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La Gibecière à Mots
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Arthur Conan Doyle (1859-1930) "Ce matin-là, M. Sherlock Holmes qui, sauf les cas assez fréquents où il passait les nuits, se levait tard, était assis devant la table de la salle à manger. Je me tenais près de la cheminée, examinant la canne que notre visiteur de la veille avait oubliée. C'était un joli bâton, solide, terminé par une boule - ce qu'on est convenu d'appeler « une permission de minuit »..." Au delà des générations, une créature infernale, appelée le chien des Baskerville, s'en prend aux descendants d'un ancêtre cruel des Baskerville : Hugo qui avait enlevé une jeune paysanne et qui fut tué par la bête. Consulté par le docteur Mortimer, sur la mort de Sir Charles et le devenir de son héritier sir Henry, le célèbre détective Sherlock Holmes décide, avec l'aide son ami Watson, de résoudre cette étrange affaire...
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Gaston Leroux (1868-1927) "Le fantôme de l'Opéra a existé. Ce ne fut point, comme on l'a cru longtemps, une inspiration d'artistes, une superstition de directeurs, la cré
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Maurice Leblanc (1864-1941) Sûrement la plus périlleuse et la plus dramatique des entreprises du sieur Lupin. Un énigmatique adversaire, silencieux, invisible, sans scrupule et capable du pire, arrive à contrecarrer et faire ployer le célèbre gentleman-cambrioleur. Arsène perdra-t-il la partie ou la gagnera-t-il ? Mais n'est-ce point dangereux de vouloir devenir le maître du monde ?
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Arthur Conan Doyle (1859-1930) " - J'inclinerais à croire..., dis-je. - Moi aussi, fit Sherlock Holmes, avec impatience. Je me considère comme le plus endurant des hommes ; mais cette façon narquoise de m'interrompre me chiffonna, je l'avoue. "En vérité, Holmes, répliquai-je d'un ton sévère, vous êtes bien agaçant parfois." Il ne me répondit pas ; il s'abîmait dans ses pensées. Son déjeuner, posé devant lui, attendait qu'il y touchât. Le front appuyé contre une main, il regardait fixement la feuille de papier qu'il venait de retirer de son enveloppe. Portant l'enveloppe à la lumière, il l'examina sous toutes ses faces. "C'est l'écriture de Porlock, fit-il rêveur. Je ne puis guère douter que ce ne soit l'écriture de Porlock, bien que je ne l'ai vue que deux fois : il y a là un "y" dont je reconnais l'arabesque. Mais si l'écriture est de Porlock, il s'agit d'une affaire grave." Holmes s'adressait moins à moi qu'à lui-même. Cependant ma mauvaise humeur ne tint pas contre l'intérêt qu'éveillaient ses paroles. "Qui donc est Porlock ? demandai-je. - Porlock est tout simplement un pseudonyme, Watson, un signe d'identification derrière lequel se dissimule un individu fuyant et fertile en ressources..." Sherlock Holmes et le dr Watson tentent de décrypter un message dont ils n'ont pas reçu le code. A peine ont-ils réussi à le déchiffrer qu'ils reçoivent la visite de l'inspecteur MacDonald, venu demander de l'aide afin de résoudre la mort d'un certain Douglas au manoir de Birlstone. Douglas... Birlstone... deux noms présents sur le message...
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Une nouvelle aventure pour Arsène Lupin, le gentleman-cambrioleur. Non content d'avoir cambrioler le château d'Ambruméy à ses risques et périls, Lupin décide de cambrioler l'Histoire de France... Mais il a forte affaire avec un jeune détective en herbe : Isidore Beautrelet, lycéen en rhétorique ! Si ce gamin n'est pas vraiment dangereux mais plutôt enquiquinant, le gentleman-cambrioleur ne doit pas oublier l'ennemi anglais : Herlock Sholmès... Sans oublier l'amour, toujours l'amour, sa grande faiblesse !
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Maurice Leblanc (1864-1941) C'est la première aventure d'Arsène Lupin et sans doute eût-elle été publiée avant les autres s'il ne s'y était maintes fois et résolument opposé... Publié en 1924, soit 17 ans après la parution de la première histoire du célèbre gentleman-cambrioleur, "la comtesse de Cagliostro" relate les 20 ans de Raoul d'Andrésy qui n'est pas encore Arsène Lupin. Mais déjà il promet ! Et si sa capacité à résoudre les énigmes ne fait aucun doute, celle de comprendre les femmes est déjà absente ! Josine ou Clarisse ? La raison ou la passion ?
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Eugène Dabit (1898-1936) "Le médecin n'est resté que quelques minutes dans la chambre. Il a regagné vivement sa voiture où Paula s'est jetée derrière lui, tête nue. Et depuis elle n'a pas fait un geste, elle n'a plus dit un mot. Courbée, les bras inertes, elle se laisse glisser sur son siège, secouer par des cahots. Soudain, le médecin grogne. Alors, elle colle son front contre la vitre : la rue est barrée... Non ! jamais ils n'arriveront... rue de Belleville, tout en haut ! C'est la première fois qu'elle vient dans ce quartier... et à une heure si matinale ! Lorsqu'ils ont quitté Vaugirard, les rues étaient désertes, maintenant elles s'animent, une lueur bleuâtre y traîne. Des cafés sont ouverts : des hommes en sortent, y pénètrent, et tous, tous, ils commencent leur journée, ils continuent à vivre. Paula regarde, pour oublier. Impossible ! Elle se renverse, en sanglotant, et ne voit plus que le toit de la voiture, noir... - Quel numéro ? Paula ouvre sa main dans laquelle elle froissait un papier ; elle le déplie, le fixe des yeux, tandis que la lumière s'étale, que montent des bruits confus ; et encore une fois elle lit, d'une voix éteinte : - En cas d'accident prévenir ma soeur Lucienne Dieulet, Bar du Télégraphe, 263." 2 janvier 1933 : Albert est mort ! Célibataire, il n'est pas mort chez lui mais chez une amie ! Que peut-il se passer dans la tête de ses proches pendant les 4 jours qui mènent du décès aux obsèques ? Oeuvre toute en douceur par l'auteur de "Hôtel du Nord".
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Maurice Leblanc (1864-1941) "Je voudrais marquer ici que, tout en appréciant comme il convient, et en certifiant comme conformes à l'exactitude les aventures qui me sont attribuées par mon historiographe attitré, j'apporte néanmoins certaines réserves sur la façon dont il les présente dans ses livres. Il y a cent manières d'accommoder au goût du public une aventure réelle. Peut-être n'est-ce pas choisir la meilleure que de me montrer toujours sous l'aspect le plus avantageux et de me mettre obstinément en relief et au premier plan. Non content de négliger les nombreux épisodes de ma vie où je fus dominé par les circonstances, démoli par mes adversaires ou rabroué par les respectables agents de l'autorité, mon historiographe arrange, atténue, développe, exagère et, sans aller contre les faits, les dispose si bien que j'en arrive parfois à être gêné dans ma modestie..." Arsène Lupin, alias Raoul d'Averny, se retrouve mêlé à une sombre affaire de meurtre crapuleux, en suivant un certain Philippe Gaverel jusqu'au Vésinet. Mystères, vengeances et amours sont au rendez-vous mais le passé d'Arsène Lupin lui revient en pleine face... Peut-être sa dernière "affaire" ?
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Arthur Conan Doyle (1859-1930) "Ce fut en 1878 que je subis devant l'Université de Londres ma thèse de docteur en médecine. Après avoir complété mes études à Netley - pour me conformer aux prescriptions imposées aux médecins qui veulent faire leur carrière dans l'armée, - je fus définitivement attaché, en qualité d'aide-major, au 5e fusiliers de Northumberland. Ce corps était alors aux Indes, et, avant que j'aie pu le rejoindre, la seconde campagne contre l'Afghanistan était entamée. En débarquant à Bombay, j'appris que mon régiment avait déjà traversé les défilés de la frontière et se trouvait au coeur même du pays ennemi. Je me joignis à plusieurs officiers dont la situation était analogue à la mienne, et nous parvînmes à atteindre sans encombre la ville de Candahar ; j'y retrouvai mon régiment et le jour même j'entrai dans mes nouvelles fonctions." A Londres, dans une maison vide, le cadavre d'un homme est trouvé ; aucune blessure apparente... mais des taches de sang et le mot "RACHE" inscrit en lettres rouges sur le mur... Sherlock Holmes enquête. "Une étude en rouge" est la première enquête du célèbre détective écrite par Arthur Conan Doyle. Nous y faisons la connaissance de ce personnage plutôt excentrique et de sa manière d'opérer.
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Georges Bernanos (1888-1948) "Lettre d'Olivier Mainville à sa tante. Ma chère tante, j'aurais dû vous écrire à l'occasion des fiançailles d'Hélène et le temps passe, passe. Vingt jours à votre Souville, vingt jours tous pareils, avec leur compte exact d'heures, de minutes, de secondes - et encore l'horloge de la paroisse doit vous faire bonne mesure, treize heures à la douzaine peut-être, sait-on ? - vingt jours de province, enfin, c'est quelque chose. Ici, voyez-vous, ce n'est rien. On les arrache au calendrier par poignées, les jours, on les jette à peine défraîchis pour en avoir tout de suite des neufs. Et personne n'a l'idée de vérifier le total, à quoi bon ? Dieu est honnête. Aussi, lorsque vous me parlez de donner l'emploi de mon temps, je vous admire. Le seul point fixe de mon espèce de diorama tournant, c'est toujours, depuis décembre, ma visite quotidienne à M. Ganse - ce que vous appelez si drôlement mon secrétariat. Singulier secrétaire ! J'arrive chaque après-midi à trois heures tapant. Je fume des cigarettes en compagnie du patron jusqu'à cinq heures. Tandis que nous causons - il écoute avidement, cyniquement, il est curieux de tout, avec des étonnements qui me semblent presque naïfs, de brusques retours sur lui-même, absolument déconcertants, qui vous donnent envie de rougir - Mme Alfieri, la première secrétaire, achève de mettre au net les pages dictées le matin. Puis je dois les relire au patron qui commence par hausser les épaules, s'énerve, et à la dixième ligne me prie régulièrement de lui fiche la paix." Olivier Mainville travaille chez l'écrivain Ganse. Il écrit une lettre à sa tante, lettre dans laquelle il décrit aussi bien l'écrivain que son neveu cynique, Philippe, et son énigmatique secrétaire, Mme Alfieri. Cette lettre est lue par son patron... Roman inachevé de Georges Bernanos.
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Paul Féval (1816-1887) "Un soir de novembre, un soir de dimanche, le bon capitaine Paddy O'Chrane était attablé devant un gigantesque verre de 'grog dans le parloir de la taverne de Crown's Arms. Comme il y a dans Londres un demi-cent de tavernes qui portent pour enseigne les Armes de la Couronne, nous ne croyons pas inutile de spécifier que l'établissement dont nous parlons ouvre ses quatre fenêtres, ornées de rideaux rouges, et sa porte qui surmonte un raide perron de cinq marches, dans Water-Street, au quartier de la Tour. Quant au capitaine Paddy, c'était un Irlandais de six pieds de long sur six pouces de diamètre, vêtu d'un frac bleu à boutons noirs, d'une culotte chamois, bouclant sur des bas de filoselle, et chaussé de larges souliers non cirés. De l'autre côté du parloir(1) s'asseyait un homme d'une quarantaine d'années à la physionomie honnête et calme. Il portait un costume décent, sans prétentions à l'élégance, mais éloignant toute idée de gêne. Ses yeux, immobiles et dilatés, avaient le regard fixe des yeux qui ne voient plus. Il venait parfois à la taverne, où il était connu sous le nom de Tyrrel l'Aveugle. Mistress Burnett, la souveraine de céans, dont le trône était naturellement dans le comptoir, venait à de rares intervalles dire un mot gracieux au capitaine Paddy, qui, très évidemment, était un habitué de la maison. Une fille de taverne se tenait debout entre les deux portes. Cette fille eût gagné une fortune à ne rien faire, au temps où les artistes étaient des princes et payaient leurs modèles au poids de l'or. Elle était admirablement belle" Londres dans les années 1840. On ne parle que du marquis de Rio-Santo. Personne ne sait d'où il vient et il fascine ces dames de la haute société. Il mène un grand train de vie et les millions coulent à flot ! Mais il est surtout le mystérieux chef d'une organisation de malfrats nommée "les gentilshommes de la nuit"... Qui est-il vraiment ? aristocrate... voyou... assassin... rebelle ? Roman en trois tomes.
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A Paris, dans l'île Saint-Louis, le relieur Bénédict Masson passe sa vie entre les cuirs, les peaux et la poésie. En secret, il est amoureux de Christine, la fille de son voisin, l'horloger. Hélas ! sa laideur l'empêche de se déclarer. De plus, Christine est fiancée à son cousin Jacques, prosecteur à la faculté de médecine. Mais d'étranges événements vont bousculer la vie de Bénédict et la faire basculer. Avec "La poupée sanglante" et sa suite "La machine à assassiner", Gaston Leroux signe un véritable cocktail de suspense et de fantastique... Peut-on devenir immortel ?
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Maurice Leblanc (1864-1941) L'inspecteur Victor se met sur la piste du célèbre gentleman-cambrioleur un peu par hasard en suivant une jolie femme... Arsène Lupin aurait-il trouvé un adversaire à sa mesure en la personne du vieux policier ? A voir...
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Maurice Leblanc (1864-1941) "- Ainsi, mon petit monsieur, vous avez pu croire que moi, Charles Rondot, commerçant honorable, et connu comme tel dans les quartiers des Batignolles, j'accorderais la main de ma fille à un homme qui n'a pas de père ? Le haut du corps agressif, les bras croisés et projetés en avant de la poitrine, la figure écarlate, les sourcils en bataille ainsi que les crocs de la moustache, le buste trop lourd pour les jambes fluettes, Charles Rondot aurait dû logiquement perdre l'équilibre et s'écrouler sur le malheureux prétendant dont l'audace le gonflait d'indignation. Balthazar s'en rendit compte avec effroi. Assis du bout des fesses à l'extrême bord d'une chaise, il se faisait tout petit devant la menace, rentrait son cou dans son faux col, cachait son unique gant jaune beurre dans son chapeau haut de forme, et son chapeau sous le pan d'une redingote noire dont les mites n'avaient pas dédaigné le drap luisant. D'aspect chétif, les genoux et les coudes pointus, Balthazar était mince et pâle. Son menton et ses joues s'ornaient d'une toison molle et soyeuse comme des cheveux, tandis que son crâne portait une végétation courte et drue comme les poils d'une barbe clairsemée. Le nez était large et sensuel, un nez d'homme gras, les yeux aimables et doux. Essayant de plaisanter, il insinua timidement : - Tout enfant suppose un père, cher monsieur... - Un enfant qui n'a pas de nom n'a pas de père, jeune homme ! rugit Charles Rondot et quand on n'a ni père, ni état civil, ni situation sociale, ni domicile avouable, on ne cherche pas à capter la confiance d'un honorable commerçant. - Pas de domicile ! s'écria Balthazar qui se rebiffait. Et la villa des Danaïdes ? Pas de situation ! Et mon poste de professeur ?" Balthazar, trentenaire orphelin et professeur d'un peu de tout, veut épouser Yolande. Mais Charles Rondot ne veut pas d'un gendre désargenté et sans père... Balthazar, après de nombreuses péripéties, se retrouve avec plus de pères qu'il n'en faut !
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Emile Gaboriau (1832-1873) "Le 9 juillet 186., un jeudi, Jean Bertaud, dit La Ripaille, et son fils, bien connus à Orcival pour vivre de braconnage et de maraude, se levèrent sur les trois heures du matin, avec le jour, pour aller à la pêche. Chargés de leurs agrès, ils descendirent ce chemin charmant, ombragé d'acacias, qu'on aperçoit de la station d'Évry, et qui conduit du bourg d'Orcival à la Seine. Ils se rendaient à leur bateau amarré d'ordinaire à une cinquantaine de mètres en amont du pont de fil de fer, le long d'une prairie joignant Valfeuillu, la belle propriété du comte de Trémorel. Arrivés au bord de la rivière, ils se débarrassèrent de leurs engins de pêche, et Jean La Ripaille entra dans le bateau pour vider l'eau qu'il contenait. Pendant que d'une main exercée il maniait l'écope, il s'aperçut qu'un des tolets de la vieille embarcation, usé par la rame, était sur le point de se rompre. - Philippe, cria-t-il à son fils, occupé à démêler un épervier dont un garde-pêche eût trouvé les mailles trop serrées, Philippe, tâche donc de m'avoir un bout de bois pour refaire notre tolet. - On y va, répondit Philippe. Il n'y avait pas un arbre dans la prairie. Le jeune homme se dirigea donc vers le parc de Valfeuillu, distant de quelques pas seulement, et, peu soucieux de l'article 391 du Code pénal, il franchit le large fossé qui entoure la propriété de M. de Trémorel. Il se proposait de couper une branche à l'un des vieux saules qui, à cet endroit, trempent au fil de l'eau leurs branches éplorées. Il avait à peine tiré son couteau de sa poche, tout en promenant autour de lui le regard inquiet du maraudeur, qu'il poussa un cri étouffé." Deux braconniers découvrent le cadavre de la comtesse de Trémorel ; elle a été assassinée... Très vite un coupable est désigné et arrêté. Mais est-ce bien lui le meurtrier ? Et qu'est devenu le comte de Trémorel dont on a retrouvé des effets ensanglantés ? La préfecture de police dépêche sur les lieux le célèbre agent de la sûreté : M. Lecoq...
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Maurice Leblanc (1864-1941) "Nous publions ici, sur l'extraordinaire énigme des Trois Yeux, le récit même de Victorien Beaugrand, tel qu'il l'écrivit d'après ses notes et ses souvenirs vers le milieu du vingtième siècle, et tel que nous l'avons trouvé dans la liasse volumineuse des manuscrits laissés par le savant orientaliste. Si le caractère de ses études ne semble pas lui donner qualité pour résoudre le problème purement scientifique qui passionna toute une époque, n'oublions pas que Victorien Beaugrand, esprit subtil, assoupli par de bonnes méthodes de travail, fut, en outre - et c'est là le point essentiel - mêlé de la façon la plus intime aux événements dont il entreprit la relation véridique. Acteur dans le drame, il en vécut au jour le jour toutes les péripéties, en connut les moindres détails, en supporta les contrecoups, une à une entendit sonner les heures les plus solennelles de l'histoire du monde, et, chaque fois que s'ouvrit le gouffre béant du formidable mystère, communia de toute son âme éperdue avec les foules hurlantes d'enthousiasme et d'effroi. Son témoignage a donc un poids considérable. C'est celui d'un homme qui a vu, et nous devons l'accueillir avec d'autant plus de faveur que, s'il apporte de nouvelles clartés et rectifie certaines erreurs, il confère, en définitive, par ses conclusions, un surcroît d'autorité à la magnifique hypothèse sur laquelle s'est mise d'accord la presque unanimité des savants modernes." Quelle est donc cette mystérieuse et bouleversante découverte scientifique dont Noël Dorgeroux veut faire part à son neveu Victorien Beaugrand ?
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Wilkie Collins (1824-1889) "J'adresse ces lignes écrites dans l'Inde à mes parents d'Angleterre. Mon but est d'exposer le motif qui m'a fait refuser ma main et mon amitié à mon cousin John Herncastle. La réserve que j'ai gardée jusqu'ici sur ce chapitre a été mal interprétée par plusieurs membres de ma famille, à la bonne opinion desquels je tiens. Je les prie de suspendre leur jugement jusqu'à ce qu'ils aient lu ce récit, et je déclare, sur l'honneur, que ce que je vais écrire ne renferme que la plus stricte vérité. Le différend entre mon cousin et moi s'éleva lors d'un grand événement militaire auquel nous prîmes part tous deux : l'assaut livré à Seringapatam par le général Baird, le 4 mai 1799. Pour aider à l'intelligence de l'histoire, il faut que je me reporte à l'époque qui précéda l'assaut, et aux bruits qui couraient dans notre camp sur l'or et les joyaux entassés dans le palais de Seringapatam." Miss Rachel Verinder, à ses 18 ans, hérite d'un énorme diamant, volé des années auparavant par son oncle : la Pierre de Lune. A peine a-t-elle reçu le diamant qu'il est volé...
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Henry Cauvain (1847-1899) "Ce fut le 3 janvier 1845, à 8 heures du soir, que je fis la connaissance de M. Maximilien Heller. Quelques jours auparavant, j'avais été abordé dans la rue par un de mes amis, Jules H***, qui, les premiers compliments échangés, m'avait dit avec une insistance toute particulière : « Voici déjà quelque temps que je voulais aller chez vous, mon cher docteur, pour vous prier de me rendre un grand service. Un de mes anciens confrères du barreau, M. Heller, qui demeure ici près, est dans l'état de santé le plus alarmant. Nous avions d'abord cru, ses amis et moi, que son mal était plus moral que physique. Nous avons essayé tous les moyens de distraction possibles, nous avons tâché de donner quelques aliments à son intelligence, que nous avons connue autrefois si belle et si lumineuse. Je dois convenir que tous nos efforts ont échoué. Il ne nous reste plus qu'à implorer le secours de la science. Ce que notre amitié n'a pu faire, votre autorité de docteur le fera peut-être. Maximilien a une nature énergique, et il ne cédera guère, je crois, qu'à une raison supérieure. Allez donc chez lui un de ces soirs, mon cher ami, et voyez ce que vous pouvez pour ce pauvre garçon. Je vous serai tout particulièrement reconnaissant du bien que vous lui ferez. » La semaine suivante, pour condescendre au désir que m'avait exprimé mon ami, et bien que cette visite me répugnât un peu, - car j'avais entendu parler de M. Maximilien Heller comme d'un excentrique désagréable et fort maussade, - je me rendis chez mon nouveau malade." Afin d'honorer une promesse faite à un ami, le narrateur, médecin de son état, visite Maximilien Heller, un philosophe misanthrope dont la santé semble inquiétante. Pendant l'auscultation, on frappe à la porte : c'est un commissaire de police... Maximillien Heller est une préfiguration de Sherlock Holmès...
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Charles Dickens (1812-1870) Wilkie Collins (1824-1889) "Quel jour du mois et de l'année ? Le 13 novembre 1835. Quelle heure ? Dix heures du soir sonnant à la grande horloge de Saint-Paul. En même temps toutes les églises de la ville ouvrent leurs gosiers de bronze et forcent leurs voix. Quelques-unes ont inconsidérément commencé de chanter avant la Cathédrale ; d'autres n'y vont pas si vite et sont en retard de quatre, de six coups sur la grosse cloche. Cependant toutes se suivent d'assez près pour laisser ensemble dans l'air une même résonance longue et plaintive. On dirait que le père ailé qui dévore ses enfants décrit une courbe retentissante, avec sa faux gigantesque, au-dessus de la Cité. Quelle est cette cloche plus sourde et plus triste que toutes les autres, plus proche aussi de notre oreille ?... Ce soir-là elle retarde si fort que ses vibrations persistent seules, longtemps après que tout autre son s'est éteint dans l'air. C'est la cloche de l'Hospice des Enfants Trouvés. Jadis les enfants y étaient reçus sans enquête. Un tour pratiqué dans la muraille s'ouvrait et se refermait discrètement. Il n'en est plus ainsi aujourd'hui. On prend des informations sur les pauvres petits hôtes, on les reçoit par faveur des mains de leurs mères. Ces malheureuses mères doivent renoncer à les revoir, à les réclamer même, et cela pour jamais ! Ce soir, la lune est dans son plein, la nuit est assez douce. La journée n'a pourtant pas été belle ; la boue épaissie par les larmes du brouillard recouvre les rues d'une couche noirâtre, et, certes, il faut, pour éviter l'atteinte pénétrante, que la dame voilée qui se promène de long en large soit bien et solidement chaussée." Walter Wilding a passé ses onze premières années à l'Hospice des enfants trouvés. Par la suite, sa mère est venue le reprendre. Il a vécu heureux auprès d'elle jusqu'à la mort de celle-ci et est devenu marchand de vin. Mais un terrible secret éclate....
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Earl Derr Biggers (1884-1933) "De la rue brumeuse, Alexandre Eden pénétra dans le vaste hall aux piliers de marbre où la firme Meek et Eden offrait à sa riche clientèle ses collections de bijoux et d'orfèvrerie. Derrière les vitrines où étincelaient pierres précieuses, argent, platine et or, quarante employés solennels se tenaient rigides comme des soldats au garde-à-vous. Le revers gauche de leurs jaquettes de coupe impeccable s'ornait d'un oeillet rose aussi frais que s'il venait de s'épanouir sur leur boutonnière. Eden inclina aimablement la tête à droite et à gauche et continua son chemin, frappant allègrement du talon le dallage qui était d'une propreté éblouissante. Cet homme de petite taille, aux cheveux gris, au costume élégant et à l'oeil vif, affectait les manières hautaines qui convenaient à son rang social. En effet, le dernier descendant des Meek héritier légitime d'une immense fortune, avait dû abandonner ses biens terrestres pour passer dans un monde meilleur, laissant Alexandre Eden seul propriétaire de la bijouterie la plus fameuse de toute la région située à l'ouest des montagnes Rocheuses. Au fond du magasin, il monta quelques marches qui le conduisirent à l'entresol dans les bureaux somptueux où s'écoulait la plus grande partie de ses journées. Dès l'antichambre, il rencontra sa secrétaire. - Bonjour, miss Chase." Une aventure du détective hawaïen Charlie Chan. P.J. Madden, un riche homme d'affaires, a enfin acquis le collier de perles qu'il convoitait. Bob Eden, le fils du bijoutier chargé de la vente, a pour mission de livrer le collier. Pour plus de sécurité, le détective Charlie Chan, amie de l'ancienne propriétaire du bijou, l'accompagne...
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René de Pont-Jest (1830-1904) "La nuit était venue ; les bâtiments de tous pays qui sillonnaient la rivière des Perles n'y apparaissaient plus que comme des ombres fantastiques, au milieu du brouillard s'élevant des flots, après une journée torride ; les oiseaux faisaient entendre leurs derniers chants ; les lis fermaient leurs corolles ; les nénuphars se penchaient sur leurs tiges, en s'étendant sur les eaux, comme pour obéir, eux aussi, aux gongs de la pagode, qui avaient sonné la prière du soir et dit que le moment du repos était arrivé. Cependant, sur la rive droite de ce grand fleuve, la seule voie de communication entre Macao et Canton, une villa, pleine d'animation et de lumières, faisait un contraste complet avec le silence et le calme qui régnaient sur les environs. Un orchestre, composé, d'une centaine de musiciens, envoyait au loin ses notes joyeuses que redisaient les échos ; mille lanternes de couleur donnaient un aspect féerique aux superbes jardins dont l'habitation était entourée, et les détonations incessantes des pièces d'artifice, qui, après avoir décrit leurs sillons lumineux dans le ciel sans étoiles, retombaient au milieu des rizières, réveillaient d'innombrables couples de gros pigeons bleus qui s'enfuyaient à tire-d'aile. Cette villa était la demeure du jeune Ling-Ta-Lang, ce qui veut dire : Ling enfant aîné. Il s'était marié le jour même, et la fête qu'il donnait en l'honneur de cet heureux événement ne semblait pas toucher à sa fin." A Canton, dans la Chine impériale du XIXe siècle, Ling-Ta-Lang se marie avec la jeune Saule-Brodé. Mais la nuit de noce ne se passe pas comme prévu : Ling-Ta-Lang est retrouvé mort; Très vite, Saule-Brodé est accusée et arrêtée... Est-elle coupable ?
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Edgar Wallace (1875-1932) "Un homme venait de s'arrêter devant les hautes portes de Cainbury House, grand immeuble abritant de très nombreux bureaux. Il regarda d'un air irrésolu les plaques de cuivre qui, de chaque côté de la porte, indiquaient les raisons sociales des locataires, puis il entra et, sur la liste affichée à l'intérieur du vestibule, il trouva enfin ce qu'il cherchait. Il sortit de sa poche une coupure de journal pour vérifier l'exactitude de l'inscription qu'il venait de découvrir. C'était bien : Rédaction du Journal : "L'INDISCRET" Il se dirigea résolument vers l'ascenseur. Cet homme devait être un pauvre hère, ses vêtements étaient fripés, ses chaussures éculées. Il avait le teint jaune, les yeux et les cheveux noirs, le nez aquilin, la face glabre. Son chapeau melon commençait à tourner au rouge et ses gants étaient troués. Il demanda le cinquième d'un accent évidemment étranger. Arrivé à l'étage, son hésitation sembla le reprendre tandis qu'il examinait la porte que lui avait désignée le liftier et où se lisait de nouveau : "L'INDISCRET " (Veuillez frapper.)" Un homme, qui semble au bout du rouleau, du nom de Poltavo, se rend aux bureaux du journal "l'indiscret", suite à une annonce d'embauche. Il est reçu par le patron qui dissimule son visage sous un tissu de soie... Quoi de plus naturel !
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René Pujol (1887-1942) "- En voiture pour Paris !... en voiture pour Paris !... L'employé courait le long du train en criant machinalement les mots rituels. À la fenêtre d'un wagon de 1ère classe, un voyageur fumait une cigarette. Il avait l'air impassible, mais il jetait toutes les dix secondes un regard vers l'horloge de la gare de Calais. Ou bien il était pressé de partir, ou bien il attendait quelqu'un qui ne venait pas. C'était un jeune homme d'environ vingt-cinq ans, assez grand et d'apparence athlétique. Il suffisait de voir ses épaules pour comprendre que c'était un sportif. Son visage reflétait l'énergie tranquille des forts. Nez droit, menton carré, touche rectiligne aux lèvres minces, yeux un peu enfoncés dans les orbites, tout indiquait une volonté qu'il ne devait pas être facile d'abattre. Il regardait toujours l'horloge, et ses mains se crispaient sur la barre d'appui. Enfin, un coup de sifflet retentit. Le jeune homme lança sa cigarette sur le quai, avec une nervosité qui trahissait la fin d'une contrainte, et il rentra dans le compartiment en disant : - Ça y est, Georges !... Le train démarre, nous voilà tranquilles jusqu'à Paris ! Celui qu'il venait d'appeler Georges était du même âge, un peu plus vieux peut-être. Enfoncé, tassé dans son coin, la tête sur un oreiller, les jambes enveloppées dans une couverture de louage. Il était fort pâle et paraissait de complexion maladive. Sa poitrine se soulevait et s'abaissait avec difficulté, sous le rythme irrégulier de la respiration. En entendant la phrase prononcée avec une satisfaction indicible par son camarade, il entr'ouvrit les paupières et esquissa un faible sourire : - Tant mieux, murmura-t-il." Suzy Nelson attrape son train, la Flèche d"Argent, in extremis. Dans le compartiment où elle pénètre, deux hommes sont déjà installés. Au cours du voyage, Suzy est intriguée par une énorme tache sombre sur le sol... une énorme tache de sang...
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La femme en blanc
Wilkie Collins, Paul-Emile Daurand-Forgues
- La Gibecière à Mots
- 1 Avril 2022
- 9782384420476
Wilkie Collins (1824-1889) "Ce que peut supporter la patience d'une femme, ce que peuvent accomplir le courage et la constance d'un homme, cette histoire le dira. Si tout événement qui prête aux soupçons pouvait être éclairci par les engins compliqués de la loi, et si ces instruments réguliers pouvaient être mis en jeu pour conduire l'enquête jusqu'à son terme, grâce à l'influence lubricante de l'huile d'or, employée avec modération, les incidents racontés dans les pages qui vont suivre auraient déjà été signalés à l'attention publique, volontiers éveillée par un débat devant les tribunaux. Mais la loi, dans certaines situations inévitables, est d'avance et demeure au service des bourses bien garnies, et voilà comment c'est ici que, pour la première fois, sera contée cette histoire. Telle que le juge l'eût entendue, telle le lecteur l'apprendra. De l'exposition au dénoûment, aucune circonstance essentielle ne sera rapportée d'après un simple ouï-dire. Lorsque celui qui écrit cette espèce d'introduction (il se nomme Walter Hartright) sera plus intimement en jeu que tout autre personnage dans les événements qu'il s'agit de faire connaître, il les relatera en son nom. Dès qu'il cessera de pouvoir parler avec cette certitude, il abandonnera son rôle de narrateur, et sa tâche sera continuée (du point où il l'aura laissée à celui où il la pourra reprendre) par d'autres personnages aussi étroitement impliqués dans les faits à