qu'engagement, évoque dans les quatre nouvelles de ce livre (datant de 1950) la lutte pour l'indépendance, les affres de la décolonisation qui s'amorce, le désarroi d'une société javanaise qui commence à se sentir «indonésienne», le drame de sa propre famille que les événements font éclater. Ces évocations se font dans un style simple et intense qui va à l'essentiel.

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